Stéphane Boileau, directeur général de Tourisme Mauricie.

«On vient de basculer dans un autre monde»

Shawinigan — Le virus qui ébranle les attractions régionales incite Tourisme Mauricie à adopter des mesures exceptionnelles pour appuyer ses membres en cette période trouble. Disons que ces temps-ci, l’organisme doit répondre à des besoins bien différents par rapport aux habituelles stratégies de mises en marché qui caractérisent cette industrie à cette période de l’année.

«On vient de basculer dans un autre monde», image Stéphane Boileau, directeur général de cet organisme, confronté à une crise sans précédent moins de trois mois après son arrivée en poste.

«Écoutez, 85 % de notre industrie est composée de PME», rappelle-t-il. «Les gens veulent savoir s’il y aura un moratoire sur les paiements de taxes, sur les emprunts, s’ils auront droit à des subventions ou à des prêts. Ils nous demandent si on peut faire quelque chose contre le stress et l’anxiété des employés, si nous avons des idées pour le télétravail, quelles sont les mesures à adopter en santé publique, s’il faut savoir des choses particulières en termes de ressources humaines... Ce sont les questions qui reviennent.»

Lundi, Tourisme Mauricie a annoncé une nouvelle mesure pour répondre à ces besoins. Il s’agit d’une boîte à outils, réalisée avec la collaboration de Groupe SFP ressources humaines. Cette initiative permet aux membres de bénéficier de trois heures de consultation gratuites pour des questions d’ordre financier, psychologique, juridique ou de ressources humaines.

«Nous sommes allés chercher des ressources externes très qualifiées pour venir en aide à nos membres», précise M. Boileau. «Ça risque de nous coûter au moins 15 000 $, mais nous voulons agir très rapidement.»

Dès le 12 mars, Tourisme Mauricie avait créé une cellule d’urgence pour répondre quotidiennement aux inquiétudes des membres des six territoires de la région, de même que pour demeurer en contact avec l’Alliance touristique du Québec, le ministère du Tourisme et toutes les associations régionales à travers la province.

Tourisme Mauricie a également créé une page web sur son site qui rassemble toutes les informations pertinentes pour ses membres en cette période de crise.

Habituellement, le printemps sert à finaliser les préparatifs pour la haute saison touristique. Or, plusieurs établissements phares de la région ont déjà annoncé leur fermeture pour une période indéterminée et les conséquences de tout ce branle-bas pour l’industrie sont déjà redoutées.

«L’impact est immense», constate M. Boileau. «Les annonces de restrictions vont se poursuivre jusqu’au début mai. Nous prenons des notes et nous faisons le suivi avec nos membres.»

«Les choses vont changer; ce ne sera plus jamais pareil», croit M. Boileau. «Nous traversons quelque chose d’historique. L’important, c’est que tout le monde se serre les coudes pour que nous puissions aplatir la courbe (de croissance de la contamination).»

Les gouvernements ont déjà annoncé des mesures d’urgence pour les entreprises en général, mais rien de particulier encore pour l’industrie touristique.

«Bien sûr que la priorité, pour le moment, est la santé publique», convient M. Boileau. «Mais il est question de plan de relance et d’aide à court terme. Il devra y avoir des mesures pour venir en aide à l’ensemble de notre industrie, c’est clair. Sinon, les impacts seront catastrophiques.»