Les mesures de confinement en raison de la crise du coronavirus font découvrir certains plaisirs en famille.
Les mesures de confinement en raison de la crise du coronavirus font découvrir certains plaisirs en famille.

Votre façon de vivre la crise du coronavirus

Écoles fermées et lieux publics désertés. Notre vie est chamboulée. Des lecteurs nous ont raconté comment ils vivent la crise du coronavirus et les mesures sociales jamais vues qui bousculent le quotidien.

Cuisiner et lire

Bonjour! Pas évident, mais on doit se conformer aux directives de notre premier ministre si on veut s’en sortir bientôt. Nous avons été contraints, mon conjoint et moi, d’annuler nos vacances dans le Sud du 14 au 24 mars. C’est pas évident, car on passera nos deux semaines à la maison. Nous cuisinerons, nous lirons un bon livre ou tout simplement, nous écouterons une série à la télé. C’est facile, car nous sommes bien chez nous. On voyagera de nouveau quand tout sera complètement terminé et on doit s’attacher à notre rêve. Dominique Gravel, Saguenay

Souvenirs de la grippe espagnole

Je vis au Complexe pour retraités Sélection, rue Saint-Charles Sud à Granby depuis le 1er septembre 2018. Ici, toutes les activités sont arrêtées pour un temps indéterminé. On a même parlé de deux mois. Aucun visiteur, seulement les pharmacies et les épiceries peuvent venir livrer les commandes, mais à la réception qui avisera les résidents d’aller chercher leur colis. On recommande aux personnes de 70 ans et plus de ne pas sortir, permission de prendre des marches à l’extérieur. Ici, la moyenne d’âge des résidents est de 78 ans. En bas de 70 ans, ceux qui veulent sortir prennent le risque pour aller faire des achats ou manger au restaurant.

Ayant bientôt 68 ans, je dois décider à quel point je me mets en quarantaine. Mais je pense qu’il est nécessaire de suivre les conseils donnés par notre premier ministre et son équipe. Ma mère a survécu à l’influenza (nommée aussi grippe espagnole), elle est née en 1917 et sa famille proche a été décimée lorsqu’elle avait 18 mois. Ses parents, un bébé de quatre mois et les deux plus vieux d’âge préado sont décédés.

Les trois qui ont survécu avaient 18 mois, 3 ans, et 5 ans. Mon frère et moi avons été vaccinés chaque année pour divers vaccins. Enfin, ma mère est décédée à 94 ans, en 2012. C’est certain que je pense à son histoire présentement, même si la médecine a évolué énormément depuis les années 1917-1918. Par contre, on dirait que la COVID-19 se répand plus vite, plusieurs mesures sont prises au Québec, mais on demeure quand même inquiets.  Josette, Granby

Vivre ma solitude

Mon histoire. Tout d’abord, mon âge, 79 ans. Il y a un an, j’ai fait un AVC. Je m’en suis très bien sortie puisque deux personnes m’ont aidée dans les minutes qui ont suivi l’événement. Puis, il y a trois semaines, on m’a posé un stimulateur cardiaque. Je dois rencontrer ma médecin de famille mardi et ma cardiologue vendredi. Je vais annuler mes rendez-vous parce que je dois prendre soit un taxi ou l’autobus. Je ne prends aucun risque. Je ne vais pas à mes rendez-vous.

Je suis seule, je n’ai personne pour m’aider. Comme je suis seule, personne ne me transmettra la COVID-19, puisque personne ne viendra chez moi. J’ai un garage intérieur. Personne ne monte dans ma voiture, sauf moi.

Cet après-midi, avant de sortir de ma voiture, j’ai mis des gants en latex. J’ai fait ma commission à la pharmacie, puis je suis allée à l’épicerie, même si je n’avais besoin de rien. J’ai quand même acheté quelques petites choses, par mesure de sécurité.

Je vais sortir de temps en temps faire une petite marche. J’apporterai mes gants et un masque. Si je dois entrer quelque part, je les porterai. Ce qui va me manquer le plus, le gym. Bon, tant pis! Il faut, ce qu’il faut! J’ai une grosse famille, mais tout le monde se fout de la tante Annette. Alors, je vais faire comme je fais d’habitude : me débrouiller. Je passerai sûrement une partie de mon temps, sur Facebook. Je regarderai quelques films, puis des documentaires enregistrés. J’en profiterai pour terminer mon livre, puis lire les revues que je n’ai pas encore eu le temps de lire.

Malgré ma santé fragile, je me porte quand même assez bien. J’ai eu une vie difficile, donc je prends la vie comme elle vient.  Annette Beaulieu, Québec

Le travail et les enfants

On vit ça à la maison. Je suis chanceuse, car je vais pouvoir faire du télétravail, mais avec deux enfants en bas de 3 ans, ça ne sera pas facile. Ça va être deux emplois en même temps. On devait aussi partir pour la Floride le jeudi 19 mars, mais on repousse. Mes beaux-parents sont déçus qu’on n’aille pas les visiter au chaud. Je n’ai pas acheté en grosse quantité, ça ne donne rien. Ils ont aussi été en contact avec des gens qui revenaient de voyages au CPE. L’infirmière m’a dit qu’ils ne les testeraient pas, car on n’a pas été en contact avec un cas confirmé. Je trouve ça un peu ridicule, mais je nous ai mis en quarantaine, au cas où. On écoute Disney+ en famille. Mes enfants découvrent ma jeunesse.  Karine, Gatineau

On se débrouille!

Bonjour je m’appelle Noa Tremblay et nous débrouillons bien chez nous, avec la nourriture et avec les choses à faire comme étudier, lire et jouer en famille. Je joue souvent avec mes amis, mais quand je reviens chez moi je désinfecte mes mains pour ne pas être malade ou donner le virus à ma famille. On joue souvent dehors dans la neige quand il fait beau. Je cuisine avec ma mère beaucoup de nouvelles recettes.  Noa Tremblay, Saguenay