Annie Privé, copropriétaire avec sa mère Lyne Dubé de la chocolaterie Fleur de sel de Granby, s’ouvre davantage à la livraison. «Comme celui instauré chez les fleuristes!», indique la jeune femme.

Les chocolatiers prêts pour que la magie opère

« Je sais que le chocolat n’est pas un bien essentiel, mais c’est un bien réconfortant ! »

Isabelle Parent, chocolatière propriétaire de Capeline & chocolat, à Bedford, tout comme ses homologues de partout en région, s’ajuste et use de créativité en cette période hors de l’ordinaire. Prise de commandes en ligne, mise en place d’un système de livraison, tous travaillent fort pour que la fête de Pâques puisse être soulignée le week-end du
11 avril. Et tous s’entendent d’ailleurs pour dire qu’en ces temps de morosité, conserver un peu de magie ne fera de tort à personne.

« Moi, je suis un grand bébé dans l’âme, lance Isabelle Parent. Il faut que la magie de Pâques continue. »


Isabelle Parent, propriétaire de Capeline & Chocolat à Bedford.

Pour permettre à sa clientèle de recevoir ses œuvres sucrées colorées, remplies de surprises et de « cachettes », elle se prépare à prendre les commandes via Internet. Ces dernières, prépayées, pourront ensuite être récupérées derrière sa boutique, à l’extérieur sous un gazebo, où dans un local adjacent au sien, rue Principale, pour éviter tout contact avec les clients et toute circulation dans son commerce.

« Ce n’est pas facile. On brainstorme ! », ne cache pas la chocolatière, dont les ventes dans la période de Pâques représentent entre 30 et 40 % de son chiffre d’affaires. « À Pâques, ici, c’est plein, dit-elle. C’est plate, mais on vit une situation qu’on ne peut pas contrôler. Mais pour les enfants, c’est Pâques pareil... »


« « C’est surtout qu’on ne veut pas priver les enfants de sa magie (à la fête de Pâques), chose qu’on n’a plus vraiment beaucoup présentement... » »
Annie Privé, copropriétaire de Fleur de sel, à Granby

D’ailleurs, Isabelle veillera désormais à la production entourée de ses enfants et de ses belles-filles. Une seule employée sur cinq était toujours en poste au moment de l’entrevue. Un scénario qui se répète chez plusieurs artisans du chocolat qui, pour des raisons de sécurité évidente, préfèrent tenir le fort seuls.

Ce désir de poursuivre sa mission « d’ingénieure du bonheur », comme elle se qualifie, mêlée à l’importance de suivre les mesures mises en place par le gouvernement, habite aussi Colombe Ménard, propriétaire de Chocolats Colombe, à Ange-Gardien. « Le chocolat, c’est du bonheur, mais je comprends que ce ne soit pas une priorité par les temps qui courent. Il faut y aller avec la logique. »

Établir un système de livraison n’est pas dans ses plans. Ses cochonnets, poules et lapins, prêts à trouver preneur, seront disponibles par téléphone. Suffit de l’appeler, elle qui affirme n’être jamais bien loin de son téléphone. 

Quand La Voix de l’Est lui a parlé, la chocolatière s’attendait à devoir fermer ses portes. « Mais je reste accessible, insiste celle qui se prépare à devenir grand-maman. On ne sait pas ce qui nous pend au bout du nez, mais on est tous dans le même bateau... »

«Le chocolat, c’est du bonheur, mais je comprends que ce ne soit pas une priorité par les temps qui courent...», souligne la chocolatière Colombe Ménard, de Chocolats Colombe, à Ange-Gardien.

Du chocolat comme des fleurs

Elle aussi à la recherche de solutions, Annie Privé, copropriétaire avec sa mère Lyne Dubé de la chocolaterie Fleur de sel, à Granby, a décidé d’ouvrir davantage son service de livraison jusqu’à ce jour réservé, de façon plus personnalisée, à ses plats cuisinés. « On n’arrête pas de penser !, lance la jeune femme d’affaires en riant. On cherchait des idées. À l’aide de ma cousine Roxanne, graphiste, on va lancer notre boutique en ligne. Les gens vont pouvoir profiter d’un service de livraison, à la manière de celui instauré chez les fleuristes. »

Une cinquantaine de modèles chocolatés ont été sélectionnés pour la mise en ligne. 

« On peut leur coller une petite carte avec un message, sans aucun problème », poursuit Annie, qui prend déjà les commandes. 

« Oui, Pâques c’est notre grosse période de l’année, mais c’est surtout qu’on ne veut pas priver les enfants de sa magie, chose qu’on n’a plus vraiment beaucoup présentement... »

De son côté, Michel Bilodeau, propriétaire du Musée du chocolat de la confiserie de Bromont, travaille lui aussi sur son site Internet pour rendre les commandes en ligne possibles. 

« On veut vraiment éviter les attroupements, insiste-t-il. Nous voulons être un bon citoyen corporatif. On s’adapte. »

D’ailleurs, dans la partie resto de son commerce, on y respecte la règle de n’occuper que 50 % des places disponibles. Des tables ont aussi été retirées pour permettre une plus grande distance entre les clients présents.

M. Bilodeau offrira également un service de livraison aux citoyens de Bromont. « On cherche des façons originales de traverser cette période de confinement, explique-t-il. Mais c’est Pâques, et plusieurs aimeront, malgré tout, recevoir une petite gâterie. »