Au même titre que les garderies subventionnées, ces milieux de garde non reconnus par l’État ont dû fermer leurs portes en raison de la pandémie. Par contre, ils se retrouvent aujourd’hui sans revenu.

La panique atteint les garderies en milieu familial non subventionnées

Trois-Rivières — Les garderies en milieu familial non subventionnées sont dans le néant total sur le sort qui leur sera réservé au cours des prochaines semaines, voire des prochains mois.

«Les femmes qui s’occupent de ces garderies vivent beaucoup d’angoisse. Elles se demandent comment elles vont réussir à nourrir leurs enfants. On entend leurs demandes, on comprend que nous sommes présentement en situation de crise et on essaie de les épauler mais pour l’instant, il n’y a rien de prévu au niveau gouvernemental, du moins il n’y a rien de précis encore», déplore Sophy Forget Belec, présidente de l’Association québécoise des milieux familiaux éducatifs privés.

Au même titre que les garderies subventionnées, ces milieux de garde non reconnus par l’État ont dû fermer leurs portes en raison de la pandémie. Par contre, ils se retrouvent aujourd’hui sans revenu. Ils sont certes considérés comme des travailleurs autonomes mais comme ils ne sont pas en isolement ou en quarantaine, ils n’ont pas droit à des dédommagements.

«Je panique. Je n’ai plus de revenus et les parents nous posent beaucoup de questions sur la suite des choses. Qu’est-ce que je vais faire? Je me pose moi aussi la question à savoir si je ne vais pas être obligée de changer de domaine en l’absence de revenus pendant plusieurs mois», se demande Karine Pronovost qui a une garderie dans le secteur Grand-Mère.

Elle accueille généralement six enfants. Dans le contexte actuel, elle avoue être très angoissée sur l’avenir. «Nous avons besoin d’une réponse claire du gouvernement mais ce n’est pas le cas. Je le sais que nous avons toujours été considérés comme des bêtes noires parce que nous ne sommes pas reconnus mais nous avons droit, nous aussi, à un revenu», ajoute-t-elle.

De leur côté, les parents des enfants accueillis dans ces services de garde continuent de recevoir le remboursement anticipé pour combler le manque à gagner. Résultats, certains ont même proposé aux services de garde de continuer à leur verser de l’argent, ne serait-ce que pour s’assurer d’avoir une place lors de la réouverture de la garderie ou carrément pour éviter tout risque de fermeture définitive.

«Personnellement, je refuse ces propositions pour ne pas être accusée de fraude. Nous ne savons pas ce qu’il faut faire, ce qui va arriver et c’est très insécurisant», mentionne-t-elle.

À ce sujet, l’Association, créée en janvier 2019, a au moins permis de regrouper plusieurs de ces garderies.

«Nous avons présentement 400 membres alors qu’avant la crise, nous avions de la difficulté à rejoindre ces femmes. Nous travaillons fort et nous avons entrepris des discussions avec le ministère de la Famille et le ministère de l’Emploi et nous sommes en attente de réponse notamment sur les mesures de soutien du fédéral. Présentement, on suggère à nos membres de contacter leurs institutions financières. Nous lançons aussi un appel à la solidarité, à la bonne foi et à l’entraide», conclut Mme Forget Belec.