Les livraisons sont plus populaires que jamais en raison de la COVID-19, Pierre Morand du IGA des Chenaux peut en témoigner.

Supermarchés: les derniers des Mohicans

Trois-Rivières — Alors que l’économie toute entière ferme littéralement ses portes, quarantaine ou pas, il faut bien continuer à manger. Comme les autres commerces considérés comme des services essentiels, les supermarchés demeurent fidèles au poste et tentent de naviguer dans cette tempête qui ne semble pas sur le point de s’essouffler.

Parmi les premiers impacts de cette crise, ce fut sans nul doute l’augmentation fulgurante de l’achalandage, la semaine dernière. «C’est fou. Comparativement à ça, Noël c’est une promenade dans le parc», lâche Simon Fournier, directeur de Métro Plus Fournier, situé dans le secteur Cap-de-la-Madeleine. «Ça change pratiquement tous les jours dépendamment des annonces du gouvernement», raconte Francis Desrochers, copropriétaire du IGA des Chenaux.

Selon ce dernier, pendant les premiers jours de la crise, ses ventes ont augmenté de 65 %. Il y a eu une accalmie la fin de semaine dernière. Reste à voir si les dernières annonces gouvernementales vont entraîner une nouvelle ruée vers les marchés d’alimentation.

Autre conséquence: la livraison est plus populaire que jamais. «La livraison a explosé. On a une augmentation de 70 % des gens qui utilisent notre commande en ligne ou par téléphone. On essaie de maintenir un délai de 72 heures», explique M. Desrochers. Ce IGA s’est même procuré un autre camion de livraison pour s’assurer d’avoir deux livreurs sur la route en tout temps.

Pour ce qui est de l’approvisionnement, tout était au beau fixe lundi matin, au IGA des Chenaux, à part pour certains légumes congelés et les œufs. Une situation qui devrait se régulariser au courant de la semaine. Mais bonne nouvelle: pas de problème au niveau du papier de toilette.

Tous les supermarchés ont adopté d’importantes mesures d’hygiène. Tout dépendant des entreprises, un employé nettoie la poignée des paniers d’épicerie devant le client, des employés peuvent porter des gants ou doivent se nettoyer les mains à intervalle régulier. Des panneaux de protection (plexiglas) devraient aussi être ajoutés aux caisses dans certains commerces.

Cette crise a aussi un impact des plus inattendus. Alors que les supermarchés IGA étaient très proactifs dans l’élimination des sacs de plastique, voilà que les sacs réutilisables sont maintenant persona non grata. «On encourage les gens à ne pas emporter leurs sacs réutilisables en magasin pour éviter toute source de propagation du coronavirus», explique M. Desrochers.

Le IGA des Chenaux avait déjà retiré les sacs de plastique de son commerce. Des sacs en papier et des boîtes en carton sont offerts aux clients. Éventuellement, si la crise perdure, il n’est pas impossible de voir un retour des sacs en plastique. Les clients qui souhaitent continuer à apporter leurs sacs réutilisables doivent emballer eux-mêmes leurs articles.

Par ailleurs, les magasins Provigo et Maxi vont réserver une plage horaire aux personnes âgées de 70 ans et plus ou à mobilité réduite, a annoncé, lundi, Loblaw.

Ainsi, à compter du 24 mars, du lundi au vendredi, de 7 h à 8 h, les Provigo participants et les Maxi seront exceptionnellement ouverts pour cette clientèle.

«Nous demandons à nos clients âgés de 70 ans et plus de respecter autant que possible les consignes établies par les autorités québécoises en santé publique, de rester à la maison et de se tourner vers d’autres alternatives, comme l’épicerie en ligne, ou de faire appel à un proche pour faire leur épicerie. Pour ceux et celles qui ont quand même besoin de se rendre à l’épicerie, cette plage horaire leur sera exclusivement dédiée afin de leur permettre de faire leurs achats dans un environnement moins achalandé, favorisant ainsi l’application des mesures de distanciation sociale», affirme Johanne Héroux, directrice principale, Affaires corporatives et communications, Les Compagnies Loblaw limitée.