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Les garderies commencent déjà à subir les impacts des nouvelles directives sanitaires concernant les nouveaux cas de COVID-19 et les variants.
Les garderies commencent déjà à subir les impacts des nouvelles directives sanitaires concernant les nouveaux cas de COVID-19 et les variants.

Nouvelles directives sanitaires: des impacts également dans les milieux de garde

Matthieu Max-Gessler
Matthieu Max-Gessler
Le Nouvelliste
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Il n’y a pas que dans les écoles que les nouvelles directives sanitaires causent un casse-tête. Les responsables de garderies et de milieux de garde en milieu familial doivent aussi composer avec plusieurs retraits d’enfants de leur école en raison de la présence de variants de la COVID-19.

Mélanie Gélinas, présidente régionale de la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ), confirme que les cas qui ont commencé à se manifester dans les écoles, principalement au Centre-de-la-Mauricie, ont directement ou indirectement causé la fermeture de milieux de garde.

«Il y a des milieux familiaux qui sont fermés parce que des enfants des éducatrices ont été retournés à la maison. Tant qu’ils n’ont pas les résultats de leur test de dépistage, tout le monde est isolé à la maison. Ça fait en sorte qu’il y a des enfants qui retournent à la maison parce qu’ils ne peuvent pas aller à leur milieu de garde», indique-t-elle.

Tout comme le directeur général du Centre de services scolaire, de l’Énergie, Mme Gélinas craignait elle aussi les impacts des nouvelles directives sur les services de garde.

«Quand les mesures ont été annoncées, je me suis dit: quand ça va tomber dans les écoles et les garderies, ça va être épouvantable. Il faut se rappeler qu’on reçoit beaucoup de gens dans notre maison, au moins six enfants, en plus de leurs parents, mais aussi de notre cellule familiale. Ça fait beaucoup d’entrées, beaucoup de contacts», souligne-t-elle.

Mme Gélinas ajoute par ailleurs que, question de compliquer les choses encore plus, même si un écolier pouvait auparavant être confiné à sa chambre ou dans une pièce dans laquelle les enfants qui fréquentent une garderie en milieu familial n’ont pas accès, ce n’est plus possible désormais. Les milieux de garde n’ont donc d’autre choix que de fermer en attendant le résultat du dépistage.

Rappelons qu’en vertu des directives transmises par la Santé publique à ses directions régionales, dès qu’une personne présente reçoit la confirmation qu’elle est porteuse de la COVID-19, elle est présumée être porteuse d’un variant jusqu’à preuve du contraire. Cela implique donc que non seulement son entourage immédiat, mais aussi tous ses contacts potentiels doivent s’isoler à la maison de manière préventive et passer un test de dépistage. 

Dans le milieu scolaire, ces directives entraînent rapidement un effet domino, puisque les contacts potentiels sont non seulement dans la classe-bulle de l’élève, mais aussi dans l’autobus qu’il prend pour aller à l’école et revenir à la maison.

Mme Gélinas craint par ailleurs les impacts de la fin de semaine de Pâques, alors qu’elle dit avoir vu plusieurs personnes faire fi des mesures sanitaires et se rassembler.

«C’est un peu épeurant pour les prochaines semaines», mentionne-t-elle.

Problèmes de personnel

Au CPE Le Pipandor, à Shawinigan, le branle-bas de combat qui a lieu dans les écoles de ce secteur a aussi des impacts, explique la directrice générale, Valérie Thériault.

«Nos employées sont majoritairement de jeunes mères de famille. Alors avec ce qu’on vit, des employées dont les enfants sont exclus de l’école ne sont pas en mesure de travailler, puisque leurs enfants sont trop jeunes pour rester seuls à la maison», résume-t-elle.

Mme Thériault n’était pas en mesure mercredi de confirmer le nombre d’employées qui ont dû prendre congé pour cette raison. Mais avec le manque de main-d’oeuvre dans le domaine de l’éducation à la petite enfance, elle craint le pire.

«Avec le contexte de la main-d’oeuvre en ce moment, tous les employés doivent être présents, sinon ça perturbe les opérations. Pour le moment, on se débrouille, il n’y a pas de fermeture de groupes. Mais c’est préoccupant pour les prochaines semaines», souligne-t-elle.

La directrice générale du Pipandor évoque la possibilité que des employés affectés à l’administration, dont la direction des installations, doivent délaisser leurs tâches administratives pour remplacer des éducatrices qui manqueraient à l’appel.

«Disons qu’on surveille ça de près», mentionne-t-elle.

«On demande aux parents de ne pas lâcher»

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, a par ailleurs été interpellé en marge d’une conférence de presse virtuelle, mercredi, au sujet d’un CPE de Trois-Rivières qui aurait demandé aux parents de garder leurs enfants à la maison, dans la mesure du possible, en raison du manque de personnel. Le ministre a confirmé que cette directive provient de son ministère, même si elle concerne plutôt les zones rouges, ce qui n’est pas le cas de la Mauricie. Il a cependant reconnu que la pandémie accentue les problèmes de main-d’oeuvre en éducation à la petite enfance.

«Beaucoup d’éducatrices ont dû se retirer pour des raisons de santé et de prévention, et ça accentue de façon importante le manque de personnel. C’est clair que ce n’est pas une situation évidente et que ça donne des maux de tête aux parents, mais je leur demande de ne pas lâcher, parce que lorsque la pandémie va se terminer, ça va régler une partie du problème. Et avec les sommes annoncées dans le dernier budget pour former davantage d’éducatrices, ça va aussi amener une partie de la solution», a-t-il déclaré.