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La Dre Marie-Josée Godi
La Dre Marie-Josée Godi

Trop d’hospitalisations et d’éclosions pour passer au orange

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Trois-Rivières — Si plusieurs indicateurs pointent vers le retour au palier d’alerte orange en Mauricie et au Centre-du-Québec, il y a encore trop d’hospitalisations et d’éclosions dans les milieux d’hébergement pour aînés.

C’est ce qu’a fait savoir la directrice régionale de la Santé publique, la Dre Marie-Josée Godi, qui a fait le point sur la situation au lendemain des annonces d’assouplissement du premier ministre Legault où la région est demeurée en zone rouge. La Dre Godi avait laissé entendre qu’un retour à la zone orange était envisageable pour la région, la semaine dernière.

La sollicitation importante du personnel qui est dirigé vers les unités COVID, dans les milieux d’hébergement en éclosion et au site d’hébergement temporaire de l’École nationale de police du Québec, est un frein à la reprise des activités normales dans les cliniques externes et les blocs opératoires. «C’est un facteur qui est déterminant», a soulevé la Dre Godi.

La tendance des derniers jours continue d’être à la baisse.

«C’est aussi un code de couleur qui a été remodelé et clairement le taux d’hospitalisation est maintenant l’élément déterminant pour le passage à un palier orange. La semaine dernière, je disais que ça demeurait préoccupant et fragile et ça demeure un élément qui est encore instable, a-t-elle précisé. Il faut que la baisse se fasse de façon continue et stable dans le temps pour que lorsqu’on changera de palier, on le fasse de façon durable.»

«On a encore des RPA qui sont en éclosion. Comme vous le savez, ce sont des populations qui sont vulnérables et qui sont parfois à risque d’être admises aux soins intensifs. On souhaite que dans les prochaines semaines, ces éclosions-là soient maîtrisées, continue la directrice régionale de la Santé publique. La vaccination qui est retardée et la menace de la présence de variants au Québec fait en sorte qu’il faut être prudent dans les assouplissements.»

Pour pouvoir passer au palier d'alerte orange, il faudrait que le nombre d'hospitalisations liées à la COVID-19 baisse encore plus et qu'on n'en enregistre pas plus que deux nouvelles par jour par la suite. Il faudrait également que cette tendance se maintienne pendant deux à quatre semaines.

Le nombre d’éclosions a diminué dans la région.

Il faudrait aussi revenir à au moins 80 % des activités dans les blocs opératoires pour pouvoir avoir des indicateurs orange en ce qui concerne le délestage. Celles-ci avaient été réduites à 60 %, mais les efforts ont permis de maintenir les chirurgies autour de 70 % dans la région.

La vaccination dans les milieux d'hébergement pour aînés devrait également aider pour arriver à réduire les hospitalisations en protégeant de cette clientèle qui est vulnérable. Ce qui viendrait donner une chance de reprendre les activités et réduire le délestage. Actuellement, on compte encore des éclosions actives dans trois CHSLD et sept RI/RPA. Ce sont également 44 des 56 lits du site d'hébergement temporaire de l'École nationale de police de Québec, à Nicolet, qui sont occupés par des gens qui ont été retirés des milieux en éclosion. Un nombre qui est encore beaucoup trop élevé.

Pour ce qui est des autres indicateurs, la Dre Godi estime qu’on pourrait aspirer au palier d’alerte orange s’ils sont maintenus. Par exemple, il faudrait une tendance de moins de 50 cas par jour, alors que pour la dernière semaine, la moyenne a été de 34 nouveaux cas.

Le taux de positivité a également diminué passant de 3% à 2,5%. Ce qui est un bon indice que la transmission communautaire est en baisse dans la région.

La nouvelle réalité en zone rouge.

On observe aussi une diminution importante du nombre d’éclosions qui sont passées de 61 à 45 cette semaine. Il y a notamment une bonne amélioration pour ce qui est des éclosions dans les milieux de travail, particulièrement au Centre-du-Québec.

La région désavantagée par la proximité avec Montréal?

La directrice régionale de la Santé publique assure que la proximité avec la grande région de Montréal n'a pas été l'élément le plus déterminant pour que la région demeure au rouge. 

Elle ne croit pas non plus qu'il faudra nécessairement attendre que la métropole retombe au palier orange pour que les mesures soient assouplies en Mauricie et au Centre-du-Québec. «Les régions qui se retrouvent au palier rouge ne se retrouvent pas au même niveau. Il y a une certaine hétérogénéité, mais c'est surtout la baisse des indicateurs qu'il faudra regarder, souligne-t-elle. Il faut se donner comme objectif, comme région, de prochainement sortir de cette zone rouge à partir du 22 février, où on va réévaluer cette situation.»

Le Centre-du-Québec ne devrait pas écoper pour ce qui se passe en Mauricie, et vice-versa, si jamais la situation est pire dans l'une ou dans l'autre. «Pour le moment, on demeure avec une analyse de la région sociosanitaire. Parce que c'est principalement le réseau [de la santé] qui est affecté, mais nous allons considérer les deux régions administratives de façon distincte, confirme la Dre Godi. Quand on regarde actuellement la situation, elle est pareille des deux côtés du fleuve et ces deux régions seraient demeurées au palier rouge si on avait fait une approche sous-régionale.»

Encore des signes encourageants

Le bilan dévoilé par le CIUSSS MCQ, mercredi, continue d’être encourageant. On enregistre 31 cas, soit 18 en Mauricie et 13 au Centre-du-Québec. Le nombre de guérisons a augmenté de 67 et les cas actifs ont chuté de 42, si bien qu’on en compte maintenant 451, dont 238 en Mauricie et 213 au Centre-du-Québec.

Les hospitalisations sont aussi à la baisse dans les unités COVID de Drummondville et de Trois-Rivières. Ce sont quatre personnes de moins, dont une provenant des soins intensifs, qui s’y retrouvent. Au total, on compte 29 personnes qui sont hospitalisées, dont 4 aux soins intensifs.

La répartition des cas dans la région.

On déplore toutefois six décès qui proviennent des CHSLD, ce qui porte à 63 victimes provenant de ces milieux depuis le début de la deuxième vague.

Des vaccins à venir

Par ailleurs, après les 300 doses de Moderna qui sont attendues cette semaine, la région devrait recevoir des doses de Pfizer la semaine prochaine. En raison des retards du fournisseur, leur nombre devrait toutefois être modeste, croit la directrice régionale de la Santé publique. 

Des embauches sont d'ailleurs à prévoir au cours des prochaines semaines. Le CIUSSS MCQ est actuellement en train de planifier le tout et les personnes qui se sont inscrites à la plate-forme Je Contribue seront bientôt rappelées pour être formées. Ils devraient être appelés à participer à l'opération dans les résidences pour aînés et pour la vaccination de masse.

D'autre part, la police de Trois-Rivières n'a donné aucun constat pour non-respect du couvre-feu entre mardi soir et mercredi matin. C'est la deuxième journée consécutive que la police ne remet aucun constat de ce genre.

Avec la collaboration de Martin Lafrenière