Une jeune artiste vend sa première toile au maire de Saint-Honoré

Comme bien des enfants, Mahelie Fortin s’est inspirée de l’arc-en-ciel, devenu un symbole d’espoir face à la crise du coronavirus, pour peindre une toile. Fier du talent de sa fille, Dominic Fortin a partagé l’oeuvre sur les réseaux sociaux.

« J’ai offert la toile à mes contacts parce que Mahelie souhaitait la vendre afin de s’acheter du matériel d’artiste. Elle espérait avoir 30 $ », raconte l’attentionné père de deux enfants. Après plusieurs offres pour acheter la superbe peinture, c’est finalement le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay, qui a fermé les enchères en offrant un montant de 110 $.

« Deux personnes m’ont aussi transféré des sous pour que je les donne à Mahelie, pour l’encourager et lui dire de continuer », souligne Dominic Fortin. Au total, l’artiste a reçu près de 200 $ qu’elle pourra dépenser pour son loisir qui prend une grande place dans sa vie, surtout en période de confinement. « C’est fort pour son estime. Ce n’est plus juste papa, maman, grand-papa et grand-maman qui lui disent que c’est beau. C’est réellement beau », renchérit le père.

« En plein lundi de Pâques, vers 21 h, mon intérêt a rapidement été porté sur une toile mise aux enchères par un ami Facebook résident de Saint-Honoré, Dominic Fortin », a écrit M. Tremblay sur ses réseaux sociaux. Sa fille Mahelie a fait toute une oeuvre, mettant en valeur un message bien d’actualité ces jours-ci ! Le coup de coeur a été immédiat. » 

Ayant elle-même un sourire contagieux, la peintre propose aux gens qui contemplent sa création de garder le sourire.  

Le lendemain matin, dès 9 h, le duo père-fille se rendait à l’hôtel de ville de Saint-Honoré, à quelques pas de leur résidence, pour faire leur livraison spéciale. La toile a été accrochée dans le corridor d’entrée de l’établissement. « Nous avons respecté les consignes de distanciation », précise Dominic. Le maire a payé l’oeuvre de sa poche pour en faire bénéficier tous les citoyens de sa ville. « Les citoyens désireux de venir l’admirer en personne seront les bienvenus dès que les portes seront rouvertes et que les services municipaux seront revenus à la normale », propose le maire.

La jeune artiste a passé deux jours pour réaliser son chef-d’œuvre. « Je n’ai pas juste fait ça pendant deux jours », nous rassure-t-elle. Tous les jours, elle consacre aussi une heure à ses études, elle parle à sa meilleure amie par FaceTime et elle s’amuse beaucoup avec son frère, sa soeur et ses nombreux animaux. 

Chez son père, Mahelie a la chance d’avoir un atelier juste pour elle, dans lequel elle peut créer comme bon lui semble. Elle dessine même sur les murs. « Je ne veux pas que l’art de Mahelie ait de barrière. Je ne lui dis pas de faire attention, de ne pas salir la table ou le plancher. C’est pour ça que je lui ai donné cette pièce », souligne son père. « Quand mes amis viennent chez moi, ils veulent essayer de peindre sur les murs de mon atelier », poursuit Mahelie. 

Elle avait déjà essayé de vendre une de ses peintures sur sa page Facebook. 

« Comme je n’ai pas assez de contacts, en passant par le profil de mon père, on a eu beaucoup de personnes qui voulaient l’acheter », conclut Mahelie, qui est bien motivée à produire d’autres toiles qu’elle tentera de vendre. Plus tard, je veux être artiste. On dirait que je ne veux pas un vrai travail. Je veux peinturer et vendre des toiles toute ma vie. »