Le projet de ciné-parc de Québec a du plomb dans l’aile.
Le projet de ciné-parc de Québec a du plomb dans l’aile.

Les distributeurs se disent solidaires des salles de cinéma

Les distributeurs de films refusent de porter le chapeau pour la «mauvaise décision» prise par la Ville de Québec et disent agir par solidarité avec les salles de cinéma.

«Quand on prend une décision et que ce n’est pas la bonne, on met le blâme sur quelqu’un d’autre», lance Andrew Noble, président du Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec (RDIFQ). Il dénonce ainsi la sortie publique du maire. «Le maire a décidé une affaire sans consulter. Il s’attend à ce que tout le monde soit d’accord. Et si on ne l’est pas, on est tous des salauds», déplore-t-il, n’osant qualifier la façon dont Régis Labeaume s’est comporté en partageant avec les journalistes une lettre qui lui était adressée avant même qu’il la reçoive, dit-il.

«Je vous donne un exemple. Vous allez comprendre notre position. Si le maire décide de faire un buffet gratuit tout l’été sur la Grande-Allée pour tous les citoyens, pensez-vous que les restaurateurs seraient contents», questionne-t-il.


« Le maire [Labeaume] a décidé une affaire sans consulter. Il s’attend à ce que tout le monde soit d’accord. Et si on ne l’est pas, on est tous des salauds »
Andrew Noble, président du Regroupement des distributeurs indépendants de films du Québec

M. Noble précise que l’idée initiale était bonne. Mais que la donne change avec la réouverture prévue d’ici la fin juin de la plupart des cinémas. «On était partant. On voulait le faire pendant le confinement», précise-t-il. 

L’idée selon laquelle les films projetés par la Ville n’entraient pas en concurrence avec les cinémas ne tient pas la route, soutient-il encore.

C’est aussi l’avis de Patrick Roy, président des films Séville. «Contrairement à ce que dit le maire, ce n’est pas une action concertée. J’ai pris cette décision au nom des films Séville», lance-t-il, soulignant que l’entreprise n’était pas membre du regroupement. 

Compétition directe

«Il y a un désaccord. J’ai pris la décision par solidarité avec les salles de cinéma. Notre secteur a été fortement touché. Il est sur le point de rouvrir et on se retrouverait avec une offre gratuite. Quand on regarde la fréquence des représentations, pour nous, c’est une compétition directe avec les salles de cinéma», explique-t-il.

M. Roy aurait aimé être contacté plus tôt. «C’est une situation malheureuse. Il aurait fallu que l’équipe nous parle plus rapidement du projet. On ne savait pas qu’il y aurait huit représentations par semaine. Si c’est événementiel, c’est une chose. Là c’est une business gratuite.» 

Le distributeur affirme avoir accueilli difficilement les durs propos du maire. «Je peux vous dire qu’on se démène depuis des mois pour trouver des solutions. Et de me faire attaquer de la sorte, je trouve ça odieux.»

Si les paramètres du projet de la Ville ne changent pas, les deux hommes n’ont pas l’intention de répondre favorablement d’ici vendredi à la demande de la Ville comme elle le souhaite.

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