Luc Galvani, directeur général du CSS du Chemin-du-Roy.
Luc Galvani, directeur général du CSS du Chemin-du-Roy.

CSS du Chemin-du-Roy: adopter un budget en temps de COVID

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le Centre de services scolaire du Chemin-du-Roy est en bonne voie de résorber le déficit qu’il traînait depuis plusieurs années et qui se chiffre désormais à 1,6 M$ dans le budget initial 2020-2021 adopté mercredi soir.

C’est toutefois sans compter un autre déficit, celui de 1,8 M$ engendré par le dossier du Centre sportif Alphonse-Desjardins. La cause qui oppose le CSS aux anciens administrateurs du CSAD, sera d’ailleurs entendue en janvier, rappelons-le, au palais de justice de Trois-Rivières.

Le directeur du CSS, Luc Galvani, compte beaucoup sur le soutien de Québec pour ne pas que les dépenses engendrées par la gestion de la COVID-19 dans ses établissements ne viennent creuser l’écart financier que l’administration est en bonne voie de faire disparaître grâce à son plan de redressement de 3 ans. Pour l’instant, aucun des revenus et dépenses associés à la pandémie ne figure dans le nouveau budget.

«En ce moment, on a un code budgétaire COVID à part pour les établissements ou le centre administratif pour les différents éléments en lien avec les coûts associés à la COVID. Là-dessus, on a l’assurance du ministère, en ce moment, qui n’arrête pas de nous répéter que cette situation-là sera corrigée et qu’il y aura les fonds nécessaires pour couvrir ces différents frais», indique M. Galvani.

On parle de frais pour les masques, les vêtements, visières, désinfectants, désinfection des locaux, absences, achat d’équipements informatiques pour les formations à distance et personnel supplémentaire.

Pour l’instant, les mesures sanitaires prises contre la COVID dans les établissements semblent donner de bons résultats sur le territoire du Chemin-du-Roy. Outre le cas survenu à l’école des Bâtisseurs de Trois-Rivières, en début de semaine, un nouveau cas positif a été déclaré au centre administratif, mercredi. Il s’agit cette fois d’une conseillère pédagogique et le personnel n’a pas eu à se mettre en isolement préventif puisque toutes les règles de distanciation et de santé publique avaient été respectées dans l’édifice, signale la responsable des communications, Anne-Marie Bellerose.

Le CSS du Chemin-du-Roy n’a nullement l’intention de faire comme le CSS de Portneuf qui suggère d’émettre des constats d’infraction de 560 $ aux élèves ne respectant pas la distanciation. «Il n’est pas question qu’on discute de ça», affirme Luc Galvani. «Avant d’imposer des amendes financières, on va faire de la sensibilisation auprès de monde», fait-il valoir.

Le directeur général indique qu’en termes de respect des mesures sanitaires imposées dans les écoles, «le signal qu’on a des équipes est positif», dit-il. Les directions ont malgré tout quelques inquiétudes. Durant les heures où les élèves sont à l’école, les choses se passent bien. «Là où l’on est plus inquiet, c’est lorsque les cours se terminent. À l’extérieur des classes, les mesures ne sont peut-être pas toujours respectées en bonne et due forme», constate-t-il.

Toutefois, un élève qui s’obstinerait à ne pas porter le masque pourrait être exclu de l’école parce qu’il met les autres à risque», nuance-t-il.

En termes de moyens pour faire face à un possible reconfinement, le CSS attend sous peu une commande de 1300 périphériques qui s’ajouteront aux 3000 appareils déjà disponibles dans les établissements et qui permettraient de donner de la formation à distance aux élèves si besoin est. Au niveau d’Internet, il existe moins d’enjeux pour les élèves à Chemin-du-Roy que dans les CSS situés davantage en milieux ruraux. Malgré tout, Luc Galvani concède que certains élèves n’y ont pas accès. C’est pourquoi en cas de reconfinement, c’est la méthode papier, par livraison à domicile de matériel scolaire, qui devra être employée, dit-il en précisant que ce serait «très minime chez nous», assure-t-il.

Dédoublement

Le CSS ressent, cet automne, le rebond de la mise en pause de toute la formation professionnelle durant le confinement. Une hausse d’élèves à plein temps dans ce secteur, de même que du côté de la formation générale aux adultes et de la formation continue, est donc prévue. Il faut réintégrer les élèves laissés en suspens durant le confinement à même la planification déjà prévue, ce qui crée un dédoublement. «Ça demande une meilleure planification sur l’horaire d’une journée», explique le directeur général.

Luc Galvani ajoute que le déficit accumulé par le CCS provient principalement de la prestation des services complémentaires offerts à la clientèle en difficulté, donc les divers professionnels, les classes ouvertes pour les cas particuliers et les élèves plus lourds à diplômer.

L’an dernier, le CSS a fait faire une analyse par un consultant externe au sujet de l’appariement de ses revenus et dépenses. C’est là qu’on s’est aperçu qu’il existait une différence et que le déficit était généré par un élément qui s’ajoutait au déficit engendré par le CSAD.

«L’an passé, elle était de 3 M$», dit-il. Un travail a donc été entrepris, ce qui a déjà permis de récupérer 1,7 M$ de cette somme jusqu’à maintenant.

Un budget déficitaire nécessite l’autorisation du ministère, rappelle-t-il, et cette autorisation exige la présentation d’un plan de redressement. La bonne nouvelle, indique M. Galvani, c’est que le ministère injecte beaucoup d’argent en ce moment dans les mesures directement dédiées aux élèves, ce qui facilitera le redressement des finances du CSS du Chemin-du-Roy tout en maintenant, voire en bonifiant les services complémentaires déjà offerts.

Depuis la rentrée, le CSS touche du bois. «On n’a pas eu de bris de services», indique M. Galvani en espérant que le nombre de cas positifs à la COVID ne se multiplie pas chez le personnel.

Luc Galvani indique d’autre part que le CSS continue à travailler sur une solution pour se délester de la dette associée au dossier du CSAD. «On avait déjà travaillé sur une solution pour que le CSAD ne devienne plus une perte pour le CSS. Malheureusement, à cause de l’arrivée de la COVID, on a suspendu un peu nos travaux. Ces travaux-là devraient reprendre à l’automne», dit-il.