Ventilateurs dans les écoles: Québec ajuste le tir

Les ventilateurs seront finalement permis dans les écoles, temporairement, et à plusieurs conditions.

Mercredi, le sous-ministre à l’Éducation, Eric Blackburn, a envoyé une lettre aux directeurs généraux des commissions scolaires, ainsi qu’aux établissements privés, pour aborder l’enjeu de la chaleur.

D’ici la fin de l’année scolaire, les journées chaudes risquent d’être de plus en plus fréquentes, a-t-il reconnu d’emblée.

«Sachez que le niveau de risque lié à l’utilisation des ventilateurs et climatiseurs portatifs apparaît faible en milieu scolaire selon la santé publique», a-t-il précisé.

Cette mise au point survient environ une heure après que la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) eut sonné l’alarme.

Situation «infernale»

En entrevue mercredi matin, son président Sylvain Mallette a soutenu que les élèves et le personnel scolaire vivaient une situation «infernale» en pleine canicule, alors qu’il leur était interdit d’utiliser des ventilateurs.

La journée de mardi a été particulièrement éprouvante, a-t-il relaté. Certaines écoles vétustes n’ont même pas pu ouvrir les fenêtres, selon lui.

Selon M. Mallette, la santé publique avait expliqué lors du retour en classe que les ventilateurs pouvaient contribuer à propager la COVID-19 en dispersant dans l’air les gouttelettes expectorées.

Mercredi, M. Blackburn a informé les commissions scolaires qu’elles peuvent dorénavant «utiliser des ventilateurs sur pied ou des appareils de climatisation (portables, de fenêtre, «split») en évitant de diriger le flux d’air sortant vers les visages des enfants et de l’enseignant».

Il a toutefois averti que «lorsque la période de chaleur accablante sera terminée, il faudra remettre en oeuvre l’application des recommandations concernant la ventilation, soit une ventilation (renouvellement de l’air) en continu des milieux si possible et si la température le permet».

Le sous-ministre a également invité les écoles à:

- planifier les activités extérieures avant 10h;

- encourager les enfants à boire souvent;

- maintenir les fenêtres et les portes ouvertes jusqu’à 10h;

- fermer les rideaux lorsque le soleil brille;

- ventiler les locaux si possible lorsque la nuit est fraîche;

- assurer un apport de nouvel air au moins trois fois par jour, entre 15 et 20 minutes.

Selon Le Droit, en Outaouais, toutes les écoles des commissions scolaires au Coeur-des-Vallées et Western Québec sont fermées mercredi en raison de la canicule.

On s’attend dans cette région à ce que les températures ressenties frôlent les 40 degrés Celsius.

Chaleur dans les CHSLD: «on joue avec la vie du monde», accuse QS

Par ailleurs, la chaleur dans les CHSLD continue d’inquiéter au plus haut point les partis d’opposition, qui sont revenus à la charge, mercredi.

Québec solidaire (QS) a accusé le gouvernement Legault de n’avoir «rien fait» en prévision des premières canicules. «C’est grave parce qu’on joue avec la vie du monde», a déclaré le député de QS Vincent Marissal.

«Ces gens-là vivent dans des situations pitoyables. Et là, en plus, on va les faire mourir de chaleur parce que quelqu’un, quelque part, n’a pas allumé que l’été allait revenir», s’est-il indigné.

Le porte-parole du Parti québécois (PQ) pour les aînés et les proches aidants, Harold LeBel, a dénoncé des «situations catastrophiques» dans les CHSLD.

Il a rappelé que seulement une chambre sur quatre en CHSLD est climatisée.

M. LeBel a sommé la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, de «faire son travail» et de nommer un responsable au dossier.

Pourquoi la ministre n’a pas anticipé le problème? a demandé le député libéral André Fortin. Mme Blais s’est défendue en Chambre en disant qu’elle a dû attendre l’aval de la santé publique.

Québec a demandé mardi aux CHSLD de tout faire pour acheter ou louer des climatiseurs. Il n’était pas clair avant cette date si le coronavirus allait se propager dans la ventilation, a soutenu Mme Blais.