Yvon Deshaies, lors d’une séance du conseil municipal de Louiseville en juin 2018.

Crucifix: Yvon Deshaies prône un traitement égal

Louiseville — Yvon Deshaies estime que si le gouvernement du Québec décide de retirer le crucifix de l’Assemblée nationale et qu’une telle consigne est donnée pour les salles de conseil des municipalités, il faudra que tout le monde collabore pour retirer tout signe religieux de ces espaces publics.

Le maire de Louiseville a fait les manchettes il y a près d’un an, alors qu’il manifestait sa volonté de ramener un crucifix dans la salle publique du conseil et la récitation d’une prière avant les séances du conseil. Il a clamé son opposition aux accommodements raisonnables. Sachant maintenant que la Ville de Montréal va retirer le crucifix de la salle du conseil et que le premier ministre du Québec, François Legault, ouvre la porte à une telle possibilité concernant le crucifix du Salon bleu de l’Assemblée nationale, Yvon Deshaies souhaite que si cette voie doit devenir la norme, elle devra l’être pour tous.

«On fait quoi avec le sikh qui porte son kirpan? Le juif qui porte la kippa? Si on me dit qu’on enlève tous les crucifix, il faut que ce soit pareil pour les gens qui portent le turban ou la kippa. Il faudra qu’ils l’enlèvent à l’Assemblée nationale, dans les salles de conseil. C’est la même chose pour des métiers comme les policiers ou les enseignants. Il faut qu’on mette ça égal. Et les musulmans ne me causent aucun problème. J’envie les sikhs et les musulmans, car ils se tiennent. Les gens qui me causent un problème sont les Québécois qui sont baptisés et qui ne veulent plus du crucifix.»

M. Deshaies désire que le crucifix demeure accroché dans la salle du conseil de Louiseville. Le conseil récite une version adaptée de l’Ô Canada avant ses séances du conseil. Mais si le gouvernement impose le retrait du crucifix, le maire Deshaies n’en fera pas un combat personnel.

«Je suis pour que le crucifix à l’Assemblée nationale reste là. Mais je ne suis pas borné. On peut faire des compromis. Mais ça doit être pour tout le monde.»