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Les variants de la COVID-19 ont atteint pour la première fois la Gaspésie et la Côte-Nord.
Les variants de la COVID-19 ont atteint pour la première fois la Gaspésie et la Côte-Nord.

Les variants se faufilent en Gaspésie et sur la Côte-Nord

Simon Carmichael
Simon Carmichael
Initiative de journalisme local - Le Soleil
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Les variants préoccupent toujours dans l’Est-du-Québec. Alors que le Bas-Saint-Laurent rapporte une trentaine de cas par jour, la région continue à retenir son souffle. La Côte-Nord et la Gaspésie, jusque-là épargnées, sont toutes deux aux prises avec des éclosions inquiétantes qui menacent de se propager.

Toujours parmi les secteurs avec le plus haut taux d'incidence, le Bas-Saint-Laurent peut sembler avoir réussi à freiner la hausse rapide de son nombre de cas quotidiens. En regardant les données des derniers jours, on pourrait croire à un «plateau» d’une quarantaine de cas par jour. Pas si vite, nuance cependant la santé publique.  «Ça serait prématuré de dire que ça commence à se stabiliser», met en garde le conseiller aux relations médias du CISSS Bas-Saint-Laurent, Gilles Turmel.

«On semble avoir atteint un plateau, mais c’est encore très fragile», ajoute-t-il. Les bilans encourageants des derniers jours pourraient aussi être attribuables à une baisse de la cadence du dépistage, notamment en raison du long congé férié. «Les gens ont moins tendance à se faire tester lors des fêtes. C’est normal, mais il faut garder ça en tête.»

Au cours de la dernière semaine, la région a rapporté un impressionnant bilan de 251  nouvelles infections, dont la quasi-totalité est dans les secteurs de Rivière-du-Loup, où l’on rapporte 193 cas actifs, et du Kamouraska, où environ 90 personnes sont toujours atteintes par la maladie. La MRC du Témiscouata est aussi «sous surveillance», selon M. Turmel. Au cours des derniers jours, plusieurs cas possiblement liés aux variants s’y sont ajoutés.              

Bien que l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) ne rapporte officiellement que 403 cas de variants, la santé publique bas-laurentienne est assez confiante que la grande majorité des cas des dernières semaines y est reliée. Si on ne peut pas encore identifier officiellement la souche installée au Bas-Saint-Laurent, tout porte à croire qu’il s’agit du variant Britannique. 

Les classes en personnes ont repris dans certaines écoles du Kamouraska, mais ce n'est pas le cas à Rivière-du-Loup, où tous les cours sont en ligne. 

Des cas chez des travailleurs étrangers inquiètent en Gaspésie

La péninsule gaspésienne est pour l’instant épargnée par la troisième vague de COVID-19, mais une récente éclosion parmi un groupe de travailleurs étrangers fait craindre le pire. Deux mexicains venus en Gaspésie pour travailler dans l’usine de transformation de fruits de mer E Gagnon & Fils de Sainte-Thérèse-de-Gaspé ont reçu un diagnostic positif lors de leur arrivée dans la péninsule. La compagnie, qui avait déjà dû gérer une éclosion en avril 2020, a dû mettre en isolement une quarantaine de travailleurs. 

« Ces gens-là ont passé le test au pré-embarquement, puis un deuxième test au jour 10, et ensuite un troisième. Après 17 jours, tout le monde était négatif. À l’entreprise, on voulait aussi avoir des tests à l’arrivée ici. On s’est fait répondre qu’on devait payer. On a commandé les tests. On était rendus au 18ème jour. Deux des tests sont positifs. On se pose des questions sur ce qui s’est passé à Montréal, dans les hôtels recommandés par le gouvernement, des hôtels qui sont supposés être surveillés. Qu’est-ce que se serait passé si on n’avait pas demandé un quatrième test ici? Les travailleurs seraient rentrés à l’usine, où nous avons 450 personnes à l’ouvrage. Ils n’ont pas été en contact avec les gens de l’usine. Ils sont en quarantaine dans quatre maisons et nous leur donnons les services requis », explique le vice-président de la firme E. Gagnon et Fils, Bill Sheehan.

Il espère que les travailleurs mexicains ne connaitront pas d’autres ennuis avec le coronavirus. Ils subiront de nouveau un test dans quelques jours. Leur entrée à l’usine est maintenant prévue pour le 20 ou le 21 avril. 

La Côte-Nord sur un pied d’alerte

Sur la Côte-Nord, un des variants du coronavirus a fait son apparition dans la dernière semaine. Les résultats du criblage ne sont pas encore totalement connus, «mais tout porte à croire que ce serait le variant britannique», a laissé entendre le médecin conseil en santé publique pour la région, le Dr Richard Fachehoun.

Au cours de la semaine dernière, on a répertorié une quinzaine de nouveaux cas d’infection reliés à la COVID-19, dont au moins sept seraient des variants. Quatre de ces cas de variants sont enregistrés en Haute-Côte-Nord, où on rapporte des éclosions dans un milieu de travail et un club sportif. Les mesures sanitaires ont aussi été resserrées dans les écoles de ce territoire.

Il y aurait deux autres cas de variants dans la Manicouagan et un dernier dans Caniapiscau, selon les derniers chiffres du CISSS de la Côte-Nord. Dans les deux cas, il s’agit là aussi d’éclosions en milieu de travail.

Habituellement plus contagieux, ces cas impliquant un variant n’ont quand même pas explosé sur la Côte-Nord. On a rapporté deux nouveaux cas d’infection au coronavirus samedi, deux autres dimanche, trois lundi, mais seulement un nouveau mardi.

Les joueurs et le personnel hockey du Drakkar de Baie-Comeau et de l’Océanic de Rimouski, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, sont pour leur part en isolement obligatoire pour 14 jours.

Il n’y a pas eu de cas de COVID déclarés au sein des deux clubs, mais ils ont joué tous deux des matchs la semaine dernière contre les Remparts de Québec, où quatre cas ont été rapportés. La ligue prend donc ce moyen préventif pour éviter une éventuelle propagation du virus.

Avec la collaboration de Gilles Gagné et de Steeve Paradis.