Lewis Hamilton ressentirait un «grand vide» s'il devait disputer des Grand Prix à huit clos.
Lewis Hamilton ressentirait un «grand vide» s'il devait disputer des Grand Prix à huit clos.

Lewis Hamilton croit que la Formule 1 sans fans laisserait un grand vide

PARIS — Conduire une voiture sur des pistes de Formule 1 en l'absence de fans pour acclamer les pilotes sur les circuits de Silverstone et de Monza laisserait le champion en titre Lewis Hamilton face à un «grand vide».

Les dix premières courses au calendrier, incluant celle de Montréal, ont été soit reportées ou annulées dans la foulée de la pandémie de coronavirus. Le prestigieux Grand Prix de Monaco n'a pas été épargné et n'aura pas lieu pour la première fois en 66 ans.

Les dirigeants de la F1 gardent espoir d'amorcer la saison au début de juillet avec un programme double en Autriche, et que de 15 à 18 des 22 courses au calendrier peuvent être complétées.

Mais chacune d'entre elles aurait lieu devant des gradins déserts jusqu'à ce qu'il soit sécuritaire de les accueillir.

«Ce sera très vide», a déclaré le Britannique samedi, en faisant référence à l'ambiance sobre des essais d'avant-saison en Espagne.

«Pour nous, ça va être comme une journée de tests, probablement même pire qu'une journée de tests dans un sens, a ajouté le pilote Mercedes. Lors d'une journée de tests, il n'y a pas beaucoup de gens à Barcelone, mais il y en a quand même quelques-uns.»

Cependant, la tenue de courses sous n'importe quelle forme apporterait un sentiment de stimulation qui serait bien accueilli par les gens pendant le confinement.

«Je reçois des messages de gens de partout au monde qui vivent des moments difficiles pendant la période actuelle parce qu'ils n'ont pas la chance de regarder du sport», a fait remarquer Hamilton dans une vidéo mise en ligne par Mercedes.


« Ça vient démontrer à quel point le sport est important dans la vie des gens. Ça nous rassemble et c'est si excitant et captivant. Je ne sais pas à quel point ce sera excitant pour les gens qui regarderont à la télé, mais ce sera mieux que rien. »
Lewis Hamilton

Hamilton avait été félicité pour avoir remis en doute, publiquement, le bien-fondé de présenter le Grand Prix d'Australie comme prévu, le 15 mars. Éventuellement, la course inaugurale du calendrier a été annulée mais seulement deux jours avant la tenue de l'épreuve, pendant que des spectateurs continuaient de faire la file pour acheter des billets.

Hamilton avait profité de la première conférence de presse officielle avec les pilotes de la F1 pour dire qu'il était sidéré de voir que les organisateurs comptaient tenir la course, qui attire plus de 300 000 personnes pendant quatre jours.

Les dirigeants de McLaren ont annoncé leur retrait avant même que l'épreuve ne soit annulée, après qu'un membre de l'équipe eut subi un test positif au coronavirus. Les représentants de Mercedes ont écrit à la FIA et aux responsables de la F1 et demandé que la course soit annulée. Ils avaient entamé les préparatifs pour quitter le site avant que la décision ne soit annoncée.

Toute l'expérience vécue à Melbourne s'est transformée en grand manège d'incertitude.

«Ce fut un vrai choc pour le système. De toute évidence, ce jeudi, j'ai fait part de mon opinion sur la pertinence d'être là ou non», a déclaré Hamilton.

«Puis, de se réveiller le lendemain, honnêtement, excité à l'idée de m'asseoir dans la voiture et d'apprendre, ensuite, que nous n'irons pas sur la piste, c'était très, très surréel.»

Hamilton a fait ses débuts en F1 en 2007. Il a gagné son premier titre l'année suivante avec McLaren avant d'en ajouter cinq avec Mercedes. Toutes ces années ont été un tourbillon d'envolées internationales et Hamilton a gagné 84 des 250 courses auxquelles il a pris part.

«Je ne me souviens pas d'une période où j'ai passé six semaines au même endroit. C'est très, très inhabituel quand on sait que nous sommes toujours sur la route. Il a fallu s'y habituer», a fait remarquer Hamilton.

Face à toute cette incertitude, Hamilton est parvenu à maintenir son poids.

Lui qui s'est possiblement présenté aux tests d'avant-saison, en février, dans la meilleure condition physique de sa carrière, malgré le fait qu'il soit âgé de 35 ans, Hamilton est demeuré en pleine forme.

«Je pense que mon poids est probablement demeuré le même. Quand on a du temps comme ça, vous pouvez vous concentrer sur certaines choses, sur des points faibles, des choses pénibles comme les muscles des mollets», a raconté Hamilton.

«Il y a des forces et des faiblesses partout sur notre corps. Lorsque vous allez au gymnase, souvent vous travaillez sur les gros muscles, mais pas nécessairement les petits.»