Suzanne Pelletier, présidente du SCFP-5272.

Les brigadiers de Trois-Rivières mis à pied, sans salaire

TROIS-RIVIÈRES — La fermeture des écoles en raison de la pandémie de COVID-19 ne sera pas sans conséquence pour les brigadiers de Trois-Rivières, qui ont appris vendredi en fin de journée qu’ils étaient mis à pied pour deux semaines.

«On est mis à pied deux semaines, sans rémunération. On n’a pas le droit au chômage parce qu’on ne fait pas assez d’heures. Pas besoin de dire que les brigadiers sont en furie. Pourtant, M. Legault a dit que personne ne va perdre de salaire, alors on ne comprend pas», déplore Suzanne Pelletier, présidente du syndicat des brigadiers scolaires de Trois-Rivières (SCFP-5272).

Mme Pelletier, qui se trouve en Floride en ce moment, doit donc gérer cette crise à distance. Elle rappelle que si pour plusieurs brigadiers, leur emploi en est un d’appoint, pour d’autres, c’est leur pain et leur beurre.

La Ville de Trois-Rivières indique avoir pris cette décision en s’appuyant sur la convention collective des brigadiers. Or, si celle-ci prévoit qu’ils doivent être rémunérés si les écoles sont fermées une journée en raison d’une tempête, rien n’est précisé en cas de fermeture prolongée des écoles.

«On ne peut pas les réaffecter ailleurs. Ce n’est pas comme les employés des bibliothèques, on ne peut pas leur donner d’autres tâches. Comme ce n’est pas prévu dans la convention et par équité pour les autres employés, on a pris cette décision», explique Cynthia Simard, directrice des communications de la Ville de Trois-Rivières.

Mme Simard ajoute que la Ville est restée «humaine», en appelant chaque brigadier et brigadière pour lui expliquer la situation.

Le SCFP-5272 compte pour sa part déposer un grief collectif. Ses représentantes indiquent être en communication avec un conseiller syndical du Syndicat canadien de la fonction publique qui va les aider dans cette démarche.

Contacté samedi, le maire de Trois-Rivières, Jean Lamarche, a voulu calmer le jeu. «Le dossier évolue rapidement. Lundi, je vais me rasseoir avec le comité, voir les tenants et aboutissants et on va voir ce qu’on va faire», indique-t-il.

Le maire Lamarche se dit sensible aux difficultés financières que cette situation implique pour les brigadiers et brigadières de la Ville. Il rappelle par ailleurs que les gouvernements provincial et fédéral ont annoncé vouloir soutenir les gens qui sont contraints de ne pas travailler en raison de la COVID-19.

«Avec le décret de l’état d’urgence sanitaire, il a été annoncé quelques mesures. On va voir au mieux de tout le monde. Ça se peut qu’ils aient l’impression d’avoir été oubliés, mais on a pris cette décision avec les éléments qu’on avait», rappelle-t-il.