À la mi-août, 107 contraventions avaient déjà été données à des cyclistes pour non-respect du Code de la sécurité routière à Trois-Rivières.

Cyclistes: plus de constats d'infraction depuis 2015

Les contraventions données aux cyclistes ne respectant pas le Code de la sécurité routière sur le territoire de la Sécurité publique de Trois-Rivières ont pratiquement doublé au cours des dernières années.
De 71 billets d'infraction donnés en 2014, ce nombre est passé à 145 l'année suivante, avec des statistiques qui se maintiennent sensiblement à ce niveau depuis. Un constat qui ne choque pas le Club cyclique Mauricie, bien au contraire.
Les statistiques qui émanent de la cour municipale de Trois-Rivières dévoilent en effet qu'en 2012, 91 cyclistes recevaient une contravention pour non-respect du Code de la sécurité routière. Ce nombre était de 98 en 2013, 71 en 2014, 145 en 2015 et 133 en 2016. Pour l'année 2017, la cour municipale relevait 107 constats émis en date de la mi-août. La saison de vélo n'étant pas terminée, il y a fort à parier que ce nombre augmentera d'ici la fin de l'année.
Les principaux manquements au Code de la sécurité routière relatés dans ces différents constats sont d'avoir omis de s'immobiliser à un feu rouge, de ne pas avoir effectué correctement un arrêt obligatoire, d'avoir roulé sur le trottoir, d'avoir circulé dans le sens contraire de la circulation, d'avoir porté des écouteurs ou de ne pas avoir les équipements adéquats sur son vélo, comme des réflecteurs réglementaires.
Pour le sergent Luc Mongrain de la Sécurité publique de Trois-Rivières, difficile d'expliquer pourquoi, depuis 2015, le nombre de constats remis à des cyclistes a à ce point augmenté. Il semble pourtant qu'aucune directive à l'interne n'ait été donnée pour que les policiers soient plus sévères envers les cyclistes qui ne respectent pas le Code de la sécurité routière. Aucune opération spéciale pouvant expliquer cette augmentation n'a non plus été observée.
Du côté du Club cyclique Mauricie, un organisme qui regroupe des centaines d'amateurs de vélos dans la région, on estime que bien que le vélo soit un sport de plus en plus populaire, une augmentation considérable s'est produite vers 2009-2010, moment où le nombre de vélos sur les routes a bondi en flèche, ce qui ne peut non plus expliquer que les constats aient doublé plus de cinq ans plus tard. Toutefois, le club ne s'offusque pas de voir plus de mesures coercitives être mises en place pour les cyclistes fautifs.
«Nous ne sommes pas contre ça, au contraire. La cohabitation avec les automobilistes, ça passe aussi par le respect du Code de la sécurité routière. On dit que nous utilisons les mêmes voies, nous avons les mêmes droits, mais nous devons aussi respecter les mêmes lois», évoque Pierre Lacroix, l'un des administrateurs du Club cyclique Mauricie.
Ce dernier explique que depuis l'adoption de la loi obligeant les automobilistes à respecter un corridor de sécurité de 1,5 m lorsqu'ils croisent un cycliste, la cohabitation avec certains automobilistes est plus difficile.
«Il y a une très grande partie de la population en accord avec cette loi, mais une petite partie qui a été choquée. Depuis on l'observe souvent. Certains automobilistes passent encore plus près de nous, nous klaxonnent et parfois même nous crient après. Il peut exister une certaine tension entre les automobilistes et les cyclistes, on le voit tant sur la route que les réseaux sociaux», explique M. Lacroix, qui se demande si cette tension pourrait ou non avoir une incidence sur la vigilance des policiers, tout comme la médiatisation de décès de cyclistes survenus à Montréal dans les dernières années.
Chez Laferté Bicycles, on remarque aussi une augmentation importante d'utilisateurs de vélos électriques dans les dernières années. Toutefois, les statistiques compilées à la cour municipale ne permettent pas de faire la distinction entre les deux types de vélos, et calculent à la fois les infractions routières commises par la clientèle urbaine que par la clientèle plus sportive ou de compétition. Un fait que déplore Pierre Lacroix.
«Ce n'est souvent pas la même clientèle. C'est très générique comme statistiques et il ne faut pas en tirer des conclusions trop hâtives. Mais de notre côté, nous encourageons évidemment toujours le respect du Code de la sécurité routière. Et c'est en montrant un respect mutuel avec les automobilistes qu'on favorisera une certaine harmonie sur nos routes», croit M. Lacroix.