Jean-François Aubin, professeur en travail social du Cégep de Trois-Rivières, a annoncé la mise sur pied d’une importante chaîne téléphonique visant à briser l’isolement chez les personnes âgées de Trois-Rivières.
Jean-François Aubin, professeur en travail social du Cégep de Trois-Rivières, a annoncé la mise sur pied d’une importante chaîne téléphonique visant à briser l’isolement chez les personnes âgées de Trois-Rivières.

Une chaîne téléphonique pour briser l’isolement

Trois-Rivières — «À une crise comme on en a jamais connu, une réponse comme en a jamais vu.»

C’est en ces termes que Jean-François Aubin, professeur en travail social du Cégep de Trois-Rivières, a annoncé la mise sur pied d’une importante chaîne téléphonique visant à briser l’isolement chez les personnes âgées de Trois-Rivières. «C’est une initiative sans précédent. En 25 ans d’implication, j’ai rarement vu une concertation qui se fait aussi spontanément et rapidement,» a-t-il ajouté.

Ce projet a été initié il y a une semaine par Les Petits frères de Trois-Rivières, un organisme déjà bien impliqué dans l’accompagnement et le soutien des aînés. Dans le but de leur apporter davantage de réconfort et de briser l’isolement en cette période marquée par un haut niveau d’anxiété, près d’une vingtaine d’organismes de Trois-Rivières et de la région ont accepté de s’associer au projet et de dépasser le cadre de leur mission respective afin de mettre en place cette veille téléphonique de solidarité.

Comme l’a précisé Keven Michaud, coordonnateur régional des Petits frères de Trois-Rivières, les gens qui se seront inscrits recevront un appel par semaine d’une durée de 15 à 30 minutes et pourront ainsi dialoguer et se changer les idées.

Par le biais d’un partenariat avec la Ville de Trois-Rivières, les gens désireux de recevoir ce service ou de référer une personne ayant besoin de réconfort pourront contacter le 311. Il en va de même pour les bénévoles qui désirent offrir leur temps pour mettre la main à la pâte en ces temps difficiles.

À ce sujet, M. Michaud a d’ailleurs précisé que cette chaîne téléphonique venait en complémentarité au message lancé, jeudi, par le ministre Jean Boulet afin d’inciter les gens à s’impliquer et à faire du bénévolat auprès de la communauté. M. Aubin a pour sa part ajouté que la jonction sera faite entre les gens qui contactent le 311 pour offrir leur temps et la plate-forme Jebenevole.ca

À ce jour, en tenant compte de l’implication des différents organismes, il existe une possibilité de 600 bénévoles mais il en faudra assurément plus, tout dépendant du nombre de personnes qu’il faudra contacter à toutes les semaines. M. Aubin a tout au plus rappelé qu’il y a une forte proportion de personnes âgées à Trois-Rivières, se chiffrant entre 25 000 et 30 000.

Sur un plan plus concret, chaque bénévole recevra un guide pour lui donner des balises sur le rôle qu’il aura à jouer dans cette veille téléphonique de l’amitié. S’il a des difficultés ou des interrogations dans le dialogue avec la personne âgée, il pourra se référer à un intervenant mandaté à cette fin. Il sera également possible de transférer l’appel à la ressource appropriée en cas de besoin particulier. M. Michaud a été clair: l’objectif est de créer une relation amicale uniquement. «Il ne faut pas que ces appels deviennent un travail. Le bénévole doit se sentir bien et confortable dans ce qu’il fait», a-t-il indiqué.

Outre Les Petits frères et la Ville de Trois-Rivières, les organismes impliqués dans ce projet sont les Centres d’action bénévole Du Rivage et Laviolette, la Fadoq, la Corporation de développement communautaire de Trois-Rivières, Consortium en développement social de la Mauricie, le groupe Facebook «Initiatives citoyennes contre la COVID-19, la Démarche des premiers quartiers, la Maison des Grands-Parents de Trois-Rivières, les étudiants en technique de travail social du Cégep de Trois-Rivières, l’Appui pour les proches aidants de la Mauricie, Cuisines collectives de Francheville, Guillaume Vermette, Ménagez-vous, le CIUSS-MCQ et Albatros.