La programmation du deuxième événement Croisade pour la vie a été présentée à la Maison Carignan. Sur la photo: le chanteur Simon Lacerte, la directrice de la Maison Carignan, Valérie Piché et l’initiateur de l’événement, Francis Pelletier.

Croisade pour la vie: pour donner un sens à un drame

Trois-Rivières — Un peu plus d’un an après le décès tragique de son fils Alexandre à la suite d’une surdose de Fentanyl, Francis Pelletier poursuit ses efforts afin de trouver un sens à ce drame et essayer de sensibiliser les gens aux ravages que peuvent faire les drogues et l’alcool.

C’est dans cette optique que le médecin-artiste tiendra, le 18 mai prochain, la deuxième édition de l’événement Croisade pour la vie. Tout au long de cette journée, diverses activités et conférences traitant notamment des conséquences des plaisirs artificiels sur le corps et la personnalité de leurs adeptes se tiendront au Centre de congrès de l’Hôtel Montfort de Nicolet.

La programmation de ce rassemblement a d’ailleurs été dévoilée, ce jeudi, devant un groupe de résidents de la Maison Carignan. Le docteur Pelletier a profité de son passage à l’intérieur des murs du centre de thérapie trifluvien pour personnes aux prises avec des problèmes de toxicomanie et d’alcoolisme pour livrer un vibrant dans un style imagé et littéraire qui lui est propre. Il a notamment évoqué le parcours tumultueux de son fils au cours de sa courte vie, qui a notamment été ponctuée par plusieurs séjours dans des centres comme la Maison Carignan.

«Alexandre est venu ici à la Maison Carignan. Ça fait partie des cinq ou six cures qu’il a suivies. J’ai également assisté récemment à une fin d’étape pour une amie qui avait rencontré mon fils ici pendant sa cure car elle m’avait demandé de l’accompagner et de livrer un court témoignage. J’ai alors été très touché, notamment par ce qu’il se fait dans le milieu ainsi que par le 4 % de succès, un taux qui peut être considéré comme minime. Mais quatre personnes sur 100, c’est quand même beaucoup car c’est quatre personnes. Par la suite, je me suis questionné pour voir comment on peut augmenter ce pourcentage-là. Je crois qu’on ne doit pas se contenter de faire une cure. Il faut aller plus loin que ça. Il faut aller chercher les causes et les fondements, comme l’estime de soi, le mal de vive et montrer les beautés de la vie», raconte-t-il.

Par ailleurs, les résidents présents buvaient pratiquement les paroles du docteur Pelletier pendant son allocution. Quelques-uns d’entre eux ont accepté de rencontrer les représentants des médias afin de confier en quoi l’histoire du docteur Pelletier les avait touchés et s’ouvrir sur leur parcours personnel. C’est notamment le cas de Yannick Langlois, un jeune homme de 22 ans, qui est rendu à son deuxième mois d’un séjour de six visant à le soigner de sa dépendance à l’alcool et aux drogues.

«J’ai un ami qui est mort exactement de la même façon que son fils [de M. Pelletier]. J’ai également perdu trois autres amis en raison de la drogue et de l’alcool», confie celui qui a vécu à Montréal et en Ontario et qui a décidé de changer de vie après avoir été impliqué dans un accident de la route alors qu’il était intoxiqué.

Pour sa part, la directrice de la Maison Carignan, Valérie Piché, croit que l’initiative du docteur Pelletier mérite d’être encouragée car elle constitue un outil précieux à insérer dans un coffre pour aider les gens à maintenir leur sobriété à long terme. «Le cheminement thérapeutique est de plus en plus difficile. [...] J’ai donc la conviction que la Croisade pour la vie peut aider nos anciennes personnes hébergées, leur entourage et ceux d’autres centres de thérapie dans leur cheminement personnel. D’autant plus que les risques de récidive sont élevés, parce que les ressources post-thérapie ne sont malheureusement pas suffisantes, laissant trop souvent les gens livrés à eux-mêmes dans le maintien de leur nouveau mode de vie. La croisade pour la vie, c’est aussi un beau message d’espoir, de croire que l’on peut s’en sortir et s’entourer de gens positifs», explique madame Piché.

Un spectacle riche de sens

Parmi les personnes qui donnent de leur temps pour aider à l’organisation du rassemblement, il y a le chanteur Simon Lacerte, qui s’est notamment fait connaître grâce à sa participation à la première saison de la populaire émission La Voix. Approché initialement pour prendre des photos et des images pour promouvoir l’événement, le Trifluvien qui a fondé la petite firme créative LA7, qui offre des services de marketing à des organismes et des entreprises, a décidé de s’impliquer davantage dans la cause. De fil en aiguille, il a offert à Francis Pelletier de réaliser un site web gratuitement et également de présenter un spectacle en clôture de l’événement. Une telle implication était toute naturelle pour lui, étant donné qu’il a déjà touché le fond du baril et qu’il est sobre depuis maintenant 14 mois. Sa descente aux enfers s’est notamment conclue par un séjour en psychiatrie. Son spectacle du 18 mai, au cours duquel il partagera notamment la scène avec Valérie Carpentier, constituera son retour. Tout comme M. Pelletier, il a également livré un témoignage devant les résidents de la Maison Carignan.

«J’espère que ça leur a donné l’espoir qu’il est possible de s’en sortir», mentionne-t-il.

Les personnes désireuses de participer à la Croisade pour la vie peuvent le faire en s’inscrivant sur le site web croisadepourlavie.com ou en cliquant directement sur le lien suivant: https://lepointdevente.com/billets/plt190518001. Une partie des profits de l’événement sera versée à l’organisme Soberlab.ca, une plateforme numérique qui fait la promotion de la sobriété cool.