L’hôpital de Chicoutimi admet ses deux premiers cas

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a procédé à ses deux premières admissions à l’hôpital de Chicoutimi, en soins de courte durée, depuis le début de la pandémie, tandis que le virus continue de mettre à mal le personnel du réseau de la santé.

Les deux seules hospitalisations ne témoignent pas nécessairement des problèmes de santé causés par la maladie. Sans donner les nombres, le directeur de la Santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean a convenu qu’il y avait dans les personnes infectées au CHSLD de la Colline et à l’infirmerie des sœurs Antoniennes-de-Marie des personnes d’un âge avancé avec, dans plusieurs cas, une santé fragile.

Le CIUSSS transmet aux médias les données qui remontent à 16h la veille. Selon ce décompte, la région comptait cinq cas de plus que la veille avec 123 personnes confirmées. De ce nombre, 38 personnes sont guéries depuis le début de la pandémie.

Après des éclosions au CHSLD de la Colline et dans le service d’obstétrique de l’hôpital de Chicoutimi, le CIUSSS a été dans l’obligation de retirer un médecin du service d’urgence de l’hôpital de Jonquière en raison de son historique épidémiologique (un second test est en cours), en plus de 8 membres du personnel qui ont eu des contacts dans cette situation de contamination.

Au total, le CIUSSS a déjà retiré pas moins de 40 travailleurs afin de réaliser des enquêtes épidémiologiques en plus des 11 dont la contamination a été confirmée. « Un peu partout dans le monde, on voit que le personnel de la santé est exposé de façon importante », insiste le docteur Donald Aubin, qui n’a pas identifié de cause particulière à cette situation, à savoir si ce sont des comportements imprudents de personnes qui se présentent pour recevoir des soins ou un manque d’équipement. Il s’agit, selon le médecin, d’une réalité associée à ce virus.

Stabilisation

Dans les nouvelles positives de la journée, le directeur de la Santé publique a confirmé une stabilisation dans les foyers d’éclosion du CHSLD de la Colline avec 17, à l’infirmerie des Antoniennes-de-Marie avec 18 cas et finalement à la Villa Saint-Alexis avec 17 cas, dont certains sont possiblement reliés à un virus moins dangereux, mais qui donne des symptômes similaires à ceux associés au coronavirus.

Il faut noter qu’il y a également des membres du personnel des Antoniennes-de-Marie ayant été infectés dans le cadre de leur travail qui sont aujourd’hui en isolement, mais leur nombre n’a pas été confirmé.

Par ailleurs, un premier cas de coronavirus a été confirmé dans les limites de la MRC Maria-Chapdelaine.

Il est beaucoup question dans les médias de situations difficiles que vivent les familles dont un parent est atteint de la COVID-19 et qui réside en CHSLD. Le Quotidien est en lien avec une famille qui doit malheureusement vivre cette expérience depuis déjà plusieurs jours avec une résidente du CHSLD de la Colline.

« Depuis le début, le personnel nous informe régulièrement. Le médecin a également communiqué avec ma mère. On est bien informé. Nous n’avons aucune inquiétude pour la qualité des soins. Elle a toujours reçu de bons soins depuis qu’elle est au CHSLD et nous sommes convaincus qu’elle a de bons soins », a indiqué au Quotidien la petite-fille de la résidente qui combat le coronavirus.

De façon globale, 2269 tests ont été réalisés jusqu’à maintenant dans la région. De ce nombre, 1894 ont été infirmés et le CIUSSS est en attente pour les résultats de 252 tests.

Le directeur de la Santé publique a d’autre part expliqué que la mise en place des mesures additionnelles pour contrôler l’état de santé du personnel du CIUSS se poursuivait. Ce qui comprend la prise de température à l’entrée des établissements ainsi que les réponses à quatre questions qui permettent d’identifier une problématique de santé. Le spécialiste est convaincu que l’ajout de ces mesures peut permettre d’influencer la propagation du virus.

Le laboratoire du CIUSSS situé à l’hôpital de Chicoutimi a une capacité d’analyse de l’ordre de 225 tests par ajour. Le chef médical du laboratoire, le docteur Doria Grimard, affirme qu’il serait possible d’en augmenter la capacité avec l’ajout d’un quart de travail.

Les techniciens peuvent obtenir des résultats après 15 ou 16 heures à partir du moment où le prélèvement est livré au laboratoire. Selon le médecin, des modifications seront faites dans les tests, au cours des prochains jours, et permettront d’apporter des améliorations au chapitre de la fiabilité du diagnostic.