Le cauchemar est en voie de prendre fin pour quelques Québécois se trouvant au Pérou depuis le début de la pandémie.
Le cauchemar est en voie de prendre fin pour quelques Québécois se trouvant au Pérou depuis le début de la pandémie.

Des Québécois rapatriés du Pérou ce jeudi

Le cauchemar est en voie de prendre fin pour quelques Québécois se trouvant au Pérou depuis le début de la pandémie. Si certains s’apprêtent à prendre leur vol de retour vers le Canada, d’autres, testés positifs à la COVID-19, devront toutefois être laissés derrière.

Après un mois de confinement dans la ville de Cuzco, au Pérou, Raphaël Prud’Homme, de Granby, et Raphaëlle Daigle, de Shefford, ont finalement pris la route en direction de la capitale, Lima, aux aurores lundi matin. Jeudi, ils pourront décoller à bord d’un avion qui les ramènera enfin à la maison.

Un soulagement pour les deux jeunes voyageurs qui ont vécu une montagne russe d’émotions au cours des dernières semaines.

Rappelons en effet que le duo, avec une dizaine d’autres Canadiens, a été confiné dans une auberge de jeunesse à compter de la mi-mars, un confinement qui aurait pu durer plusieurs mois après que des cas positifs à la COVID-19 aient été recensés.

Puis, Mlle Daigle et M. Prud’Homme, de même que le Granbyen William Fafard, avaient été transférés dans un hôtel de Cuzco. Ils y séjournaient dans des chambres doubles, une amélioration vis-à-vis les dortoirs de l’auberge de jeunesse qui comptaient parfois jusqu’à 14 lits.

Le 1er avril dernier, les cinq Canadiens relocalisés avaient appris de l’ambassade canadienne que la Santé publique de Cuzco avait donné son feu vert pour qu’ils puissent être rapatriés. Ils avaient également reçu la marche à suivre pour réserver leur place à bord d’un vol d’Air Canada qui aurait dû décoller le lendemain.

Or, en raison des cas positifs de la COVID-19 à l’hostel Pariwana, l’auberge de jeunesse où ils se trouvaient précédemment, il a été interdit aux ressortissants de quitter le pays avant le 12 avril afin de respecter une quarantaine de 14 jours.

«Je suis contente de pouvoir enfin rentrer chez moi, mais je n’y croirai pas tant que je ne serai pas dans l’avion», a fait savoir Mlle Daigle, déçue à plus d’une reprise au cours de cette mésaventure.

Cette fois-ci pourrait toutefois être la bonne, puisque tout semble indiquer que leur vol décollera bel et bien ce jeudi. «Nous avons quitté Cuzco en autobus vers 5h30 lundi matin», confirme M. Prud’Homme dans un échange électronique.

Celui-ci est serein de savoir qu’il pourra bientôt retrouver sa conjointe enceinte. Il est néanmoins déçu de devoir laisser derrière son compagnon de voyage, William Fafard, en raison du diagnostic positif reçu par ce dernier dimanche, comme pour deux autres Canadiens qui se trouvent avec lui à l’hôtel Jose Antonia.

«Ça a été difficile [à accepter], a confié M. Fafard dans un entretien sur Messenger. Le plus difficile, c’est de rester seul dans ma chambre d’hôtel. Ça a été difficile quand Raphaël m’a réveillé très tôt le matin pour me dire bye.»

Faux diagnostics?

Les deux autres Canadiens avec qui il se trouve présentement et qui ont également obtenu un diagnostic positif sont d’avis que le test auquel ils se sont soumis ne permettait pas d’affirmer hors de tout doute qu’ils étaient bien porteurs de la maladie. «On n’a aucun symptôme, indique William. J’ai toussé un peu la semaine dernière, mais là je me porte très bien.»

«Les deux autres disent que le test qu’on a passé est inacceptable, poursuit le jeune homme. Ils nous ont piqués sur le pouce pour prendre une goutte de sang. Au Canada, c’est beaucoup plus poussé que ça. Selon mes amis, avec ce test-là, ils[ndlr: les représentants de la santé publique au Pérou] peuvent voir si on a les anticorps du coronavirus, mais ils ne peuvent pas savoir si on est infecté. Ils pensent qu’on pourrait avoir eu des faux positifs. Ça se peut que je l’aille attrapé au Pariwana, mais que mon système ait combattu la maladie et que c’est pour ça que j’ai les anticorps.»

William Fafard dit avoir été contacté par un employé de l’ambassade canadienne au Pérou. On serait en train de trouver une manière de leur administrer un test plus concluant.

D’ici là, la quarantaine se poursuit pour les jeunes voyageurs, qui doivent s’isoler complètement dans leur chambre pour au moins sept jours, sans avoir accès à un médecin. «Dans une semaine, je vais passer un nouveau test, mentionne-t-il. Je n’ai aucune idée de quand je pourrai rentrer. Je vais y aller un jour à la fois.»

«Pas possible d’assurer le retour de tous les Canadiens»

Affaires internationales Canada, le ministère en charge de rapatrier les ressortissants canadiens, indique dans une mise à jour quotidienne qu’Ottawa «continue de travailler vec les compagnies aériennes et les gouvernements étrangers pour organiser des vols vers le Canada à partir d’endroits où il y a peu de vols internationaux ou des restrictions locales sur les voyages.»

«Malheureusement, il ne sera pas possible d’assurer le retour de tous les Canadiens qui souhaitent rentrer au pays. Les Canadiens qui se trouvent dans l’impossibilité de revenir au pays doivent suivre les médias locaux et respecter les directives de santé publique relativement au confinement», fait-on également savoir.

Si 360 293 Canadiens ont fait savoir au ministère qu’ils se trouvent présentement à l’étranger, il est toutefois impossible de savoir combien ont demandé à être rapatriés.

Par ailleurs, puisque cet enregistrement est volontaire, il est possible que cette donnée soit incomplète. Elle inclut également les Canadiens qui se trouvent ailleurs et qui n’ont pas l’intention de rentrer au pays.