L'ancien directeur général du CSAD, Jean-François Picard, poursuit à son tour Hélène Corneau et Marie-Claude Paillé, de même que la Commission scolaire Chemin-du-Roy et le Complexe multidisciplinaire Les Estacades.

CSAD: Jean-François Picard poursuit à son tour

Après l'ancien directeur général de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Michel Morin, c'est au tour de l'ancien directeur général du Complexe sportif Alphonse-Desjardins (CSAD), Jean-François Picard, de répliquer et de déposer une poursuite de 765 000 $ dans le dossier du CSAD.
Par cette requête introductive d'instance déposée devant la Cour supérieure jeudi, Jean-François Picard poursuit la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, le Complexe multidisciplinaire Les Estacades (CMDE), l'actuelle directrice générale de la Commission scolaire Hélène Corneau ainsi que la directrice du service des ressources financières de la Commission scolaire, Marie-Claude Paillé. Il leur reproche notamment d'avoir déposé, en avril 2016, une poursuite de 5,6 M $ contre d'anciens dirigeants du CSAD pour irrégularités administratives, poursuite soutenant des allégations qualifiées de «tendancieuses, malicieuses et mensongères visant à faire porter à Jean-François Picard l'odieux de la gestion incompétente des défenderesses».
Jean-François Picard
On se souviendra que cette première poursuite faisait suite au dépôt du rapport du vérificateur général en 2014, qui relevait des irrégularités financières. La poursuite visait notamment à récupérer les sommes versées par la Commission scolaire sur la base d'informations qu'elle qualifiait d'erronées qui lui ont été transmises sur le projet du CSAD «notamment quant à l'autofinancement du projet et son coût nul pour la CS». Or, Jean-François Picard se considère plutôt comme un bouc émissaire dans cette saga. Jamais le rapport du vérificateur général, ni même les deux autres rapports commandés par la Commission scolaire et le ministre de l'Éducation, n'ont fait état de malversation de sa part, pas plus qu'il ait pu retirer quelque avantage que ce soit, allègue la poursuite.
Selon le document, les mandats confiés au vérificateur général par Hélène Corneau ainsi qu'à la firme Accurancy, à qui les défenderesses ont fourni la documentation servant à la vérification, ne sont ni plus ni moins qu'un «exercice de ''cherry picking'' visant à couler (les anciens administrateurs) et à blanchir les seuls pouvant être tenus responsables des supposés manquements allégués, soit les membres des conseils d'administration des défenderesses ainsi que la directrice du service des ressources financières de la Commission scolaire défenderesse». Il remet d'ailleurs en doute la nature des informations et du mandat donné à la firme Accurancy par la Commission scolaire.
La poursuite indique qu'il est stupéfiant de constater qu'Hélène Corneau et Marie-Claude Paillé ne fassent pas partie de la poursuite intentée en avril 2016 contre les anciens dirigeants, étant donné qu'elles «faisaient pourtant partie intégrante de la direction pendant les phases du projet, et donc étaient toutes aussi visées par les conclusions des rapports de vérification financière obtenus entre 2013 et 2015.
La directrice générale de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, Hélène Corneau, est notamment visée par la poursuite de Jean-François Picard, qui estime n'avoir été qu'un bouc émissaire dans cette saga.
La poursuite relate que le conseil d'administration du CMDE comptait deux représentants de la Commission scolaire, nombre qui est passé à trois en 2007 afin de «mieux surveiller les intérêts de la commission». En outre, un sous-comité pour la surveillance des finances a été formé en 2004, au sein duquel siégeait aussi plus d'un représentant de la Commission scolaire, pour suivre les finances du CMDE. Durant la période d'emploi de M. Picard, 134 rencontres de gouverne ont eu lieu pour le CMDE, ainsi que 43 rencontres du sous-comité finances. 
De par ce fait, Hélène Corneau et Marie-Claude Paillé étaient informées en tout temps pertinent des finances du CSAD et des projets envisagés. La poursuite rappelle que les défenderesses géraient elles-mêmes les appels d'offres, les octrois de contrats, les budgets et les réunions de chantier en tout temps. «Les lacunes dans la gestion financière identifiées dans les rapports (...) étaient par ailleurs ignorées par Picard, et ce, à la pleine connaissance de Corneau», mentionne la poursuite. On reproche aussi aux défenderesses d'avoir véhiculé volontairement des propos mensongers dans les médias.
Depuis ces événements, Jean-François Picard dit souffrir d'une pression insoutenable sur lui et sa famille. Il mentionne que sa réputation a été entachée, sa vie personnelle et professionnelle a été grandement ébranlée et dit vivre maintenant pratiquement reclus. Il relate avoir eu des idées suicidaires à deux reprises, qu'il a failli mettre à exécution. Il doit prendre de la médication et a souffert de dépression et de troubles anxieux. Ses enfants ont aussi subi les contrecoups de ces événements à l'école. Étant maintenant président d'une société distribuant des équipements en matière d'incendie, Jean-François Picard indique être victime de compétition déloyale, alors que les compétiteurs utilisent ces informations mensongères pour nuire à son entreprise.
Les dommages réclamés se détaillent à 250 000 $ pour atteinte à la réputation, 250 000 $ pour dommages moraux, 200 000 $ pour dommages exemplaires et 65 000 $ pour honoraires extrajudiciaires.