La docteure Theresa Tam a soutenu que «l'adoption généralisée du vaccin est la meilleure chance qu'auront les Canadiens de récupérer une partie de ce que nous avons perdu».
La docteure Theresa Tam a soutenu que «l'adoption généralisée du vaccin est la meilleure chance qu'auront les Canadiens de récupérer une partie de ce que nous avons perdu».

Seule la vaccination permettra de retrouver une «normalité», estime Theresa Tam

Mike Blanchfield
La Presse Canadienne
OTTAWA - Les deux grands gardiens de la santé publique au Canada maintiennent que seule une vaccination généralisée permettra de contrôler un jour la COVID-19 et de retrouver un semblant de normalité dans nos vies.

«L’adoption généralisée du vaccin est la meilleure chance pour les Canadiens de retrouver une partie de ce que nous avons perdu et de retourner à des choses que nous chérissons, comme serrer nos proches, organiser des événements communautaires et vivre sa vie sans craindre de contracter la maladie», a déclaré la docteure Theresa Tam, administratrice en chef de la santé publique du Canada.

Mme Tam et son adjoint, le docteur Howard Njoo, ont formulé cette évaluation mardi à Ottawa alors que le gouvernement Trudeau annonçait, la veille, sa plus récente initiative visant à acheter des dizaines de millions de doses de ces potentiels vaccins, en signant des accords avec deux fabricants américains.

Les deux récentes ententes permettraient au Canada d’acheter jusqu’à 76 millions de doses d’un candidat vaccin à Novavax, du Maryland, et jusqu’à 38 millions de doses du vaccin en cours de développement à la société Janssen, de Johnson & Johnson. Le mois dernier, le gouvernement avait signé des accords similaires avec les américaines Pfizer et Moderna, qui donneraient accès à 76 millions de doses supplémentaires. Un cinquième contrat est en cours de négociation.

Le docteur Njoo a admis mardi qu’on ignorait encore précisément le pourcentage de Canadiens qui devraient se faire vacciner si l’on veut obtenir une large immunité communautaire. Mais il est important, selon lui, que le plus grand nombre possible de gens se fassent vacciner.

La docteure Tam a expliqué que cette cible est mouvante, car les connaissances sur la COVID-19 et le SRAS-CoV-2 évoluent constamment. À des fins réglementaires, a-t-elle dit, ce seuil de vaccination pour atteindre une «immunité de groupe» doit être réévalué en permanence.

«Selon un consensus international, on devrait atteindre au moins environ 50 %», a déclaré Mme Tam, en ajoutant qu’il n’y avait tout simplement pas de réponse claire et définitive en cette matière. Selon elle, on en saura plus lorsque les données des essais cliniques de phase 3, en cours, seront disponibles. «Il s’agit de rester ouverts aux données probantes et d’être flexibles.»

À l’heure actuelle, il semble y avoir une faible immunité de groupe dans le monde, ce qui fait dire à Mme Tam qu’«il sera très important d’obtenir un taux de vaccination suffisamment élevé».

Vaccin obligatoire?

Faudra-t-il alors rendre le vaccin obligatoire? «Il est plus important de sensibiliser et de changer peut-être les attitudes des personnes qui sont peut-être un peu plus réticentes à recevoir le vaccin, au lieu d’avoir un règlement», a estimé le docteur Njoo. Sa collègue Tam a soutenu que «l’adoption généralisée du vaccin est la meilleure chance qu’auront les Canadiens de récupérer une partie de ce que nous avons perdu».

Selon le docteur Njoo, un vaccin «efficace, mais aussi sécuritaire» pourrait être disponible quelque part en 2021 - «peut-être au printemps ou un peu plus tard», a-t-il dit. «Nous sommes très optimistes ici au Canada, et parce qu’il y a un certain nombre de vaccins candidats en cours d’évaluation», a-t-il déclaré. «Mais c’est une très bonne chose de rester optimiste.»