Le premier ministre Legault (à drotie) portait aussi ses lunettes, mercredi. «Je veux vous dire que ce ne sont pas des lunettes roses», a-t-il précisé, avant de faire le bilan du jour.
Le premier ministre Legault (à drotie) portait aussi ses lunettes, mercredi. «Je veux vous dire que ce ne sont pas des lunettes roses», a-t-il précisé, avant de faire le bilan du jour.

Legault porte le masque, mais pas de lunettes roses [VIDÉO]

Olivier Bossé
Olivier Bossé
Le Soleil
Le port du masque dans les transports en commun n’est pas encore obligatoire parce qu’on n’en a pas pour tout le monde, a admis François Legault, mercredi. Journée où le Québec a connu sa plus faible augmentation de cas de COVID-19 en 18 jours, mais a aussi franchi le cap des 2000 morts en CHSLD.

«On va commencer par s’assurer que les masques sont disponibles en grande quantité. [...] Mais je pense qu’on est capable de passer par-dessus l’aspect juridique comme on l’a fait avec le confinement dans les maisons», a reconnu le premier ministre du Québec, lors de son traditionnel point de presse de 13 h.

Où il s’est présenté pour un deuxième jour de suite avec un masque artisanal lui couvrant le nez et la bouche, avant de l’enlever. Même chose pour ses acolytes, le directeur national de santé publique, Dr Horacio Arruda, et la ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann. Le trio masqué.

Inquiet pour les usagers des transports en commun avec le début du déconfinement, M. Legault y estime les besoins à «des dizaines de millions de masques». L’achalandage habituel du métro de Montréal atteint 500 000 passagers par jour. 

«Décodez ce que ça veut dire, “fortement recommandé”», a insisté le Dr Arruda, reprenant les propos émis la veille par le premier ministre.

«Mais le rendre obligatoire, il y a des conditions qui ne sont pas au rendez-vous, notamment pour les clientèles les plus vulnérables. Si vous pouvez vous aider les uns les autres à vous en procurer, mais faisons-le aussi en attendant qu’on ait une capacité manufacturière», dit le directeur national de santé publique.

M. Legault espère une production québécoise de millions de masques en juin.

Pas des lunettes roses

Le premier ministre Legault portait aussi ses lunettes, mercredi. «Je veux vous dire que ce ne sont pas des lunettes roses», a-t-il précisé, avant de faire le bilan du jour.

Rien de réjouissant dans l’annonce de 89 nouveaux décès liés au satané SARS-CoV-2, pour établir le total des morts au Québec à 3220 depuis le début de la pandémie.

À 706, le nombre de nouveaux cas était le plus bas des 18 derniers jours. Avec 39 931 au compteur, la barre des 40 000 cas confirmés sera surpassée jeudi. Du lot, 26 241 sont encore considérés comme actifs.

Le nombre d’hospitalisations était en hausse de 35 pour atteindre 1876, tandis que le nombre de patients aux soins intensifs subissait une hausse, de six, pour la première fois en six jours, maintenant à 194.

2686 morts en centres pour aînés

La statistique qui fait le plus mal demeure les 2042 résidents de centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) qui ont succombé au nouveau coronavirus. Ajoutez les résidences privées pour aînés (RPA) et les ressources intermédiaires (RI), le total de décès liés à la COVID-19 dans les centres pour personnes âgées grimpe à 2686 en deux mois. C’est 83 % des 3220 Québécois morts du virus.

Selon les chiffres livrés par M. Legault mercredi, 332 des 2600 milieux de vie pour aînés au Québec abritent au moins un cas de coronavirus.

Des ces 5139 personnes infectées (13 % des cas), 2949 vivent dans 109 CHSLD, 1162 dans 131 RPA, 851 dans 72 RI et 174 dans d’autres milieux.

Si le nombre d’endroits touchés et de résidents infectés continue à grimper, la ministre McCann assure que le nombre de milieux de vie pour aînés en situation critique, c’est-à-dire avec plus de 25 % des résidents infectés, est en baisse.

Un troisième bulletin

Par ailleurs, alors que les travaux parlementaires reprenaient mercredi sur le plancher de l’Assemblée nationale pour la première fois depuis le 17 mars, le ministre de l’Éducation a confirmé que les écoles primaires comme secondaires produiront un troisième bulletin pour clore l’année scolaire, fin juin.

«Ça ne sera pas une note en pourcentage, précise Jean-François Roberge. Ça peut être non évalué, mais c’est l’enseignant qui pourra décider qu’il n’y a pas suffisamment de traces pour ne pas évaluer. Donc, ce sera non évalué, réussite ou non-réussite.

«Ça veut dire que vos enseignants vous appellent, vous interpellent, vous envoient des lectures, des travaux, les ados! Répondez au téléphone, branchez-vous en visio, faites vos lectures, faites vos travaux, sans quoi vous pourriez avoir non-réussite, une tache dans votre dossier scolaire», insiste le ministre.

Un peu de sport

Autre bonne nouvelle, la ministre déléguée à l’Éducation et responsable des dossiers sport et loisirs, Isabelle Charest, a annoncé en après-midi le retour graduel des sports individuels à compter du mercredi 20 mai, comme le golf, le tennis et la pêche.

Le déconfinement du secteur des sports s’effectuera en plusieurs phases.

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Mise à jour du 13 mai