Les Pelleteurs de nuages, dont le fondateur est le Dr Francis Pelletier, organisaient pour une deuxième année la Croisade pour la vie à l’hôtel Montfort de Nicolet.

Croisade pour la vie: la mission du Dr Francis Pelletier se poursuit

NICOLET — Ce qui était au départ un coup de tête semble finalement se transformer en tradition pour le Dr Francis Pelletier, qui organisait avec Les Pelleteurs de nuages la deuxième Croisade pour la vie, à l’hôtel Montfort de Nicolet, samedi. Après avoir constaté à quel point l’événement a été apprécié l’an dernier, le Dr Pelletier a décidé d’en organiser un second et n’exclut pas de récidiver l’an prochain. Cette journée de conférences et de partage d’expériences souvent difficiles entre les participants s’inscrit également dans la mission qu’il s’est donnée, tant comme médecin que comme artiste: soigner les gens.

En mars 2018, le Dr Pelletier organisait la première Croisade pour la vie, quelques semaines après la mort de son fils, victime d’une surdose de fentanyl. Pour lui, l’événement est d’ailleurs une manière de vivre ce deuil.

«La meilleure façon que j’avais trouvée de soigner l’indescriptible blessure créée par la mort de mon fils, c’était de soigner les autres, explique-t-il. Pour moi, ça s’inscrit dans un processus de continuité, parce que soigner, c’est ce que j’ai fait toute ma vie comme médecin et comme artiste. Je suis simplement dans le prolongement de cette mission de vie. Sauf que maintenant, ça lui donne un sens plus prononcé.»

Les maladies que veut soigner le Dr Pelletier ne sont pas seulement celles qu’il a appris à reconnaître en faisant ses études de médecine. Dépendances, deuils et mal de vivre, qui peuvent d’ailleurs être reliés les unes aux autres, sont les maux abordés par les conférenciers qui se sont adressés aux participants de la Croisade pour la vie, qui étaient entre 80 et 90 au centre des congrès de l’hôtel Montfort.

Un autre médecin est venu appuyer la mission que s’est donnée Francis Pelletier: le Dr John Sader, dont la conférence portait sur le mal de vivre.

«Il a raconté que de 16 à 21 ans, tous les jours, il a songé à s’enlever la vie, explique le Dr Pelletier. Mais il a dit que le mal de vivre est quelque chose qui se soigne, se traite et se guérit. Maintenant qu’il a accédé à un certain bonheur, il aide les gens à entreprendre ce qu’il appelle une démarche vers le bonheur. C’est un beau message d’espoir par rapport au mal de vivre. Mais ça prend du courage, de la persévérance et de l’aide.»

Les participants étaient d’ailleurs eux aussi invités à partager leurs expériences et à échanger avec les conférenciers et conférencières, parmi qui comptaient également la comédienne Eliane Gagnon, la formatrice et conférencière Karine Leclerc, la thérapeute Mireille Magnée et l’enseignante et auteure Christiane Asselin. Ces échanges sont d’ailleurs ce qui manque cruellement dans notre société, estime le Dr Pelletier.

«On vit dans une société où tout va tellement vite, on dirait qu’on a perdu l’écoute, déplore-t-il. On écrit, on texte, on critique sur Facebook, mais où sont les vrais échanges? On a perdu ce sens de l’écoute et du partage, et c’est un peu ce qu’on voulait retrouver ici, avec la Croisade.»

Ultimement, Francis Pelletier espère que l’événement permettra aux participants de s’outiller pour mieux faire face aux difficultés qu’ils vivent. Quant aux personnes qui accompagnent des personnes en difficulté, aux prises avec une dépendance, le mal de vivre, un deuil ou une perte, il souhaite qu’elles soient elles aussi mieux outillées pour offrir l’aide à ceux qui désirent s’en sortir, mais n’y arriveront pas seuls.

La journée se concluait par un souper agrémenté de chansons et de poésie avec un duo formé par Michel Aubé et Christiane Asselin, suivi par un spectacle offert par Simon Lacerte, chanteur trifluvien qui a pris part à la toute première édition de l’émission La Voix et qui a été aux prises avec un problème de dépendance.

Le médecin terminera d’ailleurs en décembre sa carrière comme omnipraticien pour se consacrer entièrement à ce qu’il appelle sa «douce thérapie», les soins par les arts. «J’ai toujours soigné plus de gens avec les images et les mots qu’avec les pilules et les prescriptions et dans quelques mois, je vais pouvoir faire ça vraiment à temps plein, se réjouit-il. Je vais intensifier ma douce thérapie, de faire du bien avec du beau, parce qu’on a tellement besoin de ça.»

Une partie des profits de la Croisade pour la vie sera versée à Soberlab.ca, une plateforme numérique qui fait la promotion de la sobriété.