Mathieu Seguin, physiothérapeute
Mathieu Seguin, physiothérapeute

Les cliniques de soins de santé professionnels et thérapeutiques rouvrent

C’est un go pour les soins de santé professionnels et thérapeutiques.

Dès lundi matin, les cliniques dentaires, d’optométrie et de physiothérapie ont recommencé à recevoir leurs patients en dehors des urgences médicales.

« On a reçu la consigne de la CNESSST jeudi dernier, confie au Droit Mathieu Séguin, physiothérapeute-propriétaire chez Physio Outaouais. On a donc rapidement mis en marche notre protocole de réouverture afin de pouvoir recevoir nos premiers patients lundi matin. »

Depuis le début de la pandémie, les patients étaient traités en urgence seulement ou par télé-réadaption. Pour les 54 physiothérapeutes de l’entreprise, le travail continuera, mais avec un rythme un peu plus accéléré.

« On avait déjà pris les mesures nécessaires pour maintenir nos services en ligne ou en urgence, ajoute M. Séguin. Par contre, notre principal défi aujourd’hui est de s’assurer que nous avons assez d’équipement sanitaire pour faire notre travail en toute sécurité.»

Selon les consignes de la CNESSST, chaque professionnel de la santé doit porter le masque, les gants, la visière/lunettes et la jaquette lorsqu’il est en contact avec un patient.

« Il nous faut par exemple une jaquette différente pour chaque patient, explique M. Séguin. Si je vois 12 patients dans ma journée, il me faudra 12 jaquettes. Réparties sur une cinquantaine de physios et une quarantaine de massothérapeutes, ça commence à faire beaucoup de jaquettes ! »

Pour l’entreprise qui est en affaires depuis 1993, la réouverture de ses 10 cliniques est une bouffée d’air frais.

« C’est comme si je retrouvais un poumon sur deux, lance Mathieu Séguin. On est très heureux de retrouver un début de normalité et je dois dire aussi que nous sommes chanceux de pouvoir travailler. Il y a tellement de personnes autour de nous qui n’ont pas cette chance. »

Les optométristes

Dans les cliniques d’optométrie, c’est aussi le retour au travail, et ce, dans les mêmes conditions que celles dictées par la CNESSST et le gouvernement du Québec.

Le Dr Éric Poulin, président de l’Ordre des optométristes du Québec, confirme les mêmes appréhensions que le physiothérapeute Mathieu Séguin.

« On doit faire face à des défis importants de distanciation, insiste le Dr Poulin. Nos professionnels travaillent avec des appareils qui doivent être très près des patients donc, on devait mettre en place des protocoles très précis afin de sécuriser autant les patients que les professionnels et leur personnel. »

Tout comme les dentistes, les optométristes ont toujours été en poste pour répondre aux urgences et surtout pour amoindrir l’impact sur les hôpitaux au pire de la pandémie.

« On a toujours été disponibles pour les services d’urgence, mais aujourd’hui, on ouvre les portes des cliniques à l’ensemble de la clientèle, ajoute le Dr Poulin. On a donc fait une mise à jour de nos protocoles pour les adapter aux soins courants. »


« Depuis le début de la pandémie, nous assurons les services d’urgences afin de ne pas engorger les hôpitaux, mais plusieurs cliniques ont dû fermer leurs portes et ne sont pas encore prêtes à recevoir leurs patients. »
Dr Guy Laurence

Lui-même clinicien dans la région de Lac-Mégantic, le Dr Poulin constate que les gens réagissent bien aux mesures de distanciation et sanitaires mises en place par son ordre professionnel.

« Évidemment, en région, les gens se disent qu’on en fait trop, que la pandémie n’est pas si grave, qu’on devrait alléger les mesures, explique-t-il. Mais, nous croyons qu’il est préférable d’en faire trop que pas assez. Si nos protocoles sanitaires ont été repris par plusieurs ordres professionnels au Québec et ailleurs au pays, ce n’est pas pour rien. Nous pouvions compter sur un optométriste spécialisé en santé publique pour la rédaction de notre protocole et nous avons été plus précis que la CNESSST dans nos consignes, ce qui a inspiré l’ensemble de la profession et des autres disciplines. »

Comme chez les autres professionnels de la santé, les patients doivent respecter l’ensemble de mesures de protection, dont le port du masque et la distanciation physique. Les cliniques ont été équipées de plexiglas et des zones de triage ont aussi été aménagées.

Les dentistes

Quant aux cliniques dentaires, la majorité accueillait leurs patients lundi. Selon un sondage mené par l’Ordre des dentistes du Québec, les deux tiers des dentistes se sont dits prêts à reprendre totalement ou en partie leurs activités alors que le tiers restant n’était pas en mesure de faire de même.

« Le manque de disponibilité des équipements de projection individuelle et les exigences gouvernementales en matière de ventilation expliquent que certains de nos membres ne peuvent reprendre leurs activités professionnelles normalement, de dire le Dr Guy Laurence, président de l’Ordre, par voie de communiqué. Depuis le début de la pandémie, nous assurons les services d’urgences afin de ne pas engorger les hôpitaux, mais plusieurs cliniques ont dû fermer leurs portes et ne sont pas encore prêtes à recevoir leurs patients. »

C’est donc une reprise graduelle qui se fera dans les cliniques dentaires autant en Outaouais qu’ailleurs au Québec.

« Nous sommes conscients des défis importants auxquels sont confrontés les dentistes afin d’offrir des traitements en toute sécurité pour les patients, leurs équipes et eux-mêmes, indique le Dr Lafrance dans le même communiqué. La reprise des activités sera donc très graduelle et, dans ce contexte, nous comptons sur la compréhension et la collaboration des patients lorsqu’ils communiqueront avec leur clinique dentaire. »

Selon ce qu’on apprend sur le site maboucheensante.com mis en ligne par l’Ordre des dentistes du Québec, les rendez-vous sont attribués par ordre de priorité afin de traiter les patients qui ont des besoins plus urgents. Lors de la prise de rendez-vous, les patients doivent répondre à un questionnaire sur leur état de santé. Ensuite, à leur arrivée à la clinique, ils doivent respecter les règles de distanciation et sanitaires.

Aussi, tous devront arriver à l’heure exacte de leur rendez-vous et si possible, d’appeler la réception avant d’entrer dans la clinique. Le lavage de mains et le port du masque sont exigés à l’arrivée. Les cliniques accepteront une personne accompagnatrice selon le cas, mais en suivant les mêmes règles que les patients.