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La Dre Marie-Josée Godi est apparue un peu plus préoccupée qu’au cours des derniers points de presse.
La Dre Marie-Josée Godi est apparue un peu plus préoccupée qu’au cours des derniers points de presse.

Soixante-trois nouveaux cas et un décès: un «signal d’alerte» à prendre au sérieux

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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Malgré une hausse du nombre de cas de COVID-19 au cours des derniers jours, et un premier décès depuis le début de la troisième vague, la directrice régionale de la Santé publique de la Mauricie et du Centre-du-Québec estime que la région a encore une certaine marge de manœuvre avant d’être considérée comme étant une région «à surveiller», mais qu’il s’agit d’un «signal d’alerte» à prendre au sérieux.

C’est ce qu’a fait savoir la Dre Marie-Josée Godi lors de son point de presse de mercredi après-midi, alors que la région a enregistré 63 nouveaux cas de COVID-19 après avoir franchi la barre des 30 et des 40 au cours des derniers jours. La moyenne de nouveaux cas par jour est d'ailleurs passée à 29, au cours de la dernière semaine. Une situation qui peut s’expliquer, à son avis, par le long congé de Pâques et le beau temps des derniers jours qui ont favorisé les rapprochements.

Ce sont en effet 28 nouveaux cas qui ont été rapportés, mercredi, en Mauricie, et 35 au Centre-du-Québec. Avec 17 guérisons, le nombre de cas actifs a augmenté de 45 pour un total de 293 en Mauricie et au Centre-du-Québec.

La progression des variants est également préoccupante, souligne la Dre Godi, alors qu’ils sont passés de 144 à 284 en une semaine. «Nous avons eu un taux en deçà de la moyenne, mais en seulement une semaine, nous avons presque doublé le nombre de cas de variants détectés par criblage, mentionne-t-elle. Avec une telle évolution, nous risquons de rejoindre ou de surpasser la moyenne québécoise au cours des prochains jours.»

On observe également une hausse sur le plan des éclosions qui sont passées de 25 à 46 au cours de la dernière semaine. Celles-ci se retrouvent principalement dans les milieux de travail ainsi que dans les milieux scolaires et de garde, mais il y en a également une qui s'est déclarée à l'Hôtel-Dieu d'Arthabaska.

Les hospitalisations ont également légèrement augmenté, passant à 19, mercredi, dont 5 aux soins intensifs. La grande majorité des patients qui sont hospitalisés sont des personnes de plus de 65 ans.

Un premier décès en près de sept semaines a également été ajouté en lien avec la pandémie. Il s’agit d’une personne âgée vivant dans un CHSLD. Il n'a toutefois pas été possible de savoir si la personne avait fait partie de la clientèle qui avait été vaccinée. 

Ne surtout pas relâcher

La Dre Godi a également insisté sur l'importance pour la population de ne pas relâcher les efforts pour demeurer au palier orange, alors que la perception du risque tend à s'amenuiser dans la région selon le dernier sondage de l'INSPQ.

«Une telle perception, jumelée à l'arrivée du beau temps, qui est propice aux contacts, aux rassemblements entre amis, fait en sorte que les comportements à risque risquent d'augmenter pour favoriser la transmission», indique-t-elle.

Celle-ci insiste également sur l'importance de se faire dépister. La capacité de traçage a été l'une des raisons qui peuvent expliquer pourquoi la situation épidémiologique de la Mauricie et du Centre-du-Québec ne s'est pas détériorée autant que d'autres à proximité depuis le début de la troisième vague, soutient la Dre Godi.

La directrice régionale de la Santé publique a également indiqué que la capacité de dépistage a été augmentée de 2000 à 2800 dans la région afin que le délai ne constitue pas un frein au dépistage. Elle insiste toutefois pour que les gens évitent de se faire dépister de façon préventive s'ils ne présentent pas de symptôme ou s'ils n'ont pas été en contact avec des personnes qui ont contracté la COVID-19.

Elle estime également que les mesures d'isolement imposées dans les écoles de la région permettent de freiner la propagation dans la communauté. «C'est pour ça que nous pensons que c'est nécessaire, malgré les impacts sur les différentes personnes touchées, pour nous permettre de demeurer dans cette situation-là», fait valoir la directrice régionale de la santé publique.

Pas encore question de zone rouge

Pour la Dre Godi, la tendance à la hausse du nombre de nouveaux cas demeure encore suffisamment sous contrôle pour que la région se maintienne en zone orange.

«L'effort à faire au cours des prochains jours est d'éviter que cette hausse s'accélère et d'avoir une croissance exponentielle de nouveaux cas, ce qui nous ferait tendre vers le palier rouge, avance-t-elle. On a encore une marge de manœuvre dans les prochains jours et les prochaines semaines pour nous maintenir au palier orange.»

Bien que la situation épidémiologique de la région s'approche peu à peu de celle de l'Estrie, elle n'est pas encore «sous haute surveillance» comme l'avait souligné le premier ministre, la semaine dernière, à propos de la région limitrophe au Centre-du-Québec.

«La hausse, en ce moment, se fait de façon soutenue, mais pas très importante. C'est ce qui fait, en ce moment, que notre région n'est pas sous surveillance. Il y a une hausse, mais elle n'est pas incontrôlée. Si on s'aperçoit qu'elle se fait de façon accélérée, on pourrait être sous surveillance, admet la Dre Godi. Aujourd'hui [mercredi], avec 63 cas, c'est un signal d'alerte, mais on espère que dans les prochains jours, on aura une tendance qui va s'inverser.»