«Si c’est bon pour d’autres transporteurs scolaires, pourquoi ce n’est pas bon pour nous?», demande Mario Lalumière, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Granby.
«Si c’est bon pour d’autres transporteurs scolaires, pourquoi ce n’est pas bon pour nous?», demande Mario Lalumière, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Granby.

L’absence de paroi protectrice dénoncée par des conducteurs d’autobus

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Tous les conducteurs d’autobus scolaires ne seront pas égaux face au coronavirus au retour en classe du primaire, la semaine prochaine.

Alors que certains transporteurs scolaires comme Transdev et Campeau ont installé des parois de plastique à l’intérieur de leurs véhicules pour protéger les chauffeurs, ce n’est pas le cas de Sogesco, propriétaire entre autres d’Autobus Granby, Acton et Yamaska.

Ses employés bénéficieront de gants, de masques et de désinfectant, mais rien ne les séparera des enfants qui entreront dans l’autobus.

«Je ne vois pas pourquoi ils n’en mettent pas. C’est incompréhensible», affirme Mario Lalumière, vice-président du Syndicat des travailleuses et travailleurs d’Autobus Granby. «Si c’est bon pour d’autres transporteurs scolaires, pourquoi ce n’est pas bon pour nous?»

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L’installation d’une paroi a été recommandée par le ministère de l’Éducation, qui s’est d’ailleurs engagé à en rembourser les frais, mais n’est pas obligatoire.

Les conducteurs d’autobus scolaire, dont plusieurs sont âgés de plus de 60 ans comme M. Lalumière, se sentiraient plus en sécurité, dit-il. «Plus t’augmentes ta protection, moins il y a de risques qu’on soit infectés.»

Sogesco n’a pas rappelé La Voix de l’Est. Du côté de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, on indique qu’hormis le respect des mesures de distanciation dans les autobus — un enfant par banc et un banc sur deux vide — «la décision d’avoir des mesures supplémentaires pour leurs employés revient [au transporteur]», dit la coordonnatrice aux communications Paméla Blouin.

Inquiétude

La situation désole Mario Lalumière, pour qui le retour au travail inquiète.

«C’est plate parce qu’on est tous dans le même bain. On veut la protection de tout le monde. Là, y’a plein de conducteurs qui vont retourner au travail à reculons.»

Sur les 80 employés d’Autobus Granby, une vingtaine ne reprendront pas le collier lundi prochain, dit le vice-président du syndicat, pour des raisons de santé ou «par peur».

L’entreprise ne manque cependant pas de chauffeurs. «Il y en a qui veulent retourner travailler, ils sont tannés de rester chez eux. On va faire ce qu’on peut avec ce qu’on a.»