Retour en classe pour de nombreux élèves en Ontario

La Presse Canadienne
TORONTO — Plusieurs élèves de l’Ontario ont commencé à retourner en classe mardi pour la première fois depuis le 13 mars, lorsque les cas de COVID-19 ont commencé à augmenter au pays.

Cet automne, les conseils scolaires offriront un mélange de cours en personne et d’apprentissages en ligne, pour les élèves qui resteront à la maison. Certains conseils scolaires ont rouvert leurs écoles mardi, tandis que d’autres commenceront les cours d’ici les deux prochaines semaines.

À Ottawa, où certains élèves sont déjà retournés en classes la semaine dernière, les responsables de la santé publique ont indiqué que des cas de COVID-19 avaient été signalés dans cinq écoles catholiques francophones - quatre à l’élémentaire et une au secondaire. La Dre Vera Etches, directrice de la santé publique d’Ottawa, a précisé sur les ondes de CBC qu’il s’agissait de transmissions dans la communauté, pas à l’école. Dans la plupart des cas, les élèves qui avaient côtoyé ces camarades infectés, à l’école ou dans l’autobus scolaire, devront s’isoler à la maison pendant deux semaines, a-t-elle dit.

Le conseil scolaire d’Ottawa-Carleton a indiqué de son côté qu’une cohorte de première année du secondaire a commencé son orientation mardi, et que les autres élèves reviendront en classe, progressivement, d’ici deux semaines.

La Dre Vera Etches

Le mois dernier, le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, avait autorisé les conseils scolaires à échelonner la réouverture des écoles s’ils avaient besoin de plus de temps pour mettre en place des protocoles de sécurité. Par exemple, les élèves du secondaire au conseil scolaire du district de Peel ont commencé leur orientation mardi alors que ceux du primaire commenceront mercredi. De leur côté, les élèves du conseil scolaire du district de Toronto ne retourneront pas en classe avant le 15 septembre.

Le gouvernement du premier ministre Doug Ford subit des pressions croissantes à propos de son plan de retour à l’école, qui a changé à plusieurs reprises avant la rentrée. Le ministre Lecce affirme que le plan accorde la priorité à la sécurité et que le gouvernement agira rapidement pour lutter contre les éclosions dans les écoles de l’Ontario. Il dit qu’il comprend que les élèves, les parents et les enseignants puissent être préoccupés par la rentrée.

«Je pense que tous les citoyens et tous les parents du monde entier, à la veille de la rentrée scolaire, ressentent cette angoisse dans leur coeur, a admis M. Lecce en entrevue. Mais si nous continuons à suivre les conseils de la santé publique (...), je crois que les étudiants peuvent retourner dans un environnement sécuritaire et positif.»

Le ministre ontarien de l'Éducation, Stephen Lecce

Le gouvernement a récemment publié de nouvelles directives sur la façon de faire face aux éclosions potentielles de COVID-19 dans les écoles. Ces directives mettent l’accent sur la prévention et le dépistage à domicile, tandis que les enseignants et les directions seront invités à isoler tout enfant qui développe des symptômes à l’école. Les responsables de la santé publique pourront renvoyer des cohortes entières d’élèves à la maison, ou même de fermer des écoles, s’ils estiment que c’est la meilleure façon de limiter une éclosion.

Les conseils scolaires, les syndicats d’enseignants et certains parents ont demandé au gouvernement de former des classes de plus petite taille pour s’assurer que la distanciation physique soit possible et de fournir du financement suffisant pour y parvenir - embauche de personnel, location d’espaces.

Les quatre principaux syndicats d’enseignants de la province ont fait appel à la Commission des relations de travail de l’Ontario, alléguant que le plan de réouverture de l’école enfreint les lois sur la sécurité du travail. La porte-parole néo-démocrate en matière d’éducation, Marit Stiles, a déclaré qu’à partir du moment où les écoles commenceront à rouvrir mardi, elle observera comment les élèves et les enseignants arrivent à respecter la distanciation en classe. Elle déplore que malgré la pression pour réduire la taille des classes au primaire, le gouvernement a poursuivi sa stratégie.

«Je pense que nous espérions tous que le gouvernement comprendrait le message lancé par les parents, a-t-elle déclaré. Je pense que le gouvernement croit vraiment qu’il peut rejeter la faute sur les travailleurs de l’éducation et les conseils d’administration et hausser les épaules.»