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La situation s’améliore grandement en Mauricie, mais demeure préoccupante dans trois MRC du Centre-du-Québec.
La situation s’améliore grandement en Mauricie, mais demeure préoccupante dans trois MRC du Centre-du-Québec.

La Santé publique refuse de scinder la Mauricie et le Centre-du-Québec

Sébastien Lacroix
Sébastien Lacroix
Le Nouvelliste
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La question est sur toutes les lèvres depuis quelques jours : serait-il possible qu’il y ait des paliers d’alerte différents alors que la situation s’améliore grandement en Mauricie et dans Nicolet-Bécancour, mais qu’elle demeure préoccupante au sud du Centre-du-Québec? Ce n’est pas quelque chose qui est envisagé par les autorités régionales de la Santé publique.

Il n’est pas question d’un retour en zone rouge d’un côté ou d’un passage au jaune de l’autre, du moins à ce moment-ci. «La région demeure en orange et l’analyse se fait vraiment Mauricie-Centre-du-Québec au complet», assure l’agent d’information du CIUSSS MCQ, Guillaume Cliche.

«On ne voudrait pas que le fait de scinder la région favorise les déplacements entre les territoires, continue-t-il. Ce que l’on souhaite, c’est d’avoir un meilleur contrôle de la propagation et un meilleur taux de vaccination pour éviter de jouer au yo-yo et éviter de revenir en arrière comme ça s’est fait dans le passé.»

La question d’une approche sous-régionale pour un retour en zone rouge se posait notamment du côté du Centre-du-Québec, où la situation demeure tout de même encore sous contrôle. La directrice régionale de la Santé publique, Dre Marie-Josée Godi, devrait d’ailleurs tenir un point de presse cette semaine pour expliquer la situation.

Les MRC d’Arthabaska, de Drummond et de l’Érable, qui sont considérées comme étant les plus problématiques, comptent plus de 80% des cas actifs, selon les données de l’Institut national de la Santé publique (INSPQ).

Le taux de cas actifs par 100 000 habitants est de 119,6 dans le Réseau local de santé (RLS) d’Arthabaska-de l’Érable et à 111,4 dans le RLS de Drummond. Ce qui s’approche et se compare à des régions qui sont en rouge.

Ailleurs dans la région, le RLS de Trois-Rivières a un taux de cas actifs de 14,6 par 100 000 habitants, le Centre-de-la-Mauricie est à 17,0 et celui de Bécancour-Nicolet-Yamaska s’élève à 24,6. Le Haut-Saint-Maurice est à 0, tandis que les taux de la Vallée de Batiscan et de Maskinongé ne sont pas disponibles.

Des interventions ciblées

Bien qu’elle rappelle que depuis le début de la pandémie, les deux régions revendiquent l’importance d’être traitées différemment en fonction de leur épidémiologie, la présidente de la Table des MRC du Centre-du-Québec, Geneviève Dubois, espère qu’on n’en viendra pas à un retour en arrière.

Comme la situation est inquiétante dans trois des cinq MRC du Centre-du-Québec, elle croit que le gouvernement devrait penser d’abord à des mesures spécifiques pour les régions qui sont touchées plutôt qu’à un éventuel changement de palier. «Il y a des mesures qui peuvent s’appliquer aux trois MRC, mais je ne pense pas que ce serait souhaitable, en fin de parcours comme ça, de remettre une zone orange-rouge. Je pense que ce serait difficile pour tout le monde», soutient Geneviève Dubois.

«Je crois que c’est réaliste de croire qu’il peut y avoir une intervention ciblée. Ça peut être de fermer une entreprise ou une ou deux écoles, le temps que la situation se replace, de remettre le couvre-feu à 20h au lieu de 21h30 pour ces trois MRC-là, mais des mesures spécifiques pour elles», élabore la mairesse de Nicolet.

Une sonnette d’alarme

S’il ne craint pas un retour en zone rouge pour le moment, le maire de Victoriaville, André Bellavance, estime que le nombre de cas qui a augmenté au cours des derniers jours au Centre-du-Québec est une sonnette d’alarme.

«Ça fait réfléchir les gens de se dire qu’on a déjà été en zone rouge. Personne ne veut retourner là. Parce qu’évidemment, économiquement, c’est loin d’être intéressant, rappelle-t-il. Il ne faut pas penser qu’on est encore sorti du bois.»

Bien que ce ne soit pas envisagé pour le moment, le maire André Bellavance rappelle que la menace d’un retour en zone rouge n’est pas impossible. «On se fait souvent dire que ça peut arriver. Ce n’est pas exclu. Parce que si ça continue à monter comme ça... C’est déjà arrivé une fois, ça peut arriver encore. L’avertissement est là, il est toujours là, poursuit le maire de Victoriaville, qui se disait tout de même soulagé par le bilan de lundi dans lequel le nombre de cas était revenu à un niveau un peu plus acceptable.

Le maire de Victoriaville donne en exemple la région du Bas-Saint-Laurent, où il n’y avait pratiquement pas de cas pendant longtemps avant que la situation parte en vrille au cours des dernières semaines. «Quand ça part, surtout quand on a des variants comme on en a au Centre-du-Québec, c’est encore pire que c’était. Ça ne prend pas grand-chose pour qu’il y ait une étincelle», ajoute André Bellavance.

La bataille n’est pas terminée

Invité à commenter la situation lors d’une conférence virtuelle organisée par la Chambre de commerce et d’industrie du Coeur-du-Québec, le député de Nicolet-Bécancour, Donald Martel, admet que ce serait difficile de séparer la région en raison des déplacements interrégionaux. Il souligne d’ailleurs qu’il a reçu beaucoup d’appels à son bureau de comté parce que des gens étaient inquiets que des gens de la région de Québec, où les commerces non essentiels ne sont pas ouverts, se déplacent dans Nicolet-Bécancour.

«Ce n’est pas si évident de dire que, parce qu’une partie de la région a moins de cas, elle devrait être séparée. Il y a toutes les études qui se font par rapport à ça et nous, Nicolet-Bécancour, on est vraiment en sandwich entre la région de la Mauricie et toute la région des Bois-Francs, a-t-il souligné. Je n’ai jamais fait de pression pour ouvrir une région par rapport à une autre. S’il arrivait des cas plus importants, je me sentirais vraiment mal. Ce n’est pas moi l’expert.»

Le député d’Arthabaska et whip en chef du gouvernement, Éric Lefebvre, insiste de son côté sur l’effort collectif de vaccination et sur l’importance de faire attention au faux sentiment de sécurité. «Le message qu’il faut envoyer à la population présentement, c’est que la bataille n’est pas terminée, mais je suis très encouragé et optimiste qu’on va y arriver au cours des prochains mois. On a un dernier coup de barre à donner collectivement tout le monde ensemble», a-t-il commenté en marge d’une annonce à saveur touristique.

Le ministre responsable du Centre-du-Québec, André Lamontagne, s’est dit préoccupé par la situation dans la région, mais souligne le travail exceptionnel qui est fait par la Santé publique. «On voit comment, d’une région à l’autre, ça évolue. Il y a des journées, on voit ça monter, d’autres endroits, ça va en descendant. (…) On peut seulement se croiser les doigts que la venue de l’été, l’effet de la vaccination et le travail exceptionnel qui est fait par les gens de la Santé publique fassent en sorte qu’on puisse avoir un été un peu à l’image de ce qu’on a eu l’été passé. L’été passé, on a eu une très belle surprise du point de vue touristique au Québec. Les craintes sont toujours là, mais il y a un petit peu de soleil à travers les nuages.»

Avec la collaboration de Marc Rochette