En raison de la panique causée par la COVID-19, Éric Provost a décidé de quitter la Floride deux semaines plus tôt que prévu.
En raison de la panique causée par la COVID-19, Éric Provost a décidé de quitter la Floride deux semaines plus tôt que prévu.

Retour en catastrophe pour des «Snowbirds» de la région

TROIS-RIVIÈRES — Ce qui devait être un séjour agréable loin du froid s’est transformé en source d’angoisse pour un Mauricien et ses parents qui s’apprêtent à quitter la Floride pour rentrer d’urgence au pays.

Après avoir hésité quelques jours, à la merci des nouvelles plus alarmantes les unes que les autres qui lui arrivaient, Éric Provost a décidé de plier bagages et de rentrer au Québec deux semaines plus tôt que prévu. Propriétaire d’un casse-croûte dans le secteur de Pointe-du-Lac, ce résident de Maskinongé craint les conséquences pour lui, mais surtout pour son commerce, s’il se retrouvait coincé au sud de la frontière canadienne.

«Normalement, je reviens trois semaines avant l’ouverture du commerce pour faire les préparations. Avec la panique, on ne sait plus vraiment sur quel pied danser. Mais avec les informations que j’ai vues ce matin, je suis en train de préparer la fermeture de la maison. Je loade le pick-up et je pars le plus vite possible. Ce serait déraisonnable d’étirer ça plus longtemps», raconte-t-il.

Il n’est pas le seul à préférer écourter ses vacances de crainte que son commerce soit affecté. «J’ai un ami qui est aussi propriétaire d’un restaurant, à Drummondville. Il séjourne sur la côte ouest des États-Unis. Il m’a dit: préviens-moi si tu rentres, je vais rentrer aussi», relate M. Provost.

La perspective de rester en isolement volontaire pendant deux semaines chez lui n’embête pas le «snowbird» outre mesure. C’est plutôt le climat d’incertitude qui a usé M. Provost.

«J’ai passé au moins trois jours à me demander: qu’est-ce qu’on doit faire? C’est juste ce matin qu’on m’a transmis l’information qu’on pourrait être mis en quarantaine forcée. On nous a fortement conseillé de revenir, donc je vais suivre ce conseil», mentionne-t-il.

L’inquiétude de M. Provost était encore plus grande pour ses parents, notamment pour son père âgé de 80 ans, qui se trouvaient avec lui jusqu’à samedi soir. Ils devaient normalement prendre l’avion et arriver à l’aéroport de Montréal tard samedi soir. «Ce n’est pas une situation bien plaisante pour des gens de cet âge-là», souligne-t-il.

La panique qui a gagné les États-Unis après que le président Donald Trump a déclaré l’état d’urgence, plus tôt cette semaine, n’a pas contribué à le rassurer. Comme on a pu le voir au Québec, jeudi soir et vendredi, les épiceries ont été prises d’assaut par des hordes de personnes craignant la pénurie.

M. Provost compte donc prendre la route lundi et revenir au pays. Il espère faire quelques provisions sur la route avant d’arriver en sol canadien, en prévision de son isolement volontaire. Il espère cependant que les douaniers feront preuve de souplesse avec la situation causée par le COVID-19.

«Je ne sais pas si le gros bon sens va prévaloir, mais il me semble qu’il vaut mieux passer des items qui ne sont pas autorisés plutôt que de me rendre à l’épicerie», estime-t-il.