Claude Lessard, président de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

CS du Chemin-du-Roy: défis financiers et éducatifs

Trois-Rivières — L’an dernier, en octobre, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy convoquait les médias pour faire état d’un déficit de 4,2 millions $ qu’elle qualifiait «d’insoutenable» dû au Centre sportif Alphonse-Desjardins. Cette année, la Commission scolaire annonce un nouveau déficit totalisant cette fois un peu plus de 5,2 millions $ au 30 juin 2018. Or, ce nouveau déficit est attribuable à hauteur de 3,2 millions $ à l’entente intervenue dans la poursuite intentée et remportée par les parents du Québec sur la question des frais scolaires illégaux.

Dans les états financiers présentés mardi par la Commission scolaire, l’autre déficit attribuable au CSAD, lui, n’est plus que de 370 000 $. «On avait des comptes à recevoir qui n’étaient vraiment pas bons. Donc, on a décidé de radier ces comptes à recevoir, de les mettre dans une provision pour mauvaises créances. C’est ça qui avait créé le déficit de 4,2 millions $», explique le président de la Commission scolaire, Claude Lessard.

«Les comptables nous ont dit: vous ne récupérerez jamais ces comptes à recevoir-là, donc on va les provisionner à la créance douteuse», explique-t-il.

«Néanmoins, ces comptes à recevoir, «on les a tout le temps», reconnaît-il. Des discussions ont lieu avec le ministère «pour voir si l’on peut récupérer ces sommes-là parce qu’au bout de la ligne, on prend tout le temps ça dans l’avoir de la Commission scolaire», fait-il valoir. Or la Commission scolaire a toujours martelé qu’elle ne veut pas affecter le service aux élèves, rappelle le président.

Comme toutes les commissions scolaires du Québec visées par la poursuite des parents pour les frais scolaires illégaux, la Commission scolaire du Chemin-du-Roy se retrouve également avec une importante facture à rembourser aux parents totalisant 3,2 millions $.

Lorsqu’on demande au président comment son conseil d’administration entend s’y prendre pour rembourser cette somme devenue déficit, il répond: «C’est la question qui a été posée au ministère parce qu’au bout de la ligne, on se dit qu’on n’a rien fait de pas correct. Ce sont les établissements. Ce que le ministère nous autorise, c’est de faire un emprunt du même montant qu’on va payer au cours des années. On n’a pas la liquidité pour le payer immédiatement», dit-il.

Selon M. Lessard, cette situation ne risque pas de faire grimper les taxes scolaires.

«On a un nouveau gouvernement en place. Or, la promesse du gouvernement, c’est de les diminuer, d’avoir un taux fixe provincial à 0,10 $ par 100 $. C’est une promesse électorale qui a été répétée à maintes reprises», rappelle Claude Lessard.

Cette promesse, explique-t-il, ferait en sorte que «le compte de taxes scolaires baisserait des deux tiers.»

Malgré tout, pour 2017, les états financiers présentent un excédent accumulé au début de l’exercice de 6,3 millions $, ce qui la laisse, en tenant compte du déficit, avec un surplus accumulé en fin d’exercice de 1,1 M $.

Le président entretient également un certain optimisme face à la gestion du CSAD, même s’il constate que ce service public sera toujours déficitaire.

La Ville de Trois-Rivières, qui ne voulait pas s’impliquer, en octobre 2017, dans le dossier du CSAD, a finalement accepté de s’impliquer au niveau du système de refroidissement de la glace, indique-t-il. «On a une bonne collaboration. Ça avance», dit-il.

Le président souligne également qu’à la suite d’une récente évaluation, on peut dire que «nos immeubles sont en bon état», se réjouit-il.

Claude Lessard rappelle que des investissements de 8 millions $ ont été réalisés dans divers immeubles de la Commission scolaire au cours de la dernière année.

En septembre 2017, il y a eu un complément de financement pour l’agrandissement et le réaménagement des espaces à l’école Marie-Leneuf. «C’est un projet de 20 millions $ qui va bien. L’agrandissement est complété», dit-il. Le réaménagement des espaces sera terminé d’ici quelques mois.

Rappelons qu’à la suite de problèmes de structure, l’école Marie-Immaculée de Maskinongé ne sera pas reconstruite. À la place, on agrandira l’école Saint-Joseph du secteur Belle-Vallée qui deviendra également le seul Lab-École de la Mauricie et du Centre-du-Québec.

L’année 2017 a également été l’occasion de construire deux gymnases, rappelle le président, dans les écoles Saint-François-d’Assise et Dollard, qui datent des années 1950.

Le point sur lequel le président s’est montré fort satisfait, c’est l’adoption, en mai dernier, du nouveau Plan d’engagement vers la réussite 2018-2022. «C’est vraiment un travail important qui a été réalisé par tout le personnel», dit-il. Ce plan a été soumis au ministère «et accepté de façon intégrale», se réjouit-il.

Les données les plus récentes du ministère indiquent que le taux de sortie sans diplôme ni qualification a été de 16,2 % pour 2015-2016 à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy.

«Ça a déjà été 20 %», rappelle M. Lessard (en 2009-2010). «Un élément important qui est retenu dans notre plan d’engagement, c’est d’agir tôt lorsque des besoins se présentent», souligne donc le président. «On veut aussi que les parents s’engagent dans la réussite de leur enfant», dit-il.