L’avenue Montesson à Bécancour a été inondée, dimanche après-midi, en raison d’un embâcle sur la rivière. L’embâcle a cependant cédé en début de soirée, ce qui a fait en sorte que l’eau s’est retiré de la chaussée.

Crue des eaux: la situation suivie de près

Trois-Rivières — Bien qu’elles ne sonnent pas l’alarme pour l’instant, les autorités surveillent attentivement les niveaux des cours d’eau de la région en raison des importantes précipitations sous forme de pluie qui devraient y tomber au cours des prochains jours.

Des équipes de la direction régionale de la Sécurité civile ont d’ailleurs été sur le terrain pendant une bonne partie de la journée de mercredi afin de s’assurer que la situation était toujours sous contrôle. Le porte-parole de l’organisme, Bernard Létourneau, reconnaît qu’une hausse du niveau des cours d’eau est prévisible au cours des prochains jours en raison des prévisions météorologiques. Environnement Canada prévoit en effet que la Mauricie pourrait recevoir entre 60 et 80 millimètres pluie à compter de jeudi en fin de journée tandis que les accumulations devraient se situer entre 50 et 60 millimètres au Centre-du-Québec. Une hausse significative du mercure est également prévue, ce qui devrait accélérer la fonte des neiges, notamment sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent où le couvert est encore important. Le mercure devrait notamment grimper jusqu’à 12 degrés Celsius au cours de la journée de vendredi.

«Nous ne sommes pas encore en mode alerte. Nous aurons une téléconférence demain [jeudi] avant-midi avec les experts gouvernementaux. Ils seront en mesure de nous donner de l’information plus exacte sur ce qui s’en vient pour les prochains jours. Mais nous sommes prêts à réagir. Il n’y a personne qui partira en vacances et je ne crois pas que nous allons pouvoir manger du sucre ou du chocolat pendant le week-end de Pâques», lance le porte-parole sur un ton humoristique.

Comme il l’avait indiqué en début de semaine, M. Létourneau répète que les risques d’embâcle sur les rivières de la rive sud, notamment Bécancour et Nicolet, sont faibles car les embouchures de ces dernières sont pratiquement toutes dégagées et le peu de glace qu’il reste en amont.

La Ville de Nicolet est également en mode surveillance des cours d’eau qui la bordent. Elle a d’ailleurs émis un communiqué à cet effet en milieu de journée mercredi.

«Le niveau du fleuve Saint-Laurent est encore bien en deçà de ce que nous avons connu en 2017 mais nos équipes assurent une vigie depuis le début de la fonte des neiges. Entre 50 et 75 mm de pluie seraient attendus dans les prochains jours et pourraient modifier la situation, c’est pourquoi l’administration municipale nicolétaine a mis en place certaines actions, dont le colmatage des couvercles des puisards dans le secteur du Port-Saint-François», déclare la mairesse Geneviève Dubois dans ce communiqué.

La Ville de Nicolet rappelle qu’elle met à la disposition de la population de l’équipement et du matériel pour se protéger en cas d’inondations.

Du côté de Trois-Rivières, la Direction de la sécurité incendie et de la sécurité civile se tient sur un pied d’alerte, bien qu’actuellement aucune résidence de Trois-Rivières située aux abords de la rivière Saint-Maurice et du fleuve Saint-Laurent n’a été touchée par la crue des eaux. Les cours d’eau sont toutefois à la hausse, notent les autorités municipales. «En raison des pluies annoncées qui pourraient aggraver la situation, la Ville demeure vigilante. Les pompiers sillonnent les secteurs les plus à risque afin de surveiller l’évolution de la situation», a souligné la Ville de Trois-Rivières dans un communiqué publié mercredi après-midi.

«Au cours des prochains jours, le niveau de l’eau pourrait être comparable à celui de 2017. Il atteindra son apogée vers dimanche et lundi, selon les prévisions.»

Les Trifluviens qui seraient touchés par la crue des eaux doivent vérifier l’état d’alerte sur le site web de la Ville de Trois-Rivières, alors que la page Facebook de la Ville permet d’envoyer de l’information en temps réel. La Ville recommande aux citoyens qui ont été touchés par les inondations de 2017 de construire dès maintenant des digues de sacs de sable. Des palettes de ces sacs sont d’ailleurs disponibles à différents endroits pour les résidents de la rue du Héron-Bleu, de la rue des Terrasses-du-Fleuve, du chemin de l’Île-Saint-Eugène et de la rue du Pont. Les autres citoyens peuvent se procurer des sacs de sable au Centre de services aux citoyens secteur ouest. Une vidéo sur le site Internet de la Ville démontre la bonne façon de construire une digue.

Par ailleurs, d’autres régions du Québec feront l’objet d’importantes crues des eaux au cours des prochains jours selon un avertissement lancé mercredi matin par le ministère québécois de la Sécurité publique.

Les équivalents en eau de la neige au sol sont encore très importants sur la rive nord du Saint-Laurent et en Gaspésie. Les quantités de neige ne sont plus significatives en Montérégie pour alimenter la crue, à l’exception de la rivière Richelieu, qui prend sa source aux États-Unis.

La Commission de planification de la régularisation de la rivière des Outaouais signale que des précipitations de 30 à 55 millimètres de pluie sont prévues sur l’ensemble du bassin versant à partir de jeudi. De plus, le couvert de neige au sol pour une grande partie du bassin versant demeure deux fois plus important que la normale pour cette période de l’année.

De plus, étant donné que des mouvements de glaces sont possibles à la suite de la débâcle de certaines rivières, la situation peut évoluer rapidement. L’Organisation de la sécurité civile du Québec (OSCQ) fait donc appel à la vigilance des municipalités et des riverains qui sont d’ailleurs invités à informer leur municipalité de tout débordement ou de toute autre situation anormale.

L’Organisation de la sécurité civile du Québec dit être en communication continue avec chacune des directions régionales de la sécurité civile et ses partenaires, comme Hydro-Québec, pour la gestion des barrages sur les cours d’eau, ou le ministère de l’Environnement.

Avec la collaboration de Gabriel Delisle et de La Presse canadienne