Les répondants qui ne souhaitent pas être vaccinés invoquent surtout des préoccupations concernant la sécurité et les effets secondaires potentiels du vaccin.
Les répondants qui ne souhaitent pas être vaccinés invoquent surtout des préoccupations concernant la sécurité et les effets secondaires potentiels du vaccin.

Plus d'un Canadien sur 10 refuserait le vaccin contre la COVID-19

La Presse Canadienne
OTTAWA - La directrice de la santé publique du Canada met en garde contre la propagation en ligne de contre-vérités sur les vaccins, alors qu’un nouveau sondage suggère qu’une partie des Canadiens craignent de se faire vacciner contre la COVID-19.

La docteure Theresa Tam a exprimé son inquiétude lors d’une conférence de presse mardi, au moment où une enquête de Statistique Canada révélait que si la grande majorité des Canadiens recevraient un éventuel vaccin contre la COVID-19, plus d’une personne sur dix le refuserait.

Plus des trois quarts des répondants ont indiqué qu’il était «très probable» (57,5 %) ou «plutôt probable» (19 %) qu’ils acceptent de recevoir un vaccin. Un répondant sur sept a affirmé qu’il serait «plutôt improbable» (5,1 %) ou «très improbable» (9,0 %) qu’il se fasse vacciner contre la COVID-19.

Ces résultats sont publiés alors que les gouvernements du monde entier mettent les bouchées doubles pour concevoir un vaccin contre le coronavirus qui a infecté plus de 23 millions de personnes dans le monde, dont 126 000 au Canada.

Les répondants qui ne souhaitent pas être vaccinés invoquent surtout des préoccupations concernant la sécurité et les effets secondaires potentiels du vaccin. Ainsi, 35 % des répondants attendraient de voir si le vaccin est vraiment sécuritaire. D’autres, par contre, indiquent qu’ils ne font pas confiance à la vaccination en général.

Environ un quart des répondants, qui pouvaient donner plus d’une réponse, ont déclaré qu’ils ne jugeaient pas nécessaire de se faire vacciner, tandis qu’environ 10 % ont indiqué qu’ils ne croyaient pas du tout aux vaccins.

Selon Statistique Canada, les Canadiens plus âgés et ceux qui ont un niveau de scolarité plus élevé sont plus susceptibles de vouloir se faire vacciner contre la COVID-19.

Si la moyenne nationale des répondants qui se feraient «très probablement» vacciner est de 57,5 %, ce taux atteint par ailleurs près de 68 % dans les provinces de l’Atlantique; il est de 54 % au Québec, 59 % en Ontario et environ 56 % dans l’Ouest.

L’étude de Statistique Canada, fondée sur les résultats d’une collecte «par approche participative», repose sur les données du troisième volet de sa série d’enquêtes réalisées auprès d’environ 4000 résidents des 10 provinces canadiennes pour connaître leurs points de vue sur la pandémie de COVID-19.

L’importance de la «confiance dans les vaccins»

La directrice de la santé publique du Canada reconnaît que les autorités ont besoin de mieux comprendre ces personnes qui s’inquiètent ou s’opposent à la vaccination, afin de leur fournir toutes les informations sur la façon dont les vaccins sont approuvés par Santé Canada.

Elle a souligné l’importance de la «confiance dans les vaccins», la décrivant comme faisant partie intégrante du déploiement réussi d’une campagne de vaccination.

La docteure Theresa Tam assure que même si des efforts considérables sont déployés pour accélérer la mise au point d’un vaccin, le gouvernement fédéral ne prendra jamais de raccourcis lorsqu’il s’agira d’assurer l’innocuité d’un vaccin contre la COVID-19.

«Ce n’est pas parce que c’est un processus accéléré pour obtenir des vaccins pour les Canadiens que nous allons prendre des raccourcis sur quoi que ce soit concernant la sécurité et l’efficacité», a assuré la docteure Tam. «J’ai confiance en notre système de réglementation.»

Désinformation

Elle s’est aussi dite préoccupée par la désinformation sur les vaccins diffusée en ligne.

«Je pense que les entreprises de médias sociaux et d’internet ont des responsabilités» concernant la diffusion de fausses nouvelles, a-t-elle dit. Elle a souhaité que les différents ministères et partenaires puissent se concerter pour trouver des façons de mieux lutter contre les informations erronées qui circulent en ligne.

D’autres spécialistes de la santé publique ont déjà mis en cause l’influence grandissante des groupes anti-vaccination très actifs en ligne pour la résurgence des maladies infantiles telles que la rougeole.

Josh Greenberg, professeur de communication à l’Université Carleton qui étudie les attitudes des Canadiens à l’égard d’un éventuel vaccin contre la COVID-19, estime que des problèmes liés à l’innocuité d’un tel vaccin ne sont pas impossibles, étant donné la pression que les gouvernements et l’industrie subissent pour trouver un vaccin rapidement.

Il juge tout de même essentiel que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour contrer les campagnes de désinformation, qui ont augmenté en nombre et en influence depuis le début de la pandémie. Pour lui, il s’agit d’une «bataille pour gagner les coeurs et les esprits».

«Ce n’est pas seulement une bataille d’information qui consiste s’assurer que les gens aient des informations exactes. On doit les persuader de façon à ce qu’ils aient confiance en la véracité des informations qu’on leur fournit, et qu’ils fassent également confiance à la source de ces informations.»