Frontières fermées, vols suspendus: des Canadiens se démènent pour quitter l'Europe

Les Canadiens coincés en Europe cherchent par tous les moyens à rentrer chez eux au moment où plusieurs pays européens restreignent la circulation, ferment les frontières et suspendent les vols internationaux afin de limiter la propagation de la COVID-19.

Les 27 pays membres de l'Union européenne ont signalé que la COVID-19 a rendu malades plus de 22 000 personnes sur le continent et a tué au moins 1300 personnes jusqu'à présent.

David McCulloch est un joueur d'une équipe professionnelle de basketball en Espagne. Deux jours lui ont suffi pour passer d'une petite inquiétude à la volonté de revenir au Canada le plus vite possible.

Il a acheté un billet d'avion pour revenir mercredi, mais il a ensuite réservé un siège sur un appareil décollant dimanche.

«Il peut en arriver des choses en deux jours», mentionne-t-il.

L'Espagne a rapporté près de 6000 cas de COVID-19, dont plus de 200 décès. Le pays a instauré des restrictions plus sévères sur la liberté de mouvement, notamment fermant des restaurants et autres commerces pendant au moins deux semaines.

Samedi, la Pologne a suspendu tous ses vols et trains internationaux, ce qui a mis des bâtons dans les roues de nombreux étrangers, dont des Canadiens, qui tentent de trouver des façons de sortir du pays.

Des Canadiens se trouvant dans la ville polonaise de Poznan, à environ 300 kilomètres à l'ouest de Varsovie, ont déclaré qu'on leur a dit que le dernier vol quittant Varsovie à destination Toronto était complet.

Renata Kaniewski, une femme originaire d'Ottawa, qui s'est rendue en Pologne pour les funérailles de sa mère, a indiqué que le prochain vol de LOT Polish Airlines qui a des places disponibles n'est prévu que pour le 29 mars.

Elle a précisé qu'il n'y a aucune garantie que le vol aura lieu, car le gouvernement polonais a averti que les vols internationaux pourraient être suspendus plus longtemps.

«En ce moment, je suis inquiète de ne pas pouvoir rentrer au Canada, même avec un nouveau billet d'avion pour le 29 mars, parce que le gouvernement ici en Pologne continue de dire que les vols internationaux pourraient être retardés plus longtemps, a-t-elle déclaré. Et les informations à la télévision ici sont muettes sur la façon dont les étrangers peuvent rentrer chez eux. Ils ne parlent que de la façon dont la Pologne prévoit de ramener ses propres ressortissants dans le pays.»

La Pologne a signalé près de 100 cas de COVID-19 samedi, dont deux décès.

Des écoles et de nombreuses entreprises du pays ont été fermées afin de ralentir la propagation de la COVID-19. De plus, les restaurants ne sont autorisés qu'à vendre des plats à emporter.

Spencer Mason, qui travaille dans les technologies de l'information à Londres, dit que son employeur ne lui permet que de travailler de l'extérieur du bureau que pendant au plus deux semaines. Il craint ne pas pouvoir retourner aussi vite en Angleterre.

«Je crains de devoir rester au Canada si je viens à la maison. En ai-je envie? Je ne sais pas.»

D'autres concèdent que l'isolement à domicile est un petit tracas, mais sont heureux de constater de voir les autorités prendre cette crise au sérieux. Julia Baird, qui étudie en Allemagne, a déjà préparé son retour: ses parents vont lui laisser une auto à l'aéroport qu'elle utilisera pour revenir dans sa ville pour se placer en quarantaine chez elle.

«Je serais plus inquiète si je pouvais descendre de l'avion et vivre comme si tout était à la normale.»