Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.
Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda.

Québec rendra obligatoire le port du masque dans les transports en commun

QUÉBEC — À ce stade-ci de la pandémie de COVID-19, le «pire danger» qui guette le Québec est l'oubli, a déclaré le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, en laissant entendre que le port du masque sera bientôt rendu obligatoire dans le transport en commun.

En conférence de presse à Québec, lundi après-midi, le Dr Arruda a encore une fois déploré un relâchement dans le respect des consignes sanitaires, comme la distanciation physique et le port du couvre-visage.

«C'est important de ne pas oublier que ce virus-là existe encore», a-t-il déclaré, en réitérant qu'il s'attend à une deuxième vague de contagion ou du moins, à «des vaguelettes».

«Nous avons tous la responsabilité de nous préparer.»

Pour ce faire, le port du masque obligatoire dans les systèmes de transport collectif est une mesure «très, très fortement évaluée actuellement».

«Je vous invite à écouter les points de presse des prochains jours pour voir ce qu'il en est», a-t-il lâché.

Shawinigan se range derrière la Santé publique

Questionnée sur cette possible décision de la Direction nationale de santé publique, le président de la Régie de transport en commun de Shawinigan, Jean-Yves Tremblay, s'est dit complètement en accord avec les réflexions du Dr Arruda. Ainsi, si le port du masque devient impératif dans les transports en commun de la province, il fera le nécessaire pour adapter ses services le plus rapidement possible.

«De notre côté, on suit à la lettre les recommandations du ministère. Bien qu'on n'ait pas le même nombre d'usagers dans nos autobus que les villes comme Montréal, je trouve qu'il est bénéfique de favoriser le port du masque dans les endroits où les gens n'ont pas le choix d'être près les uns des autres. On tend à croire que la pandémie est terminée, mais ce n'est vraiment pas le cas», a-t-il fait savoir.

L'efficacité du modèle louangée

L'heure était également aux bilans pour le directeur national de santé publique. Dans le cadre de sa tournée des régions, qui l'a amené à rencontrer les autorités sanitaires de la Capitale-Nationale, lundi, il a salué leur modèle d'organisation «très agile», qui saura selon lui se remettre en marche au moindre signe de résurgence du virus.

«Je veux souligner le travail exemplaire des équipes de santé publique. Je leur demande de prendre un peu de respiration et de brèves vacances pour être prêts à réattaquer, le cas échéant, au cours des prochaines semaines ou mois.»

Le directeur régional de santé publique, François Desbiens, s'est fait l'écho de son collègue en mettant la population en garde contre la présente «accalmie estivale».

«Si on baisse la garde, le virus n'attend que des opportunités de transmission», a-t-il martelé.

Le Dr Desbiens, qui quittera bientôt ses fonctions, a tenu à souligner que la région de la Capitale-Nationale, qui représente 10 % de la population de la province, n'a enregistré que 3 % des décès liés à la COVID-19 au Québec.

Avec la collaboration de Pierrick Pichette