Des partisans du président brésilien Jair Bolsonaro se battaient dimanche contre des opposants antifascistes sur l’Avenida Paulista, dans le centre de São Paulo.
Des partisans du président brésilien Jair Bolsonaro se battaient dimanche contre des opposants antifascistes sur l’Avenida Paulista, dans le centre de São Paulo.

Heurts entre partisans et adversaires de Bolsonaro 

BRASILIA — Des heurts ont opposé dimanche dans le centre de São Paulo plusieurs centaines de partisans et d’adversaires du président brésilien Jair Bolsonaro, malgré l’intervention de la police.

Les violences ont éclaté entre les participants à une manifestation convoquée «contre le fascisme» et des partisans du président d’extrême droite venus protester contre les mesures de confinement décidées par de nombreux gouverneurs des États brésiliens contre l’avis de M. Bolsonaro.

Quelque 500 manifestants vêtus de noir, rassemblés sous le slogan «Nous sommes pour la démocratie» et portant souvent des masques de protection contre le coronavirus, se sont trouvés sur l’Avenida Paulista, dans le centre de São Paulo, en même temps qu’un rassemblement de plusieurs centaines de partisans de M. Bolsonaro, a rapporté un journaliste de l’AFP.

Des barrages policiers n’ont pas empêché des heurts entre les deux camps, après lesquels la police a utilisé des grenades lacrymogènes.

Les manifestants anti-Bolsonaro ont incendié des poubelles et ont lancé des pierres sur les policiers, qui ont de nouveau répliqué avec du gaz lacrymogène.

Au moins trois personnes ont été arrêtées, a déclaré la police au portail d’information G1.

Le «rassemblement antifasciste» avait été convoqué par les partisans de plusieurs clubs de football de São Paulo, principalement les Corinthians, mais aussi Palmeiras, São Paulo et Santos.

Les milieux pro-Bolsonaro, qui estiment qu’un plan pour renverser le président est mené par des parlementaires, des juges et des médias, ont attribué sur les réseaux sociaux la responsabilité des violences de dimanche aux opposants.

À Brasilia, M. Bolsonaro a participé dimanche à un rassemblement avec ses partisans, bravant une nouvelle fois les normes sanitaires et règles de distanciation sociale alors que le Brésil enregistre près d’un demi-million de cas du nouveau coronavirus.

Le chef de l’État, hostile aux mesures de confinement, s’est présenté devant le palais présidentiel et a salué la foule de ses sympathisants.

Après avoir survolé le rassemblement en hélicoptère, M. Bolsonaro, entouré de ses gardes du corps, a porté deux enfants sur ses épaules, puis est monté sur un cheval de la police, ovationné par ses partisans.

Plus d'un million de cas en Amérique latine et aux Caraïbes

Le nombre de cas confirmés d’infection au coronavirus a dépassé dimanche le million en Amérique latine et aux Caraïbes, dont la moitié au Brésil, selon un bilan réalisé par l’AFP à partir de données officielles.

Depuis le début de l’épidémie, un total de 1.016.828 cas de Covid-19 ont été officiellement recensés en Amérique latine et aux Caraïbes, dont 514.849 au Brésil, de loin le pays de la région le plus touché par la maladie.

Le Brésil est le quatrième pays au chapitre des décès liés à la COVID-19, avec 29 314 morts recensés dimanche par le ministère de la Santé. Plus de 500 000 cas d’infection au coronavirus y ont été recensés, soit plus de la moitié du total en Amérique latine. Le pays se trouve derrière les États-Unis (103 781 morts), le Royaume-Uni (38 376) et l’Italie (33 340).

Avec 164 476 personnes contaminées, le Pérou est le deuxième pays d’Amérique latine le plus touché.