On voit les ouvriers civils, Alain Carpentier et François Morin, à l’œuvre sur le terrain lors de l’activité de carottage à Shawinigan.

Crue des eaux: Hydro-Québec en mode préparation

SHAWINIGAN — Des experts d’Hydro-Québec étaient de passage à Shawinigan, mardi, afin de faire des relevés de neige. On se prépare déjà à faire face à la crue des eaux du printemps.

Des échantillons ont été prélevés dans 10 repères situés à 30 mètres l’un de l’autre. Ils sont ensuite pesés afin de calculer la teneur en eau. Les résultats permettront de dresser le portrait du couvert de neige dans le secteur en question.

«C’est fait dans des endroits définis où l’on fait des lectures assez fréquentes», explique Francis Labbé, porte-parole d’Hydro Québec.

«On fait des relevés de neige pour pouvoir estimer l’équivalent en eau sur nos bassins. Ces informations-là vont être introduites dans des modèles mathématiques pour essayer de prévoir la crue», ajoute-t-il.

Il est encore un peu tôt pour tenter de prédire à quoi pourrait ressembler la crue printanière dans la région parce que Dame Nature réserve parfois des surprises.

Par contre, jusqu’à maintenant, on indique que le couvert de neige est au-dessus des normales, mais en-dessous de celui des années 2017 et 2019 qui ont été marquées par des inondations majeures.

«Il pourrait tomber encore de la neige, mais il pourrait en fondre beaucoup également. Quand la neige est exposée au soleil et qu’il fait chaud, il y a une partie de la neige qui s’évapore. On pourrait aussi avoir de belles surprises», note M. Labbé.

La stratégie d’Hydro-Québec sera évidemment déterminée en fonction de l’évolution de la situation.

«Quand il y a des inondations comme l’année dernière, il y a trois ingrédients principaux qui font partie de la recette. Le couvert de neige en est une. Il y a également les précipitations au mois d’avril, et la vitesse à laquelle la neige va fondre et que cette eau-là va se retrouver dans les rivières. C’est ce qui détermine si la crue va être plus ou moins forte».

«On surveille le couvert de neige et son évolution parce que ça aide nos spécialistes à prendre de bonnes décisions quand vient le temps, par exemple, de diminuer le niveau d’une rivière», note le porte-parole.

Les réservoirs permettent également d’emmagasiner l’eau issue de la fonte de la neige. Durant l’hiver, Hydro-Québec abaisse les réservoirs pour qu’au moment de la crue, la Société d’État puisse emmagasiner suffisamment d’eau et diminuer le débit en rivière pour accommoder la population.

«En Mauricie, on peut garder environ 40 % de l’eau dans les réservoirs au lieu de les envoyer dans la rivière. Si on ne le faisait pas, la situation serait toujours pire […] Par contre, on ne contrôle pas tout ce qu’il y a derrière nos réservoirs», souligne M. Labbé.

L’exercice, qui se fait année après année, sera répété un peu partout dans la province dans les prochains jours. «On a 53 lignes à neige (dont 9 en Mauricie) sur l’ensemble du territoire, le but c’est de voir c’est quoi la couverture de neige, combien d’eau on a sur les différents bassins sur l’ensemble du territoire», explique Fanny Payette, conseillère en hydrométéorologie.

Il est un peu tôt toutefois pour se prononcer sur les résultats puisque les relevés sont en cours de réalisation.

Depuis deux ans, les équipes d’Hydro-Québec peuvent désormais compter sur un nouvel appareil de mesure automatisée, le GMON. Ce dernier mesure en continu l’équivalent en eau de la neige au sol.

«Il envoie par satellite des relevés quotidiennement, et même jusqu’à quatre fois par jour au besoin. Ça nous permet de suivre la situation au quotidien. On fait quand même le carottage manuel parce que ça nous permet de valider les choses», a conclu le porte-parole d’Hydro-Québec, Francis Labbé.