Manon Martel est convaincue que les gens continueront de voyager après la crise.
Manon Martel est convaincue que les gens continueront de voyager après la crise.

L’industrie du voyage va survivre

Les attentats terroristes survenus au cours des dernières années, en Europe, et celui du 11 septembre 2001, à New York, n’ont pas mis un frein à l’industrie du voyage. Ce sera la même chose après la crise de la COVID-19, même si les gens seront peut-être « un peu frileux » à la reprise, assure Manon Martel, directrice régionale de l’Association canadienne des agences de voyages (ACTA) pour le Québec.

L’industrie du voyage a été complètement chamboulée – voire même arrêtée –, à la mi-mars, lorsque le gouvernement a recommandé aux Canadiens d’éviter tous les voyages non essentiels à l’extérieur du pays, et ce, jusqu’à nouvel ordre. La recommandation n’est toujours pas levée, alors c’est tout un branle-bas de combat qui touche actuellement les agences de voyages. La plupart sont à effectifs réduits, plusieurs mises à pied ont eu lieu, et les employés qui restent s’affairent à régler les annulations de forfaits, les remboursements, les crédits-voyage, etc.

« Ça fait 38 ans que je suis dans le domaine, j’ai été conseillère en voyages pendant 30 ans, et je n’ai jamais vu une crise de force majeure comme celle-là. Tout le monde travaille pour que tout le monde s’en sorte le mieux possible », mentionne Mme Martel.

Néanmoins, Manon Martel croit que les gens vont reprendre confiance et continuer de voyager. La directrice régionale de l’ACTA s’attend même à ce que la crise amène un peu de positif, car elle croit que l’industrie fera certaines modifications, notamment au niveau de la salubrité, et ce, même s’il existait déjà certaines règles strictes. Elle donne comme exemple les bateaux de croisière « qui sont déjà très propres, mais qui seront encore plus scrutés à la loupe, pense-t-elle. Beaucoup de choses vont changer, que ce soit pour les compagnies de croisière, les chaînes hôtelières, etc. ».

Tout le monde touché

Cette dernière rappelle que tout le monde est touché par la crise, tant les voyageurs que les agences, les grossistes, les tours opérateurs, les compagnies aériennes, etc. Personne ne doit donc « regarder son petit nombril », rappelle-t-elle.

« On gère les annulations, on y va au jour le jour. On règle les dossiers selon les dates de départ. On a su que Sunwing, Air Transat et Air Canada étaient au sol jusqu’au 31 mai, alors on en est à régler ces forfaits-là. Au départ, des crédits étaient offerts jusqu’à la fin de 2020, et là, c’est rendu en 2022. Différentes choses sont mises en place, mais il y a aussi beaucoup de choses qui viennent du gouvernement et même de l’international. Ce n’est pas qu’une crise du Québec ou du Canada. C’est mondial. Tout le monde vit la même chose que nous, tout le monde travaille pour que le consommateur soit le moins brimé possible et pour éviter la faillite des entreprises », explique Mme Martel.

Outre le crédit voyage, cette dernière explique que les voyageurs peuvent se tourner vers leur assurance annulation ou leur carte de crédit. Il y a également le Fonds d’indemnisation des clients des agents de voyages (FICAV) de l’Office de protection du consommateur (OPC) qui peut rembourser le voyage si tous les critères sont remplis. Il s’agit d’une protection financière dont bénéficient ceux qui font affaire avec les agences de voyages titulaires d’un permis de l’OPC. Il n’a cependant pas été possible de savoir combien de réclamations ont été faites jusqu’à maintenant auprès de l’OPC qui a nommé PricewaterhouseCoopers inc. comme gestionnaire des réclamations auprès du FICAV.