Le premier ministre François Legault
Le premier ministre François Legault

Les Québécois tiédissent sur la gestion de la COVID-19 par François Legault

Lina Dib
La Presse Canadienne
OTTAWA - Les sentiments des Québécois envers leur premier ministre commencent à tiédir, à en croire un sondage mené conjointement par la firme Léger et l’Association d’études canadiennes.

Depuis le début de la crise de la COVID-19, les Québécois avaient manifesté leur grande appréciation de la gestion de François Legault; un taux de satisfaction allant de 91 % à 95 % a été enregistré pendant les six premières semaines.

Ce taux est passé à 88 % la semaine dernière et le voilà qui chute à 77 %.

Comment s’explique le changement d’humeur?

«Sur les questions de réouverture et de déconfinement, ce n’est pas tout le monde qui pense de la même façon», note Christian Bourque, vice-président exécutif et associé chez Léger. «Cette unanimité qui était là au départ, je pense qu’elle n’est plus objectivement possible», fait-il remarquer.

Mais M. Legault peut se consoler. Si à 95 % de satisfaction, il faisait sursauter les habitués des sondages politiques, à 77 % il ne fait que rejoindre Justin Trudeau qui, selon ce même sondage, satisfait 76 % des Québécois.

«Là, il est dans la moyenne des autres», souligne M. Bourque. Les homologues provinciaux de M. Legault enregistrent, cette semaine, des taux de satisfaction allant de 62 % (l’Albertain Jason Kenney) à 88 % (le Britanno-Colombien John Horgan).

Alors que reprend une certaine activité commerciale et scolaire un peu partout au pays, le sondeur a posé une nouvelle question cette semaine. Et la réponse offerte par les Canadiens l’a fait sourciller.

«Un Québécois sur deux qui se sent stressé en sortant de la maison, c’est quand même beaucoup», se désole M. Bourque. Ils sont 57 % de Canadiens à admettre ressentir un stress à se retrouver dehors et en public; la moyenne québécoise est de 49 %.

Encore cette semaine, le sondage relève qu’»on triche un petit plus qu’avant». Les Canadiens obéissent de moins en moins aux directives des autorités. Depuis le début de cette crise, les Québécois sont tout de même les plus dociles.

À la huitième semaine, un Québécois sur trois - 33 % - admet avoir violé au moins une règle imposée. Ce n’était qu’un Québécois sur quatre - 26 % - il y a trois semaines. Et si le Québec suit la même courbe que le reste du Canada, étant de plus en plus prêt à ne pas suivre toutes les règles, il est quand même en deçà de la moyenne nationale de 39 %.

Ce sondage, effectué en ligne comme ceux qui l’ont précédé, ne permet pas le calcul d’une marge d’erreur, l’échantillon n’étant pas probabiliste. Cette semaine, ils ont été 1526 Canadiens, dont 421 Québécois, à répondre au sondage, entre le 8 et le 11 mai.