Gilles Hudon, président-directeur général adjoint du CIUSSS MCQ et Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique.

Trois nouveaux cas en fin de semaine dans la région

TROIS-RIVIÈRES — Trois nouveaux cas de COVID-19 se sont ajoutés au décompte régional, cette fin de semaine, dont deux dimanche. Le nombre de personnes infectées est donc passé à sept au total. Bonne nouvelle: personne n’est hospitalisé.

Les trois derniers cas sont des personnes qui reviennent de voyage. Il n’y aurait donc pas encore de cas de transmission communautaire dans la région.

Toutefois, ce portrait n’est pas tout à fait représentatif puisque des résultats de tests sont en attente. «Plus vite on aura les résultats, mieux on aura un portrait représentatif de la situation», souligne Marie-Josée Godi, directrice de la santé publique au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ). Avec l’ajout de laboratoires de dépistage, le nombre de cas en attente devrait diminuer graduellement. D’ailleurs, le laboratoire de dépistage au Centre hospitalier affilié universitaire régional de Trois-Rivières (CHAUR) devrait entrer en fonction plus tôt que prévu, possiblement dès la semaine prochaine.

La cible du gouvernement est d’obtenir les résultats dans un délai de 24 à 48 heures. Notons que dans la région, plus de 700 personnes ont été testées depuis le début de l’épidémie.

À Montréal, une clinique de dépistage de la COVID-19, sans rendez-vous, sera mise en place à compter de lundi matin. Le CIUSSS MCQ s’est penché sur la possibilité de créer une telle clinique, mais comme les centres désignés de la région ne sont pas à pleine capacité, cela a été écarté pour le moment. En effet, les quatre centres de dépistage ont une capacité totale de 800 à 1000 patients par jour, et présentement, l’achalandage est de 200 à 250 patients.

Même si la Mauricie-Centre-du-Québec compte moins de personnes infectées que certaines régions, il est tout aussi important que la population respecte les différentes règles de confinement, souligne le CIUSSS.

«C’est difficile pour l’ensemble de la communauté, pour chacun de nous, ça restreint les libertés, ça change notre façon de vivre, mais c’est important pour les prochaines semaines si on veut freiner la propagation de ce virus», martèle Mme Godi.

Gilles Hudon, président-directeur général adjoint du CIUSSS MCQ, tient d’ailleurs à souligner le travail de tous ceux qui œuvrent au sein du réseau de la santé.

«On va avoir besoin de tous ces gens pour passer à travers la présente crise. Je tiens à souligner le travail colossal de l’ensemble de nos intervenants et la solidarité dont ils font preuve actuellement. Encore une fois, je leur dis très sincèrement un grand merci pour leur contribution.»

URGENCES

Cette crise a des impacts imprévus notamment sur l’affluence dans les urgences. Elles sont beaucoup moins occupées qu’à l’habitude.

Par exemple, dimanche soir, l’urgence la plus achalandée dans la région était celle de Louiseville avec un taux d’occupation des civières de 75 %. Ce taux était de 56 % à Trois-Rivières et de 21 % à Shawinigan. Il y avait même aucun patient sur civière à La Tuque et à Nicolet. «Près de 70 % des gens qui se présentent dans nos urgences sont catégorisés 4 et 5. [...] Dans le contexte actuel, ils ne se présentent pas à l’urgence, ce qui est effectivement la bonne façon de faire», souligne M. Hudon.

Disons qu’on est très loin des pics atteints au début de l’année alors que les urgences affichaient des taux d’occupation dépassant leur capacité d’accueil.

«Ça fait plus de 20 ans que je suis dans la région et c’est la première fois que je vois des taux d’occupation des civières si bas», note M. Hudon.

CENTRES DE PRÉLÈVEMENT

Le CIUSSS a indiqué samedi qu’il maintenait la fermeture des centres de prélèvement du 23 au 29 mars inclusivement, dans l’optique de limiter les risques de propagation de la COVID-19. Les services sont toutefois maintenus pour les urgences, ou lorsque la condition de santé d’une personne les requiert.

Ces centres pourraient toutefois rouvrir à partir du 30 mars. Le CIUSSS indique être en train de développer un mode de fonctionnement par rendez-vous, ce qui permettrait de limiter l’achalandage et d’assurer la sécurité des gens qui ont recours à ce service. Les modalités d’accès seront annoncées prochainement.

Avec Matthieu Max-Gessler