CPE: 8,05$ ou moins par jour, promet le PQ

SHAWINIGAN — S’il est porté au pouvoir, le Parti québécois réinstaurera un tarif unique pour les centres de la petite enfance et les garderies subventionnées. Il mettra fin à la tarification liée aux revenus des familles mise en place par le gouvernement de Philippe Couillard. Les familles ayant de très faibles revenus ne paieraient rien directement pour ces services.

Au deuxième et dernier jour d’une réunion de son aile parlementaire à Shawinigan, le Parti québécois a planté un jalon de son prochain programme électoral.

Il y a quelques mois, le Parti québécois promettait un tarif unique à 7,30 $ par jour. Désormais, il fixe la barre à 8,05 $ par jour par enfant — avec une série de déclinaisons. Pour le deuxième enfant, le coût dans un CPE ou un service déjà subventionné serait de 4 $. L’accès serait sans frais pour le troisième enfant et les suivants. Les enfants n’auraient pas besoin de tous fréquenter un service de garde en même temps pour y avoir droit.

L’entrée serait «gratuite» pour les enfants provenant de familles pauvres, celles dont le revenu est inférieur à 34 000 $. Selon le plan présenté, de ce seuil à un revenu d’environ 60 000 $ par année, le tarif serait moindre que le 8,05 $ proposé.

Entre 34 000 $ et 60 000 $, il passerait de zéro dollar à 8 $ graduellement. Il varierait en fonction du revenu familial.

Un appui aux CPE

Un gouvernement du Parti québécois accélérerait dans la même foulée le développement de places en CPE, a promis Véronique Hivon. C’est le modèle que privilégierait un gouvernement du Parti québécois.

«En abolissant la "taxe famille", en revenant au tarif unique, nous réitérons notre engagement clair envers les services de garde éducatifs de qualité, au premier plan les centres de la petite enfance, les CPE, un réseau reconnu unanimement pour sa qualité. Pour nous, les services de garde, ce n’est pas un modèle d’affaires; c’est un moyen de faire grandir notre société, de donner toutes les chances à nos tout-petits», a déclaré Jean François Lisée en présentant cette mesure.

En plus de la porte-parole de son parti en matière de famille, Mme Hivon, M. Lisée était accompagné de son nouveau «conseiller spécial à l’enfance et à la famille», Camil Bouchard.

320 millions $ au moins

Le tarif de 8,05 $ ne serait pas figé dans le temps. Il serait indexé chaque année en fonction de l’évolution annuelle du revenu des familles québécoises, a précisé M. Lisée.

Le Parti québécois n’est pas en mesure de dire pour l’instant combien coûterait la création de milliers de nouvelles places en CPE, création qui serait rendue nécessaire par un accroissement de la demande.

En revanche, il calcule que l’opération de retour au tarif presque unique, lorsqu’elle serait complétée, au terme d’un mandat de quatre ans, coûterait 320 millions $ par année.

Jean-François Lisée assure qu’il parviendrait à convaincre le gouvernement fédéral de transférer à l’État québécois la somme qu’il octroie actuellement aux familles à travers des crédits d’impôt pour les garderies.

Louis Senécal, de l’Association québécoise des centres de la petite enfance, était au même hôtel que le caucus du Parti québécois pour dire le bien qu’il pense de la proposition et pour inviter les autres partis à s’en inspirer.