Fini l’angoisse sur les chantiers de construction

La décision du gouvernement Legault de procéder à la fermeture des chantiers de construction au Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la province pour une période d’au moins trois semaines satisfait le directeur général de la FTQ-Construction, Éric Boisjoli, et le président du Conseil provincial des métiers de la construction (CPMC-International), Michel Trépanier.

En entrevue quelques heures après l’imposition de déposer les coffres à outils, MM. Boisjoli et Trépanier rappellent que depuis le jour 1 de la crise, il avait été demandé au gouvernement de procéder à la fermeture des chantiers, d’autant plus qu’une majorité d’entre eux n’étaient pas en mesure de se conformer aux directives sanitaires relatives aux distances à respecter entre individus et à la présence d’eau potable et de désinfectant pour les mains. « On salue cette décision puisque ça va permettre aux parties patronales et syndicales de se parler pour que lorsque les travaux vont reprendre, les mesures aient été discutées pour cesser de mettre en danger la vie des travailleurs », affirme M. Trépanier.

Éric Boisjoli estime qu’il est encore trop tôt pour déterminer si la fermeture des chantiers pendant trois semaines aura un effet négatif sur le volume de travail, étant donné que certains donneurs d’ordre pourraient annuler des projets. « On n’en sait rien, mais la décision prise fait juste mettre un frein à l’angoisse de nombreux travailleurs et de la population. »

Selon lui, la décision rappelle que si la population en général met en application les mesures sanitaires prônées, le retour à la normale reviendra plus vite.

En ce qui a trait aux travailleurs touchés par la fermeture des chantiers, les deux dirigeants syndicaux prévoient entamer des discussions avec les gouvernements provincial et fédéral afin de discuter de compensations financières.

Les travailleurs de la construction devraient, entre autres, bénéficier de l’intention du gouvernement d’aller de l’avant avec une hausse des investissements dans les projets d’infrastructures publiques.

Sur le plan régional, Roger Valcourt, porte-parole de la FTQ-Construction, soutient lui aussi que le maintien en activités des chantiers était devenu difficile. Il cite le projet de rehaussement du four de cuisson d’anodes de l’Usine d’Alma de Rio Tinto, lequel nécessite l’embauche de 300 briqueteurs, dont une bonne partie provient de l’extérieur de la région. Ces travailleurs sont logés dans des maisons de chambres. Il était difficile de confiner ces travailleurs afin d’éviter la propagation du COVID-19. « Le gouvernement prend une sage décision. Ce sont des décisions qui font mal, mais on n’a pas le choix quand on regarde ce qui se passe en Italie, en France et en Europe », déclare M. Valcourt.

La décision annoncée en début d’après-midi a provoqué une certaine cohue au sein de la FTQ-Construction. Employeurs et syndiqués ont fait surchauffer les lignes téléphoniques.

M. Valcourt avoue qu’avant l’annonce de la fermeture des chantiers, la crise commençait à être difficile à gérer. « À la Base militaire de Bagotville, vendredi, ils ont sorti tous les travailleurs, sauf ceux de la construction. Les travailleurs ont commencé à s’interroger afin de savoir pourquoi tout le monde devait sortir, sauf eux », affirme M. Valcourt.