C'est pour aider les gens en temps de crise que Michel Filion, président de Métallifer, une entreprise spécialisée dans fabrication et la distribution de pièces industrielles de métal, a utilisé ses contacts et son expertise pour acheter des masques en Chine. Il ne se doutait pas que son entreprise en aurait vendu à ce jour près de 2 000 000.
C'est pour aider les gens en temps de crise que Michel Filion, président de Métallifer, une entreprise spécialisée dans fabrication et la distribution de pièces industrielles de métal, a utilisé ses contacts et son expertise pour acheter des masques en Chine. Il ne se doutait pas que son entreprise en aurait vendu à ce jour près de 2 000 000.

De l’industrie du métal à la vente de masques

On dit souvent qu’un tout petit geste peut changer le monde. Pour Métallifer, une entreprise spécialisée dans la fabrication et la distribution de pièces industrielles de métal, le don d’une boîte de masques N95 à l’Hôtel-Dieu de Lévis a été le début d’une belle aventure qui lui a permis de vendre jusqu’ici près de 2 000 000 de masques qu’elle a importés de Chine.

«On n’est d’aucune façon dans les masques», insiste Michel Filion, président de Métallifer. Nous sommes dans le métal. Mais on a vu une occasion de faire notre part afin d’aider les gens en ce temps de crise. On a un bureau en Chine depuis presque 13 ans et que je fais affaire avec les Chinois depuis 1999. J’avais donc les contacts pour me trouver des masques. Et comme on reçoit en moyenne à tous les jours presque deux conteneurs venant de la Chine, on avait aussi la logistique pour les emmener au Québec.

«On ne pensait cependant pas que notre initiative aurait tant de succès. Si on m’avait dit en novembre ou en décembre dernier que l’on serait dans le marché des masques, j’aurais répondu : “de quoi me parlez-vous?”. Et après avoir commandé nos premiers masques, je n’aurais jamais pensé que nous en vendrions autant.»

C’est quelques semaines après avoir fait don de masques N95 à l’Hôtel-Dieu de Lévis que Métallifer a reçu une première commande de 5000 masques de la Ville de Lévis, bien au parfum du don fait par l’entreprise à l’Hôtel-Dieu de Lévis. Surpris par la demande, Michel Filion promit cependant de s’occuper du dossier. Et deux jours plus tard, il confirmait à la Ville de Lévis l’arrivée prochaine des masques qu’elle avait demandés. 

«Quand on a reçu les masques, ce n’était plus 5000 que la Ville voulait avoir, c’était 15 000. On s’est alors intéressés à la vente de masques et rapidement, notre carnet de commandes a atteint les 50 000 masques. Et avant même qu’ils arrivent au Québec, on était back order de 50 000. Plusieurs de nos clients corporatifs comme Cascade, Agnico Eagle et Bombardier produits récréatifs nous en avaient demandé.»


« Quand on a reçu les masques, ce n’était plus 5000 que la Ville voulait avoir, c’était 15 000. On s’est alors intéressés à la vente de masques et rapidement, notre carnet de commandes a atteint les 50 000 masques. »
Michel Filion, président de Métallifer

À ce jour, Métallifer a vendu des masques N95 et des masques jetables dans à peu près tous les domaines où la distanciation est difficile à faire et où les travailleurs doivent se protéger. Il a reçu des commandes du domaine industriel comme les secteurs minier et des pâtes et papier, du gouvernement du Québec, mais aussi de thanatologues et des résidences privées pour personnes âgées. Fier d’avoir pu aider des gens de milieux aussi différents, Michel Filion ne cache pas que son initiative lui a cependant causé des problèmes au début.

«Nous ne sommes pas un magasin au détail. Nous sommes un grossiste. Il a donc fallu se réinventer parce que des paiements directs ou des paiements avec des cartes de crédit, on ne faisait jamais ça. Un client achète du métal en vrac et il nous envoie un chèque. C’est comme ça que ça marche. Mais même temps, le commerce des masques a été bénéfique. Il y avait moins d’ouvrage chez nous à cause de la crise. Mais grâce aux masques, j’ai quand même pu faire travailler mon monde.»

Redonner à la communauté

Michel Filion ne s’est pas contenté de savourer son succès en ce temps de crise. Lui qui croit aux vertus du port du masque dans les lieux publics l’a aussi partagé. Il y a ainsi fait un don, il y a quelques semaines, de 2000 masques jetables à la Maison Michel-Sarrazin. Et c’est maintenant Centraide du Grand-Montréal et la Croix-Rouge Montréal qui recevront chacun 5000 masques.

«Pour moi c’était la moindre des choses d’offrir des masques à ceux qui en avaient besoin. J’avais décidé de donner des masques à la Société de transport de Montréal qui a finalement choisi de les redistribuer à Centraide du Grand-Montréal et à la Croix-Rouge Montréal. On était d’accord avec ça. Ces organismes les distribueront aux gens démunis qui n’ont pas les moyens d’acheter des masques de protection.

Le président de Métallifer explique que c’est le sombre tableau de la pandémie dans la région montréalaise, bien différent de celui des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, et l’urgence de combler des besoins en masques qui l’avait incité à y faire un don de masques. «Mais je ne dis pas que nous ne ferons pas autre chose pour la région de Québec. Il y a d’autres organismes qui nous tiennent à coeur.»

Parant de l’après-crise, Michel Filion est formel. Métallifer reviendra ce qu’il a toujours été. «Les succès de notre initiative ne nous ont pas donné l’idée de nous diversifier. La vente de masques aura été une belle aventure, mais on va revenir à nos sources qui sont le métal et la distribution de pièces industrielles.»