Dany Carpentier, conseiller municipal du district de La Vérendrye.

Cri du coeur du conseiller municipal Dany Carpentier

Trois-Rivières — «Présentement à Trois-Rivières, personne ne travaille à guider et rallier le conseil vers un consensus. C’est véritablement l’éléphant dans la pièce. Je veux que tout le monde fasse un pas en avant et que cette priorité devienne la seule». C’est en ces mots que le conseiller municipal du district de La Vérendrye, Dany Carpentier, a souhaité faire une sortie publique, vendredi matin, afin de lancer un cri du coeur à ses collègues du conseil municipal et de jouer ce qu’il qualifie de «sa dernière carte» pour faire en sorte que le conseil travaille mieux ensemble.

En entrevue au Nouvelliste, Dany Carpentier ne souhaite jeter la pierre à personne en particulier, mais dit faire un constat qui l’inquiète pour le futur rapproché du conseil municipal. Les plus récents épisodes de l’aide financière à être accordée aux Aigles et des discussions qui devront être tranchées, mardi prochain, concernant l’aide financière à être versée au Grand Prix de Trois-Rivières, ravive cette volonté d’harmonie et de ralliement chez lui qu’il met de l’avant depuis que le conseil a été élu, il y a deux ans.

«Mon objectif est que les citoyens de mon district sachent que cette façon de faire n’est pas la mienne. Parfois, on se retrouve à la remorque de ce qui se passe. Je pense que je représente beaucoup de mes collègues aujourd’hui en mentionnant ça. Je m’adresse à l’ensemble du conseil. En agissant comme ça on n’est pas digne de notre fonction. J’ai essayé beaucoup depuis le début de mon mandat, c’en était devenu presque caricatural. C’est sans doute candide et naïf de ma part. Mais moi la politique à laquelle je veux appartenir, ce n’est pas ça», a-t-il lancé.

Ce dernier cite, parmi plusieurs exemples, les retombées économiques générées par le Grand Prix de Trois-Rivières, révélées dans un article du Nouvelliste vendredi matin. «J’ai demandé ces chiffres-là mercredi dernier, parce que ce sont des données qui vont nous permettre de prendre une décision éclairée mardi prochain. On ne me les a pas remis, et je les apprends dans le journal ce matin. Est-ce normal de fonctionner comme ça? Je ne crois pas», constate-t-il.

Sans nommer de responsable de cette ambiance, Dany Carpentier estime tout de même qu’il revient au maire, Jean Lamarche d’incarner ce leadership le plus rapidement possible. Il est d’ailleurs allé rencontrer M. Lamarche plus tôt cette semaine pour lui faire part de sa réflexion. «Ça appartient au maire en priorité. Quelqu’un doit se lever et organiser des discussions pour pouvoir mieux se comprendre, pour pouvoir engager les prochaines semaines d’une autre façon. Si j’étais maire - et ce n’est pas du tout mon intention - je tasserais tout tout de suite pour mettre ça en priorité», indique-t-il.

Mais s’il implore le maire Lamarche de changer de stratégie rapidement et de jouer un rôle différent autour de la table du conseil, il n’endosse pas plus les façons de faire d’autres collègues, dont Mariannick Mercure, qui a notamment utilisé les réseaux sociaux et la place publique pour faire connaître rapidement ses positions avant d’avoir pu en discuter avec ses collègues en privé.

«Qu’elle fasse ce qu’elle veule, mais il faut aussi que comme élue, elle démontre par sa fonction que sa priorité est de travailler pour Trois-Rivières, pour le conseil avant tout. Oui après, il y a la nature des décisions, mais si c’est dysfonctionnel au départ, on n’avance pas», croit Dany Carpentier.

Il déplore tout aussi fort que d’autres collègues se fassent plus discrets sur la place publique, mais abordent le travail au conseil avec méfiance, disant d’entrée de jeu avoir perdu confiance en ces collègues qui font un peu plus de bruit. «Là non plus, on n’avance pas. Pour arriver à une prise de décision, il n’y a pas d’action qui est posée pour rallier le conseil. Si on agit comme ça, on construit des barrières, on ne construit pas des ponts. Ça prendrait une volonté générale du conseil de faire un pas en avant. De laver son linge sale en famille», croit-il, disant s’inquiéter des discussions à venir concernant le budget, où des choix devront vraisemblablement être tranchés pour éviter une hausse de taxes trop importante.

Eu qu’adviendra-t-il de son avenir politique si cette dernière carte qu’il joue ne donne pas les résultats escomptés? «Dorénavant, s’il n’y a pas de volonté de travailler ensemble, je vais me concentrer sur mes dossiers du districts sur mes engagements et sur mes commissions. Et malheureusement, je ne serai pas confortable dans ma chaise au conseil. Mais s’il y a une volonté réelle de vouloir orchestrer les décisions, je serai le premier à vouloir y consacrer du temps.