Le Dr Alexis Turgeon, chercheur au CHU de Québec-Université Laval et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval
Le Dr Alexis Turgeon, chercheur au CHU de Québec-Université Laval et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval

Un chercheur de Québec reçoit 2,2 millions$ pour tester deux traitements contre la COVID-19

Deux traitements jugés prometteurs contre la COVID-19 feront l’objet d’essais cliniques pancanadiens et internationaux sous la responsabilité du Dr Alexis Turgeon, chercheur au CHU de Québec-Université Laval et professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval. Le Dr Turgeon a reçu un financement de près de 2,2 M$ des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC) pour tester l’efficacité du plasma de convalescents et des anticoagulants chez les patients atteints de la COVID-19 admis aux soins intensifs.

Le premier traitement, qui consiste à administrer le plasma de patients guéris de la COVID, vise à donner des anticorps humains pour neutraliser le virus, expliquent le CHU de Québec et l’Université Laval dans un communiqué diffusé jeudi. L’essai clinique se fait en collaboration avec Héma-Québec et la Société canadienne du sang, précise-t-on.

Le second traitement consiste en l’administration d’anticoagulants, des médicaments qui éclaircissent le sang, à des patients gravement atteints de la COVID-19 et soignés aux soins intensifs. 

«Les chercheurs veulent évaluer si ces médicaments, des héparines de bas poids moléculaire ou non-fractionnées, peuvent prévenir la formation de microcaillots dans le sang, une complication connue de la COVID-19 et responsable de plusieurs décès», expliquent le CHU de Québec et l’Université Laval.

L’ajout d’anticoagulants au traitement des patients atteints de la COVID-19 semble augmenter leurs chances de survie et réduire le délai avant qu’ils ne soient rétablis, selon une étude publiée en mai par des chercheurs de l’hôpital new-yorkais Mount Sinai dans le Journal of the American College of Cardiology.   

Les chercheurs, qui se sont basés sur l’analyse d’environ 3000 patients hospitalisés depuis la mi-mars, ont constaté que la durée moyenne de survie des patients était passée de 14 jours à 21 jours avec l’ajout d’anticoagulants.

Quant au plasma de convalescents, une étude chinoise parue dans JAMA a démontré plus tôt en juin que des patients gravement affectés par la COVID-19 et traités avec du plasma de donneurs guéris de la maladie s’étaient rétablis cinq jours plus rapidement que les autres. 

Selon le Dr Alexis Turgeon, les deux traitements qui feront l’objet d’essais cliniques sont des avenues «très prometteuses, peu coûteuses et très accessibles lorsqu’elles sont comparées à plusieurs traitements à l’étude». 

«Grâce au financement des IRSC, nous pourrons non seulement savoir si ces deux options thérapeutiques sont efficaces pour traiter les patients gravement malades admis à l’unité des soins intensifs en raison de la COVID-19, mais également nous assurer d’encadrer leur utilisation de façon judicieuse», souligne le Dr Turgeon.

Ces essais cliniques seront menés en collaboration avec un professeur de l’Université du Manitoba, des chercheurs canadiens du Canadian Critical Care Trials Group (dont les Drs François Lauzier et Lynne Moore, respectivement intensiviste et épidémiologiste au CHU de Québec-Université Laval) ainsi qu’avec d’autres chercheurs internationaux. 

Le recrutement de patients pour ces deux essais cliniques devrait commencer sous peu, tant au Québec que dans plusieurs centres de recherche à travers le Canada et ailleurs dans le monde, indique-t-on dans le communiqué.

Trois autres projets financés par les IRSC

Trois autres professeurs de l’Université Laval et chercheurs au CHU de Québec-Université Laval ont obtenu un financement à l’occasion de l’annonce faite jeudi par les IRSC, soit le Dr Louis Flamand, du Département de microbiologie-infectiologie et d’immunologie, qui étudie la réaction inflammatoire, Marie-Pierre Gagnon, de la Faculté des sciences infirmières, dont les travaux portent sur les mesures de santé publique mises en œuvre dans les pays africains francophones en conflit durant la pandémie, et la Dre Holly Witteman, du Département de médecine familiale et de médecine d’urgence, qui s’intéresse à la création d’outils de communication numérique adaptables.