Pour que les femmes enceintes n’aient pas le ventre vide

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
La pandémie et le confinement provoquent un grand stress chez les personnes les plus vulnérables, notamment chez les femmes enceintes vivant en situation de précarité. La Fondation Olo lance une campagne de financement d’urgence et espère amasser 750 000 $ afin de permettre à ces femmes de se nourrir adéquatement et de donner naissance à un bébé en santé.

Au Québec, environ 5000 femmes enceintes ont actuellement besoin des services et des suivis de la Fondation Olo. Selon l’organisation, les demandes augmenteront, au cours des prochains mois, et c’est pourquoi une campagne de financement d’urgence est mise en place. 

La vulnérabilité des femmes enceintes en période de stress intense a déjà été étudiée par l’instigatrice du Projet Verglas, la chercheuse Suzanne King. Son étude a démontré que le stress pendant la grossesse a des effets négatifs sur le foetus et peut avoir un impact sur le rythme du développement de l’enfant et nuire à sa santé plus tard.

« L’insécurité alimentaire génère de l’anxiété et augmente les risques de dépression et de carences nutritionnelles. Celles-ci entraînent un risque accru de prématurité, de faible poids de naissance, de maladies chroniques et impactent le développement de l’enfant », dévoilait l’étude de la chercheuse. 

La Fondation Olo craint maintenant que des effets similaires surviennent avec la crise de la COVID-19. 

« Comme la situation actuelle risque de perdurer, il faut agir dès maintenant pour renverser les impacts négatifs et ainsi aider les bébés à naître en santé. Nous entrons dans une phase cruciale de la pandémie où il faut, plus que jamais, soutenir les femmes enceintes vulnérables. Si les banques alimentaires font un travail incroyable, elles ne peuvent constituer la seule option pendant une grossesse. Outre l’alimentation saine qui est nécessaire, le soutien psychologique en est pour beaucoup. Souvent, le seul filet social qui reste pour bien des femmes est maintenu grâce au travail des intervenantes Olo sur le terrain. Au téléphone ou en personne, leur présence est rassurante et essentielle », explique Élise Boyer, directrice générale de la Fondation Olo.

« En temps de crise, il faut apporter une attention particulière à la santé psychologique. Le contexte de pandémie pourrait faire en sorte que des familles éclatent. Il y a plus d’anxiété, les familles sont 24 heures sur 24 ensemble. Il n’y a pas d’école, de garderie et moins de soutien de la famille immédiate en raison de la distanciation. En tant qu’intervenantes, nous nous devons d’être plus sensibles et attentives aux signaux de détresse », souligne pour sa part Hélène Roy, nutritionniste au CIUSSS de l’Estrie-CHUS et intervenante à la Fondation Olo. 

La Fondation Olo a pour mission de donner une chance égale aux familles de mettre au monde des bébés en santé et d’acquérir de saines habitudes alimentaires tôt dans la vie. Il est possible de faire un don au don.fondationolo.ca.