Le casse-croûte La Cabane, dans le secteur Masson-Angers, rouvrira mercredi après une fermeture de deux semaines.
Le casse-croûte La Cabane, dans le secteur Masson-Angers, rouvrira mercredi après une fermeture de deux semaines.

La Cabane congédie l’employée qui a contracté la COVID-19

Benoit Sabourin
Benoit Sabourin
Le Droit
L’employée du casse-croûte La Cabane qui a contracté la COVID-19 il y a deux semaines, une situation ayant forcé la fermeture temporaire de l’établissement situé dans le secteur Masson-Angers, à Gatineau, vient d’être remerciée par ses patrons alors que le restaurant s’apprête à rouvrir ses portes.

Sabrina Dallaire-Dubreuil, qui travaillait au populaire casse-croûte situé à l’intersection de la rue Georges et du chemin de Montréal Ouest, a confirmé au Droit que son employeur, qui doit rouvrir ses installations mercredi, l’a informée dans les derniers jours de ne pas revenir à son poste.

La jeune femme de 18 ans, qui a maintenant obtenu un résultat négatif à la COVID-19 et qui se dit désormais en pleine forme, terminait sa période d’isolement de 14 jours mardi. Mme Dallaire-Dubreuil indique que les propriétaires de La Cabane lui ont récemment signifié, lors d’une conversation téléphonique, qu’ils n’avaient plus besoin de ses services parce que le restaurant entrait dans sa basse saison.

Elle accuse ses anciens employeurs de lui avoir plutôt montré la porte parce qu’elle a contracté le nouveau coronavirus. Mme Dallaire-Dubreuil reproche à la direction du restaurant de camoufler les véritables motifs de son congédiement.

«D’habitude, ils coupent au début du mois d’octobre. Je trouve ça vraiment injuste parce que ça fait deux étés que je travaillais là. On avait même augmenté mon salaire et on m’avait dit que j’étais une des meilleures employées», déplore la jeune femme.

«Je n’ai pas fait exprès pour attraper la COVID-19. Je trouve ça vraiment plate. Je travaillais souvent 60 heures par semaine, 12 heures par jour au casse-croûte, et si on me demandait de rentrer, même si j’étais en congé, je rentrais, et là on me fait ça», lance Mme Dallaire-Dubreuil, qui n’écarte pas la possibilité d’entamer des procédures auprès de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail pour dénoncer la décision des propriétaires de La Cabane.

Une question de circonstances, se défend l’employeur

Du côté de l’employeur, on soutient que la mise à pied de l’employée est justifiée par plusieurs motifs, dont la baisse d’achalandage généralement associée à la rentrée scolaire. Le gérant de La Cabane, Raynald Dumais, admet que le fait que l’employée ait contracté la COVID-19 a aussi joué dans la balance. Trois travailleurs au total ont été mis à pied avant la réouverture prévue mercredi.


« Je ne comprends pas pourquoi elle fait toute une histoire. »
Raynald Dumais

Selon M. Dumais, Mme Dallaire-Dubreuil aurait demandé, une semaine avant de contracter le virus, une réduction de ses heures puisqu’elle avait un deuxième emploi.

«Je ne comprends pas pourquoi elle fait toute une histoire. Si on met tout ça dans la balance, le fait qu’elle a attrapé le virus, le fait qu’elle nous a demandé de couper ses heures et le fait que notre business réduit beaucoup à l’arrivée de l’automne et qu’on ferme la crèmerie, c’est sûr qu’on ne pouvait pas laisser aller une personne qu’on a embauchée cette année à la plaque et qui est bonne pour faire des hamburgers, alors qu’elle (Mme Dallaire-Dubreuil) pourrait partir n’importe quand pour aller travailler à temps plein à son autre emploi», a justifié M. Dumais.

La jeune femme a complété son dernier quart de travail le 18 août dernier, alors qu’elle ressentait des maux de gorge et des maux de tête. C’est le 20 août au soir qu’elle a informé ses patrons qu’elle avait contracté la COVID-19. L’établissement a immédiatement fermé ses portes, par mesure préventive. À ce moment, aucun des employés de l’endroit ne portait le masque à l’intérieur des installations où jusqu’à sept personnes en même temps pouvaient travailler sur le plancher, en période de pointe.

À partir du 2 septembre, tous les employés du casse-croûte devront porter le masque ou la visière à l’intérieur de la cuisine, en vertu des recommandations de la Direction de la santé publique, a confirmé M. Dumais, mardi.

Aucun des 15 autres employés du restaurant, qui ont tous dû passer un test de dépistage, n’a été infecté par le coronavirus, a précisé M. Dumais.