Louis Bouchard est entraîneur au Centre national d’entraînement Pierre-Harvey, à Saint-Ferréol-les-Neiges.
Louis Bouchard est entraîneur au Centre national d’entraînement Pierre-Harvey, à Saint-Ferréol-les-Neiges.

Quand motivation rime avec compétition pour les fondeurs québécois

MONTRÉAL — Comment motiver les meilleurs athlètes québécois en ski de fond alors que l’incertitude plane quant à la présentation d’un calendrier de compétitions l’hiver prochain ? Voilà le défi auquel s’attaque Louis Bouchard, entraîneur au Centre national d’entraînement Pierre-Harvey (CNEPH) de Saint-Ferréol-les-Neiges.

Sa solution ? Mettre en place un circuit régional de compétitions multisport réservé aux 14 athlètes du Centre.

À l’heure actuelle, le circuit comptera douze épreuves réparties entre le début juin et la mi-octobre dans la région du mont Sainte-Anne. Dix seront disputées en ski à roulettes et deux en course à pied. Des bourses seront à l’enjeu à chaque course et d’autres seront remises aux athlètes « révélation » et aux gagnants du classement cumulatif du circuit.

« On essaye de rendre ça le plus stimulant possible dans une période qui sera un peu bizarre. Les buts sont à court terme en ce moment et non à long terme, car on ne sait pas s’il y aura un circuit de compétitions cet hiver », mentionne Bouchard, qui ajoute que des athlètes de la relève québécoise pourraient se joindre au circuit.

« Nous nous adaptons aux règles (de la santé publique), c’est-à-dire des groupes de deux personnes maximum avec le respect de la distanciation. Si ce sont des groupes de trois ou quatre personnes, elles doivent toutes demeurer à la même adresse. Ce sera la même chose pour le covoiturage », précise l’entraîneur.

Si les règles de distanciation restent en vigueur durant tout l’été, les départs individuels seront privilégiés aux départs groupés.

L’entraîneur qui a mené Alex Harvey à deux titres de champion du monde craint qu’en l’absence de compétitions de haut niveau, certains athlètes prometteurs décident de remiser leurs skis afin de se concentrer sur leurs études à plein temps.

« Il faut rester motivé, que personne n’abandonne et que le monde reste dans le sport d’élite. On ne veut pas que leur vision soit trop éloignée pour l’instant, car tout devra être réévalué chaque mois. Pour la première fois de ma carrière, mon focus n’a jamais été aussi à court terme que maintenant. J’ai hâte à la première épreuve et je ne comprends pas pourquoi je n’ai pas fait ça avant. Je pense que ça va mieux préparer les athlètes et tous vont s’améliorer. »

L’enthousiasme ne se fait pas seulement sentir du côté de l’entraîneur, mais aussi auprès des athlètes qui veulent se prêter au jeu.

« Ce sera un été excitant malgré tout ce qui se passe, croit Cendrine Browne. C’est vraiment cool de la part des coachs d’avoir créé un circuit pour nous. Ça va juste alléger l’environnement et ça va nous permettre de continuer à nous entraîner super fort. On ne sait pas s’il y aura une saison cet hiver, mais si c’est oui, nous serons vraiment prêts ! » croit celle qui mentionne être déjà très motivée à l’idée d’attaquer l’entraînement estival après avoir décroché ses meilleurs résultats de Coupe du monde à la fin de la dernière saison.

Même son de cloche du côté d’Antoine Cyr : « Quand il nous a annoncé ça, c’était motivant en tabarouette ! Avec ce qui se passe en ce moment, on ne peut pas regarder très loin, mais là, une chose est sûre : je me mets en forme, car il y a un objectif concret qui est proche. C’est super motivant pour un athlète ! »

La Coupe du monde de vélo de montagne du mont Sainte-Anne prévue à la fin août a été rayée du calendrier, sauf que des athlètes de haut niveau seront tout de même présents à quelques occasions sur la montagne de la Côte-de-Beaupré.