Sébastien Cordeau, directeur général de la Coopérative horticole Groupex, est heureux de la reprise des activités dans les jardineries mais aussi que cette reprise se fasse avec un protocole assurant la sécurité des consommateurs et des employés.
Sébastien Cordeau, directeur général de la Coopérative horticole Groupex, est heureux de la reprise des activités dans les jardineries mais aussi que cette reprise se fasse avec un protocole assurant la sécurité des consommateurs et des employés.

[GÉRER LA CRISE] Groupex: cultiver le bien-être

La pandémie de coronavirus change tout pour les entrepreneurs d’ici qui en souffrent, mais qui rebondissent aussi devant la tempête, se serrent les coudes avec leurs employés et, parfois, font jaillir de nouvelles façons de faire. Nous allons à leur rencontre dans cette série «Gérer la crise».

• Entreprise : Coopérative horticole Groupex

• Type d’entreprise : Coopérative horticole

• Contact : Sébastien Cordeau, directeur général

Q Avant la crise?

R Groupex est un regroupement d’entrepreneurs dans l’horticulture. Nous avons deux secteurs d’activités : les jardineries (Passion Jardins) et les paysagistes. Nos 41 jardineries ont un chiffre d’affaires annuel de plus de 55 millions $. 

Q Les inquiétudes au début de la crise?

R Les jardineries, c’était principalement un sujet chaud et inquiétant parce que 90 % de leur chiffre d’affaires se fait en 12 semaines au printemps. Mais rapidement, la crise est aussi devenue inquiétante pour nos partenaires d’affaires, les propriétaires de nos serres de production qui se sont dit : «Nous devons composer avec des produits vivants, et si on nous demande de cesser toutes nos opérations, tout va mourir. Heureusement, nos fournisseurs de végétaux, des entrepreneurs locaux — 95 % de nos partenaires d’affaires dans l’industrie horticole sont Québécois —, on eu l’autorisation de mener des opérations avec des effectifs très réduits pour entretenir au minimum les végétaux. Ç’a été une bonne nouvelle. Mais comme les jardineries ne pouvaient pas ouvrir, elles se sont mises à annuler des commandes ce qui a augmenté l’anxiété des fournisseurs de végétaux. Des entreprises familiales de troisième et de quatrième génération auraient pu fermer. Si ces entreprises-là avaient fait faillite, ça aurait été catastrophique pour l’industrie. 

Q Pendant la crise?

R On a travaillé vraiment fort avec Québec Vert, notre fédération. C’est elle qui était au front avec des personnes comme Luce Daigneault, Nathalie Deschênes et le président Christian Brunet. Ils ont fait une méchante job. Comme dans n’importe quelle industrie, les entreprises horticoles sont toutes en compétition les unes avec les autres. Mais rapidement, quand la crise a commencé, on s’est contacté on a travaillé ensemble pour trouver des solutions pour passer à travers la crise. Afin d’assurer la sécurité des consommateurs et de nos employés, il n’était pas question d’ouvrir avant d’avoir obtenu l’autorisation. Il n’était pas question non plus que l’on ouvre avant même que l’on ait un protocole de la Santé publique qui est maintenant dans les boîtes courriel de nos 113 entrepreneurs.

De leur côté, nos membres avaient déjà commencé à mettre des choses en place. Il ne leur restera que quelques détails à fignoler et certains commerces pourraient ouvrir à compter de jeudi et de vendredi. Et dès cette fin de semaine, je pense que toutes nos jardineries seront ouvertes.

Q Des changements à la façon de faire?

R Toutes les jardineries au Québec vont fonctionner de la même façon au moment de leur réouverture. Elles mettront tout en place pour que les gens se sentent en sécurité et elles utiliseront le modèle des épiceries. Mais comme le niveau de confort à la situation actuelle est différent d’un consommateur à l’autre, les jardineries de Groupex, qui font affaires sous la bannière Passion Jardins, vont offrir aux consommateurs trois options. Ils pourront venir en jardinerie. Et afin qu’ils puissent le faire en toute sécurité, on a établi une règle de calcul en lien avec la superficie totale par rapport à la superficie des allées et on va déterminer combien de personnes pourront être dans la jardinerie en même temps. Nous allons demander aux gens de venir un par famille et nous conseillerons aux personnes âgées de 70 ans et plus de nous donner leur commande que nous ferons et que nous irons porter dans leur véhicule. On n’obligera pas personne. Nous voulons suivre les conseils du gouvernement, mais on est aussi conscients que les personnes de 70 ans et plus aiment l’horticulture.

On aussi a lancé une boutique en ligne Passion Jardins, un projet sur lequel on avait commencé à travailler il y a un an et de. On va offrir aux gens d’acheter en ligne et de recevoir leurs produits horticoles sans contact à l’auto où d’acheter leurs produits horticoles et de se les faire livrer. 

De leur côté, selon le protocole qui a été établi par la Santé publique, nos employés devront porter masque et lunette ou masque et visière.

Q Un atout à exploiter?

R On sait que l’on peut contribuer au bien-être des gens, à la distanciation sociale, mais en même temps contribuer au rapprochement familial. Et c’est là-dessus que Québec Vert a axé le message qu’il a porté. Avec l’importance d’assurer la distanciation et de contribuer au confinement, les jardineries sont super importantes aux yeux des consommateurs qui cherchent à avoir des projets de famille et à être bien dans leur cour remplie de belles couleurs, de belles fleurs et un potager. S’il y a une industrie qui favorise le confinement des gens, c’est bien nous autres.

Q Qu’est ce que la crise aura changé?

R On a toujours eu chez Groupex un beau salon d’achats qui était un beau moment lors duquel nos partenaires et nos membres se rencontraient. C’est un salon qui générait des achats et des placements pour l’année suivante. On a décidé que l’on créerait un salon d’achats virtuel. D’abord parce que les revenus n’auront peut-être pas été au rendez-vous en 2020 chez nos partenaires. On pense aussi, et je suis de ceux-là, que la crise va nous avoir affectés au point de nous faire faire les choses différemment dans le futur. Tout dépendant de l’importance d’une situation et sans tomber dans la paranoïa, plusieurs éléments du protocole vont être réutilisés parce que le consommateur aura besoin d’être sécurisé par les entreprises avec lesquelles il fera affaire.