Les PME de Montréal auront une aide de 50 millions $ de Québec et Ottawa [VIDÉO]

Julien Arsenault
La Presse canadienne
MONTRÉAL —Affectées par un déconfinement plus lent à Montréal, les petites et moyennes entreprises (PME) auront droit à une aide supplémentaire totalisant 50 millions $ ainsi qu'à une bonification de l'Aide fédérale d'urgence pour le loyer commercial offerte par le gouvernement Legault.

Ottawa et Québec offriront respectivement 30 millions $ et 20 millions $ dans le cadre de ce soutien — essentiellement des prêts à faible taux d'intérêt — offert aux commerçants. On réservera 15 millions $ pour les entreprises établies dans le centre-ville.

L'aide vise les PME qui n'ont pu se qualifier pour les différentes mesures déjà offertes depuis le début de la pandémie de COVID-19.

«Étant donné qu'on ne veut pas laisser personne tomber dans les mailles du filet, nous sommes arrivés avec cette approche», a expliqué la ministre fédérale du Développement économique, Mélanie Joly, lundi, lors d'une conférence de presse où elle était accompagnée du ministre de l'Économie et de l'Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, de la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et de la ministre responsable de la métropole, Chantal Rouleau.

La distribution des fonds sera gérée par le réseau PME MTL, qui pourra conserver les sommes remboursées par les commerçants, ce qui lui permettra d'améliorer sa capitalisation. Ottawa pigera les 30 millions $ dans son Fonds d'aide et de relance régionale (FARR), qui prévoyait 211 millions $ pour les PME québécoises. Le gouvernement Legault ajoutera 20 millions $ à son programme dédié aux PME de Montréal, qui passe à 60 millions $.

En ce qui a trait au programme d'aide entourant les loyers commerciaux, les entreprises continueront de n'assumer que 25 % des dépenses. Toutefois, Québec propose d'absorber la moitié de la facture actuellement assumée par les propriétaires, qui passera désormais à 12,5 %.

Cette mesure, qui concerne les mois d'avril, mai et juin, devrait coûter environ 140 millions $ au gouvernement québécois, a expliqué M. Fitzgibbon.

«[C'est] pour permettre une plus grande adhésion par les propriétaires immobiliers, car nous trouvions l'adoption du programme un peu lente, a ajouté le ministre. Nous avons décidé d'aider ces propriétaires en réduisant la perte qu'ils doivent encourir.»

Dans sa mouture originale, l'Aide fédérale d'urgence pour le loyer commercial prévoyait que 75 % des coûts seraient assumés par le gouvernement fédéral (37,5 %), le propriétaire immobilier (25 %) et Québec (12,5 %).

Présent à l'annonce, le président et chef de la direction de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc, a estimé qu'il s'agissait de «bonnes nouvelles», mais s'est demandé si l'aide pour les loyers serait suffisante.

«S'il n'y a pas d'individus qui travaillent dans les immeubles à bureaux (en raison du confinement), qu'il n'y a pas d'étudiants et de touristes, les commerces vont continuer à souffrir», a-t-il souligné, au cours d'une mêlée de presse.

De l'avis de M. Leblanc, il faudra maintenant surveiller pour voir si les gouvernements sont prêts à prolonger leurs mesures advenant que la situation tarde à se résorber dans la métropole.